Une entreprise en démarrage de l’IPE cible les risques associés au perçage corporel au moyen d’une technologie de cardiologie

09/20/2017
Une invention révolutionnaire contrôle l’infection, prévient la cicatrisation et diminue la douleur lors du perçage des oreilles et du nez chez les humains, le micropuçage chez les animaux de compagnie et le marquage chez les animaux d’élevage

Charlottetown, Î.-P.-É – Lorsque sa fille de 12 ans, Michaella, du siège arrière de la voiture familiale, s’est plainte d’une infection causée par une oreille percée en 2002, se demandant pourquoi les pistolets de perçage n’étaient pas conçus pour administrer un médicament anti-infectieux de l’intérieur vers l’extérieur, les méninges de Norman Silber se sont mis à travailler. Quinze ans plus tard, l’idée de Michaella pour un mode d’administration d’anti-infectieux fait bonne route pour révolutionner l’industrie du perçage grâce au travail innovateur des chercheurs de Mitacs.

M. Silber est un professeur de droit à la Hofstra University à Hempstead, N.Y., et un résidant estival à l’Île-du-Prince-Édouard. Il a partagé la suggestion de Michaella à son ami de longue date, le cardiologue Mark Nathan, et ensemble, les trois ont développé une nouvelle conception pour minimiser les infections, les difformités et la douleur lors du perçage chez les humains. « Essentiellement, nous avons intégré l’idée de ma fille d’injecter des anti-infectieux ou d’autres agents à libération lente au moment du perçage à l’aide d’une technologie éprouvée utilisée par les cardiologues », a-t-il expliqué. 

En 2016, ils ont lancé BioPierce Canada Ltd., situé à Souris, et travaillent en collaboration avec les chercheurs Mitacs à la School of Sustainable Design Engineering de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UIPE) pour développer la technologie d’avant-garde.

Estimée à 722 millions $, l’industrie du perçage chez les humains est un marché en croissance. Le perçage du lobe d’oreille est particulièrement courant chez les femmes — celles qui ont déjà les oreilles percées se chiffrant dans les milliards — et plusieurs autres millions se font percer les oreilles chaque année, explique M. Siber. Selon les études dans les revues, notamment, le American Journal of Otolaryngology et le Journal of General Internal Medicine, 35 pour cent des individus qui ont les oreilles percées ont eu une ou plusieurs complications — allant d’infections localisées ou de réactions cutanées à des infections bactériennes et même des déchirures traumatiques et même l’hépatite virale — et 15 pour cent d’entre eux nécessitent une certaine attention professionnelle.

L’invention de BioPierce s’inspire d’une technologie utilisée par les cardiologues lors de l’insertion d’endoprothèse. En personnalisant une imprimante 3D à source libre, les chercheurs œuvrent pour imprimer de de petits échafaudage de tissus ou « timbres médicamenteux » à partir de substances synthétiques semblables au gel (biomatériau) qui se propagent lentement dans le corps. Les timbres sont appliqués sur l’instrument de perçage et une fois qu’ils se retrouvent dans le tissu humain, commencent à libérer des substances actives pour favoriser la guérison, atténuer la douleur et prévenir l’infection.

« Le concept original était de réduire le taux d’infection de façon importante, mais il s’est élargi depuis pour inclure des possibilités ornementales nouvelles pour les humains », affirme M. Siber. Il souligne que l’invention brevetée provisoirement a aussi le potentiel de réduire les infections et de promouvoir la guérison lorsque les animaux (y compris les animaux domestiques, les animaux d’élevage et les animaux sauvages) se font marquer ou implanter une micropuce.

Ali Ahmadi, professeur adjoint à la School of Sustainable Design Engineering de l’UIPE, supervise les chercheurs Mitacs pendant leur travail visant à développer la technologie de BioPierce. Un des principaux défis est de s’assurer que le dispositif est suffisamment souple pour fonctionner avec plus d’un type d’instrument de perçage, a-t-il précisé. « L’idée générale est qu’il y a une épingle ou une tige métallique qui pénètre le corps et, essentiellement, nous recouvrons cette épingle d’un biomatériau qui émet un médicament », explique-t-il. Il ajoute que « l’idée est de pouvoir faire des impressions sur demande selon les spécifications exactes de l’instrument de perçage ».

Les premiers prototypes de BioPierce devraient être prêts pour des tests sur le terrain cet hiver et un PLGA (acide lactide-co-glycolide) sera à la base de la structure du biomatériau, une substance qui a déjà été approuvée par Santé Canada pour d’autres applications. L’entreprise travaille avec des conseillers dans le but de déterminer les applications à cibler en premier. 

En plus de jumeler la technologie à de l’équipement de perçace existant, incluant l’insertion de tiges de perçage conventionnelless, le micropuçage des animaux domestiques et le marquage des animaux d’élevage, les chercheurs Mitacs pourraient plus tard développer d’autres méthodes novatrices de perçage proposées par l’entreprise. Dans le futur, les inventions de BioPierce pourraient être utilisées pour ajouter de la teinture ou changer la forme du tissu. Par exemple, les formes prédéfinies comme une étoile, une croix ou un carré pourraient être incorporées dans les perçages à des fins ornementales.

Selon M. Silber, BioPierce Canada vise à rendre disponible son premier produit commercialisé d’ici trois ou quatre ans. Le soutien de Mitacs est primordial, ajoute-t-il. « Mitacs est un tremplin remarquable », dit-il. « Les chercheurs à l’université approfondissent leur mission éducative et nous tirons profit du développement de la technologie. C’est une union parfaite. »

M. Ahmadi, pour qui l’objectif à long terme est de travailler sur des implants « intelligents », explique que l’occasion de travailler sur la commercialisation d’une technologie de perçage révolutionnaire est extrêmement excitante pour ses étudiants. « Nous collaborons avec l’industrie pour résoudre des problèmes réels », affirme M. Ahmadi. « Nos étudiants des cycles supérieurs acquièrent de la formation pratique utile avec un avantage supplémentaire, qui est de savoir qu’ils aident à faire une différence dans le monde. »

Faits en bref

  • Mitacs est un organisme national sans but lucratif qui conçoit et met en œuvre depuis 17 ans des programmes de recherche et de formation au Canada.
  • Les stages Mitacs servent d’intermédiaire entre les entreprises et les organismes ainsi que des étudiants des cycles supérieurs et des chercheurs postdoctoraux qui mettent leur expertise spécialisée à profit pour relever des défis de recherche.
  • De concert avec 60 universités, des milliers d’entreprises ainsi que les gouvernements fédéral et provinciaux, Mitacs établit des partenariats qui appuient l’innovation industrielle et sociale au Canada. Ouverts à toutes les disciplines et tous les secteurs de l’industrie, les projets peuvent couvrir un large éventail de domaines tels que la fabrication, les processus opérationnels, les TI, les sciences sociales, la conception et plus.
  • Les programmes de Mitacs sont financés par le gouvernement du Canada, le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard, les universités partenaires et les organismes partenaires.

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