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Carte postale du Brésil : une étudiante de doctorat en anthropologie découvre l’histoire d’anciennes collectivités indigènes.

Je suis étudiante de doctorat en anthropologie à l’Université de Toronto. Ma recherche porte sur deux domaines. Le premier concerne l’évaluation de l’incidence de l’homme et des modifications dans le paysage amazonien; le deuxième consiste à participer aux discussions concernant l’organisation politique et sociale des Tapajó.

 Les Tapajó ont vécu à Santarém et dans les environs entre le 10e et le 18e siècle jusqu’à ce qu’ils disparaissent en raison de la conquête par l’Europe et de l’expansion des activités mercantiles dans les Amériques. Les données archéologiques et ethnographiques recueillies dans la région révèlent qu’ils ont façonné des articles en poterie de Santarém. La région est caractérisée également par la présence de divers paysages archéologiques constitués de sols anthropiques, d’anciens réseaux de voies ferrées et de puits intérieurs.

Au cours de ma deuxième année de doctorat, je me suis rendue à Santarém, une magnifique ville du Brésil située à la jonction de l’Amazone et de la rivière Tapajós. J’ai participé à des fouilles sur le site Porto, un site archéologique important pour les Tapajó.

Pendant mon séjour au Brésil, j’ai rencontré Denise P. Schaan, professeure à la Federal University of Pará. Nous avons convenu de collaborer sur un projet de prospection archéologique au National Forest Tapajós (Flona-Tapajós), situé à 50 kilomètres au sud de Santarém. La région de Flona-Tapajós présente une biodiversité exceptionnelle, abritant plusieurs espèces indigènes et 29 collectivités. La plupart de ces collectivités sont formées de ribeirinhos (« populations riveraines ») dont les principales activités économiques sont l’architecture, le logement durable, la chasse et l’écotourisme à des fins de subsistance.

À mon retour à Toronto, un collègue m’a fait parvenir des renseignements sur la Bourse de recherche Mitacs Globalink. Après avoir parlé avec mon conseiller, Edward Swenson et madame Schaan, j’ai commencé à préparer ma demande. La Bourse de recherche Globalink ainsi que les deux bourses que j’ai obtenues de mon département, m’ont permis de recueillir des données pour mon projet de doctorat et d’élaborer et gérer mon propre projet archéologique, « Landscape Changes and Place Making in Santarém Region, Lower Amazon: From Late Pre-Columbian until Contact Periods. » 

En octobre 2014, je suis retournée à Santarém pendant trois mois. J’ai effectué de la prospection archéologique dans six collectivités du secteur nord de Flona-Tapajós et cartographié 13 nouveaux sites archéologiques en lien avec les Tapajó, comme en témoigne la présence d’articles en céramique et de sols anthropiques. Mon équipe de projet a également cartographié certaines modifications survenues dans le paysage anthropique, comme de vieux sentiers indigènes et de petites dépressions qui auraient pu servir de puits, et a effectué des sondages creusés à la main, et prélevé des échantillons de sol et de charbon.

Dans les six collectivités, j’ai embauché des gens de la région pour agir comme mes adjoints à la recherche et comme guides dans la jungle. Auprès de chacun d’eux, j’en ai appris sur l’emplacement des sites archéologiques, leur histoire, les coutumes, les symbologies, les moyens de subsistance, les défis et les avantages de vivre dans la forêt. À l’occasion, Lilian Rebellato, professeure à la Federal University of the Western Pará, s’est jointe à moi sur le terrain en compagnie de quelques-uns de ses étudiants. Nous avons eu l’occasion d’enseigner des techniques de sondage sur le terrain aux étudiants et, avec leur aide, nous avons traité et catalogué tous les artéfacts archéologiques recueillis au cours de mes deux semaines à Santarém.

La Bourse de recherche Globalink m’a permis de profiter des nombreuses occasions qui se sont offertes à moi au cours de la longue saison sur le terrain. J’ai eu la chance de travailler sur de nouvelles facettes du travail sur le terrain, comme la logistique, l’embauche, la formation et l’établissement d’un budget. J’ai eu à travailler avec de nouveaux collaborateurs, comme madame Schaan et madame Rebellato. De plus, j’ai jeté de solides fondations pour mes futurs travaux avec les collectivités de la région de Flona-Tapajós. Je pense que cette saison sur le terrain aura été la première d’une longue série pour mes travaux de recherche dans la région.


Mitacs tient à remercier le gouvernement du Canada et le gouvernement de la province du Québec pour leur soutien à l’égard du programme de Bourses de recherche Globalink. De plus, Mitacs est fier de collaborer avec des partenaires internationaux pour appuyer ce programme, notamment Campus France et Inria de la France, le ministère du Développement des ressources humaines (MHRD) de l’Inde et le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de la Tunisie, Japan Society for the Promotion of Science ainsi que la Mission Universitaire de Tunisie en Amérique du Nord.