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octobre 2019

Combinaison (de travail) gagnante!

Coup d'oeil
Le défi

L'absence de vêtements de travail protecteurs qui conviennent parfaitement aux femmes.

La solution

Jess Black inc., avec l'aide d'une stagiaire de recherche financée par Mitacs de l'Université de l'Alberta, conçoit des vêtements de travail uniques en leur genre pour femmes.

Le résultat

Jess Black inc. met au point un tissu extensible ignifuge et novateur pour quelque 34 800 femmes qui ont choisi de travailler dans des métiers non traditionnels.

Et ensuite?

La gamme de vêtements de Jess Black devrait être lancée au printemps de 2020.

Ayant reçu une formation d'opératrice de machinerie lourde et de première répondante, Jess Black, qui est originaire de l'Alberta, est à l'aise dans un milieu de travail à prédominance masculine. Le problème, c'est qu'elle ne s'est jamais sentie à l'aise.

C'est pourquoi Jess s'est donné pour mission de concevoir des vêtements de travail uniques en leur genre pour femmes en créant un tissu extensible ignifuge et novateur, élément de base de sa première gamme de vêtements, dont le lancement est prévu au printemps de 2020 par son entreprise de textile et de confection de vêtements en démarrage, Jess Black inc. La clientèle qu'elle cible est le nombre sans cesse croissant de femmes qui choisissent de travailler dans des métiers non traditionnels et qui, selon la plus récente Enquête sur la population active de Statistique Canada, représentent quatre pour cent de la population active (34 800 femmes).

« Un jour, je travaillais sur un chantier et j'ai alors constaté qu'il y avait une lacune dans le marché », explique Jess, qui raffole des vêtements de sport, mais elle s'est rendu compte qu'elle n'était pas bien protégée contre les dangers lorsqu'elle les portait sous sa combinaison de travail ou autres vêtements. « J'ai remarqué qu'il n'existait aucun vêtement qui était sécuritaire, bien ajusté et qui épousait ma silhouette. »

Ayant abandonné son travail d'opératrice de machinerie lourde en 2016 pour se consacrer à temps plein à son entreprise en démarrage, Jess a décidé de créer une couche de vêtements de base confortables et sécuritaires que les femmes pourraient porter sous leurs vêtements de protection.

Elle a recruté son équipe de recherche à l'Université de l'Alberta où elle a fait la connaissance de la professeure adjointe Patricia Dolez, ing., et de la chercheuse postdoctorale Mahsa Kalantari, Ph. D., de la constituante des vêtements, textiles et matériaux du Département d'écologie humaine. Elle a ensuite découvert le programme de stages de Mitacs qui, dit-elle, lui a offert une aide précieuse à un moment critique de son processus entrepreneurial.

Jess explique qu'à titre d'entrepreneure ayant une idée fantastique et aucune vente initiale, il était difficile de trouver des organisations ou des établissements de crédit qui soutenaient la R-D. Par bonheur, grâce au bouche-à-oreille, elle a découvert Mitacs et a pu trouver une stagiaire de recherche et une source de financement, ce qui lui a permis d'avoir « un peu de marge de manœuvre » pour mettre sur pied et lancer son projet.

Par l'entremise de Mitacs, Jess a eu accès au laboratoire d'essais à la fine pointe de la technologie pour vêtements et textiles de l'université, où la chercheuse Mahsa Kalantari travaille sous la supervision de la professeure Dolez pour créer le tissu unique en son genre. Comme l'explique Mahsa, le processus nécessite de nombreux déplacements entre son laboratoire et des fabricants de textiles du Québec, car elle doit choisir des fibres et mettre à l'essai des fils et des structures textiles afin de trouver la bonne combinaison de propriétés protectrices et d'extensibilité.

« Notre but est de permettre aux femmes qui occupent des emplois traditionnellement dominés par les hommes de porter des vêtements à la mode sans négliger des propriétés protectrices essentielles comme la résistance au feu, l'évacuation de l'humidité et la respirabilité », fait remarquer Mahsa, en soulignant que les vêtements de protection actuellement offerts sur le marché sont moins confortables et ne sont pas adaptés à la silhouette féminine. « Les tailles ne sont pas appropriées — même un vêtement de taille très petite est souvent trop grand pour bon nombre de femmes », ajoute-t-elle.

La superviseure de Mahsa, la professeure Patricia Dolez, concentre sa recherche sur les vêtements de protection et l'équipement de protection individuelle, particulièrement dans l'optique de la santé et de la sécurité au travail. S'intéressant spécialement aux nanotechnologies, aux matériaux intelligents, aux fibres naturelles et aux textiles recyclés, elle supervise les travaux que réalise Mahsa dans le projet de Jess Black.

« Mahsa possède de l'expérience dans les textiles; elle est donc la personne idéale pour accomplir ce travail », indique Patricia. En plus d’apprendre à connaître de nouveaux aspects de la recherche et développement au sein de l'entreprise, Mahsa a établi des liens avec l'industrie.

« C'est une démarche d'envergure que d'établir des liens avec l'industrie du textile partout au Canada. C'est très important pour sa prochaine étape. »

La professeure Dolez, qui a travaillé avec des stagiaires dans le cadre de plusieurs programmes de Mitacs, explique qu'il est avantageux de posséder une expérience de l'industrie, peu importe si ses étudiants font carrière dans le secteur universitaire ou dans le monde des affaires.

« Il est utile de savoir à quoi s'intéresse l'industrie. Quel est le délai d'exécution du projet? Quelles sont les limites? Il est très important de bien comprendre ce que recherche l'industrie », dit-elle. « Et je suis heureuse que Mahsa et moi ayons l'occasion d'établir des liens avec des collaborateurs de l'industrie. »

Selon Jesse Vincent-Herscovici, vice-président, Développement des affaires, le programme de stages de Mitacs, qui bénéficie du financement des gouvernements fédéral et provinciaux, a pour but d'aider des entreprises comme Jess Black inc. à rentabiliser leur investissement dans la recherche.

« De nombreuses petites entreprises canadiennes ont réussi à intensifier leurs efforts en R-D en faisant appel à Mitacs », mentionne Jesse. Les spécialistes du développement des affaires de Mitacs — qui ont reçu une formation pour bien comprendre les défis de l'industrie — effectuent un jumelage entre les besoins d'une entreprise et l'expertise en recherche que l'on trouve dans les collèges et universités du Canada.

« Nous aidons les entreprises à élaborer une feuille de route de l'innovation et ensuite, à trouver des homologues dans le domaine de la recherche pour stimuler le développement », ajoute-t-il. « Le transfert quotidien de connaissances entre nos stagiaires et les entreprises qu'ils soutiennent est le secret du succès de notre programme de stages. »

Alors qu'elle prépare le lancement de la gamme de vêtements de son entreprise ce printemps, Jess Black pense déjà aux étapes suivantes et prévoit intensifier l'an prochain ses efforts dans le domaine de la recherche. « J'ai fondé cette entreprise il y a trois ans et je me suis toujours cogné le nez sur des portes closes », rappelle-t-elle. « L'an dernier, en travaillant avec des chercheurs de Mitacs et en mettant sur pied une formidable équipe, nous avons réellement accompli des progrès et voyons tous la vision. Mon entreprise ne peut désormais qu'accélérer sa croissance. »

 


Mitacs remercie le gouvernement du Canada, le gouvernement de la Saskatchewan, et du gouvernement de la Colombie-Britannique, du gouvernement du Nouveau-Brunswick, du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, du gouvernement de la Nouvelle-Écosse, du gouvernement de l’Ontario, du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard, du gouvernement du Québec et de Research Manitoba.