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juil 2020

CO-Away : un outil numérique pour aider les communautés du Nord à gérer la COVID-19

Coup d'oeil
L’équipe

Des stagiaires Mitacs Accélération (étudiants à l’Université de Regina et à l’Université de la Saskatchewan), des professeurs de l’Université de Regina, la Lung Association of Saskatchewan et des membres de la communauté d’Île-à-la-Crosse, en Saskatchewan.

Le défi

Faire face aux risques pour la santé des communautés nordiques et autochtones dans le cadre de la pandémie de COVID-19 qui évolue rapidement.

La solution

S’appuyer sur l’initiative Smart Platform afin d’exploiter des données recueillies auprès de la population locale et de développer l’application CO-Away destinée à appuyer la surveillance, l’atténuation et la gestion de la crise de la COVID-19.

Et ensuite?

L’équipe travaille avec le Citizen Scientists Advisory Council d’Île-à-la-Crosse afin d’identifier les besoins spécifiques, de développer CO-Away et de préparer son lancement.

Une équipe de chercheurs de l’Université de Regina collabore avec les résidents d’Île-à-la-Crosse, en Saskatchewan, afin de mettre au point une plateforme destinée à appuyer des solutions durables face à la crise de la COVID-19. Cette initiative recèle un potentiel d’expansion au-delà de la région et pour répondre à d’autres défis.

Lorsque la deuxième vague de grippe espagnole a frappé le Canada il y a plus de 100 ans, ses effets ont été encore plus dévastateurs que ceux de la première vague. En effet, 90 pour cent des décès ont eu lieu à l’automne 1918 lors du second pic de la pandémie.

L’ensemble du pays a enregistré un grand nombre de décès, mais le taux de mortalité était bien plus élevé dans les communautés nordiques, en grande partie car il s’agissait de leurs premiers contacts avec un tel virus. « La vague met plus de temps à atteindre les communautés isolées, mais elle a un impact plus important », explique le Dr Tarun Katapally, directeur de recherche axée sur les patients et professeur à l’École de politiques publiques Johnson Shoyama (JSGS) de l’Université de Regina.

Le Dr Katapally dirige actuellement une équipe de recherche financée par Mitacs afin de développer une plateforme numérique qui contribuera à surveiller, atténuer et mieux gérer la propagation de la COVID-19 au sein des communautés nordiques et autochtones.

La structure du projet s’appuie sur la Smart Platform, un outil numérique fondé sur des données probantes dédié aux politiques globales qui a été mis au point par le Dr Katapally. Cet outil intègre la science citoyenne et la recherche participative communautaire afin d’évaluer les données relatives à la santé et d’apporter un éclairage aux politiques de prévention. Toutes les données sont copartagées et codétenues par les communautés impliquées.

« Nous souhaitions travailler avec une communauté qui pourrait bénéficier pleinement de notre outil, mais également être mieux préparée en cas de multiples vagues », explique-t-il.

Prévu pour être réalisé en différentes phases sur une période de 15 mois, ce projet accéléré a débuté en mai et figure parmi les nombreuses initiatives qui ont profité du processus d’approbation accéléré de Mitacs spécifiquement dédié aux solutions à la COVID-19.

Collaborer avec les communautés autochtones pour s’attaquer aux enjeux de santé

Ce projet a pour ambition d’aboutir à la création d’un programme basé sur une application baptisée CO-Away qui fera l’objet d’un test pilote à Île-à-la-Crosse, une communauté principalement Métis du nord de la Saskatchewan. Ce programme s’appuie sur la Smart Platform et constitue à la fois un outil de recherche et de prise de décision.

Grâce à la plateforme, les chercheurs rassemblent des données relatives aux comportements et aux résultats en matière de santé qui sont partagées par les citoyens. À la différence d’une application de traçage des contacts, elle s’appuie sur un engagement en temps réel des citoyens, qui surveillent et signalent tout symptôme qu’ils ressentent et toute interaction en échangeant avec l’équipe de recherche en tant que partenaires à part entière.

« Nous tentons de donner une voix aux communautés autochtones, et nous utilisons la technologie pour cela », poursuit le DKatapally. « Et ces données serviront à appuyer des stratégies et politiques de confinement fondées sur des données probantes. »

L’une des premières étapes de la recherche a consisté à créer le Citizen Scientists Advisory Council d’Île-à-la-Crosse qui réunit le maire de la ville, la présidente de la circonscription scolaire, trois élèves d’école secondaire, deux aînés et un travailleur social. En discutant des besoins réels de la communauté avec l’équipe de recherche et en échangeant sur les changements qu’ils voudraient voir mis en place, ils jettent les bases de CO-Away.

Par exemple, dès les premières réunions, le groupe a compris qu’il serait nécessaire d’étendre l’outil au-delà de la COVID-19 afin de répondre à d’autres besoins tels que le développement de ressources liées à la santé mentale pour les jeunes.

« Cette technologie nous permettrait d’occuper une position très avantageuse pour tout ce qui concerne les enjeux de santé », affirme Duane Favel, le maire d’Île-à-la-Crosse. « Par exemple, en alertant les personnes lorsqu’elles présentent des symptômes, certains problèmes de santé pourraient être détectés et gérés bien plus tôt. »

Pour Duane Favel, la nature collaborative de ce projet permet aux membres de la communauté de ressentir un sentiment d’accomplissement, car ils peuvent suivre son évolution et en comprendre les avantages. Il souligne que les membres du comité consultatif sont très enthousiastes et espèrent impliquer tous les citoyens.

Utiliser les téléphones intelligents pour appuyer des solutions de santé durables

Trois stagiaires Mitacs — Luan Manh Chu, Sandeep Tandra et Vignesh Shankar — travailleront sur le projet supervisé par le Dr Katapally et le professeur adjoint Alireza Manashty du département des sciences informatiques. Ils seront chargés d’analyser les données, d’élaborer des stratégies d’atténuation des risques et de développer des outils pour la surveillance éthique, le transfert des connaissances, les politiques et les interventions axées sur les comportements.

« Ce projet peut faire la différence en atténuant les effets d’un événement sans précédent comme la COVID-19, en particulier au sein des populations vulnérables », explique Luan Manh Chu, candidat au doctorat du Collège de médecine de l’Université de la Saskatchewan. « J’espère apporter ma contribution en reliant les citoyens et les services de santé et en garantissant potentiellement la distanciation sociale et un soutien psychologique durant toutes les vagues de la pandémie. »

Débutant son stage en septembre, il appliquera un ensemble de compétences liées à ses études en sciences de la santé et en santé de la population, y compris en biostatistique et en épidémiologie numérique. Il pourra également tirer parti des occasions uniques de perfectionnement professionnel et de réseautage offertes par l’initiative.

Partenaire essentiel de ce projet, la Lung Association of Saskatchewan se réjouit des résultats potentiels en matière de santé, car la santé pulmonaire au sein des populations autochtones constitue l’un des piliers de ses priorités de recherche. L’association appuiera la mise en œuvre et le travail des stagiaires de recherche et facilitera le déploiement du projet à plus grande échelle.

« Ce projet est un parfait exemple de la manière dont l’innovation, les partenariats et la participation de la communauté sont susceptibles de contribuer à améliorer les résultats en matière de santé pulmonaire », confirme Erin Kuan, présidente et PDG de la Lung Association of Saskatchewan. « Nous avons bon espoir que cette recherche puisse servir de modèle de référence pour d’autres pandémies et d’autres communautés. »

Alors que la pandémie de COVID-19 continue de sévir, tous les collaborateurs du projet sont impatients que CO-Away soit disponible au téléchargement sur les téléphones intelligents des membres de la communauté d’Île-à-la-Crosse dès que possible. L’équipe de recherche travaille sans relâche pour lancer la première version de l’application dès cette année et potentiellement commencer à éclairer les politiques de prévention qui permettront l’élaboration de solutions durables.


Les programmes de Mitacs sont financés par plusieurs partenaires à travers le Canada. Nous remercions le gouvernement du Canada, le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le gouvernement de Nouvelle-Écosse, le gouvernement de l’Ontario, Innovation PEI, le gouvernement du Québec, le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies, le gouvernement de la Saskatchewan, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement du Yukon de nous aider à favoriser l’innovation et la croissance économique partout au pays.

Avez-vous un défi d’affaires qui pourrait bénéficier d’une solution de recherche? Si tel est le cas, contactez Mitacs aujourd’hui pour discuter d’occasions de partenariat : BD@mitacs.ca.


Photo 1 (en vedette) : Dr Tarun Katapally, École de politiques publiques Johnson Shoyama.

Photo 2 : Luan Manh Chu, stagiaire Mitacs et candidat au doctorat du Collège de médecine de l’Université de la Saskatchewan.