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Des lunettes à la Star Trek offrent de nouvelles possibilités aux malvoyants

Coup d'oeil
L'equipe

Marie-Céline Lorenzini sous la supervision de Walter Wittich du Laboratoire de recherche sur la déficience visuelle de l’Université de Montréal

Le défi

Les Canadiens aveugles au sens de la loi vivent des « îlots d’accessibilité » susceptibles de nuire à leur capacité de profiter de leur vie professionnelle et personnelle

La solution

Des lunettes électroniques pouvant aider les patients souffrant entre autres de dégénérescence maculaire ou de rétinopathie diabétique

Le résultat

Un programme de formation visant à encourager les utilisateurs à porter les lunettes électroniques tous les jours

Ces lunettes électroniques, qui semblent sortir tout droit de la science-fiction, ont pour but d’aider les personnes souffrant de déficiences visuelles graves à voir. Elles sont toutefois loin d’être de la fiction et elles améliorent la vision et l’accessibilité des enfants et des adultes aveugles au sens de la loi partout en l’Amérique du Nord, en Europe et au-delà.

Mises au point par une société en Ontario, les lunettes eSight peuvent aider des centaines de milliers de Canadiens souffrant de déficiences visuelles graves à mieux voir quotidiennement. Dotées d’une caméra en temps réel reliée à un écran, ces lunettes ressemblent aux casques de réalité virtuelle d’aujourd’hui, mais elles font beaucoup plus.

Pour M. David Demers, responsable du développement des affaires et des relations publiques d’eSight, les lunettes ont permis d’améliorer sa vue qui est passée de 20/1000 — autrement dit, il est aveugle au sens de la loi — à un niveau plus équilibré de 20/40. Il explique que les lunettes fonctionnent à l’aide d’un ordinateur intégré sophistiqué qui analyse en temps réel les images recueillies par une caméra placée au-dessus du nez. Par la suite, l’ordinateur procède entre autres à l’ajustement de la clarté, du contraste et de l’optimisation des couleurs de l’image. Parallèlement, l’usager peut ajuster le zoom, les contrastes et l’intensité de la lumière pour accroître la netteté de l’image projetée devant ses yeux.

Fidèle porteur de lunettes eSight, M. Demers les utilise en tout temps, que ce soit pour travailler à l’ordinateur ou aller voir une pièce de théâtre. Toutefois, la société a appris que ce ne sont pas tous les utilisateurs qui portent leurs lunettes à long terme, tous les jours, malgré les avantages qu’elles comportent.

Marie-Céline Lorenzini, une étudiante au doctorat à l’École d’optométrie de l’UdeM, est déterminée à découvrir pourquoi. Soutenue par un stage de Mitacs, Mme Lorenzini mène une étude de deux ans qui permettra de déterminer quels facteurs influencent une personne à porter ou non les lunettes lors de différentes tâches quotidiennes. En se fondant sur les conclusions de sa recherche, elle élaborera un programme de formation que le personnel médical, dont les thérapeutes en réadaptation, pourra se servir pour aider les nouveaux porteurs pendant qu’ils se familiarisent avec les lunettes eSight dans diverses situations.

M. Demers explique l’incidence de ces lunettes révolutionnaires : « À l’heure actuelle, nous disons que les personnes vivant avec une basse vision ont des “îlots d’accessibilité”. Il est possible qu’elles puissent travailler à leur bureau avec l’aide d’un dispositif d’assistance, mais elles ne peuvent pas utiliser l’ordinateur de la bibliothèque, car celui-ci n’est pas doté d’un dispositif d’aide. Grâce à eSight, nous nous éloignons de l’accessibilité pour nous rapprocher d’un environnement d’inclusion. Maintenant, le porteur peut participer pleinement sans se soucier si la salle dans laquelle il se trouve possède des fonctions d’accessibilité.

« Et les recherches de Mme Lorenzini constituent un élément important de ce travail. Il est essentiel de collaborer avec des chercheurs, car cela nous permet d’améliorer constamment les lunettes eSight et de nous assurer qu’elles donnent satisfaction à leurs porteurs. De plus, nous espérons que l’étude encouragera un plus grand nombre de compagnies d’assurance à couvrir les lunettes afin qu’elles puissent être abordables pour plus de personnes ».

« Alors qu’eSight se lance sur les marchés mondiaux, un processus clinique bien structuré sera essentiel afin d’assurer le bénéfice maximum au plus grand nombre de personnes. Jusqu’à présent, une grande partie de la formation des premiers utilisateurs de la technologie a été réalisée par le personnel d’eSight », explique Rob Hilkes, Vice-président des affaires cliniques et réglementaires d’eSight.

À l’avenir, la contribution d’établissements comme le Laboratoire de recherche sur la déficience visuelle de l’UdeM nous aidera à standardiser un programme de formation solide pour les nouveaux utilisateurs que nous pourrons lancer et adapter à l’échelle mondiale. Ce sera un aspect important de notre vision que “Tous méritent de voir”. »

Pour Mme Lorenzini, le stage auprès d’eSight est une expérience stimulante. « Ce stage est jusqu’à présent tellement enrichissant et stimulant », a-t-elle déclaré. « Je n’avais jamais réellement pensé à faire de la recherche auprès de joueurs de l’industrie avant, mais cette expérience m’a aidé à faire preuve d’une plus grande ouverture d’esprit et je me réjouis des possibilités professionnelles qui s’offrent à moi. »

 


Mitacs tient à remercier le gouvernement du Canada, Alberta Innovates, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, Research & Development Corporation de Terre-Neuve-et-Labrador, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, Innovation PEI, le gouvernement du Québec et le gouvernement de la Saskatchewan de leur soutien à l’égard du programme Accélération.