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août 2019

Contrer l’effondrement des colonies; une équipe de recherche tente de résoudre le mystère des abeilles

Coup d'oeil
L’équipe

Marie Marbaix, Université d’Aix-Marseille, France, avec les professeurs Levon Abrahamyan et Marie-Odile Benoit-Biancamano à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Le défi

Le syndrome de l’effondrement des colonies menace les populations d’abeilles

La solution

Étudier comment les acariens varroa contribuent au déclin de la santé des abeilles

Et ensuite?

Collaborer en recherche virologique pour la thèse de Marie.

Les populations d’abeilles mellifères mondiales sont en déclin : ravagées par un phénomène connu sous le nom du syndrome d’effondrement des colonies qui tue des ruches entières sans avertissement. Jusqu’à 30 % de l’approvisionnement alimentaire du monde repose sur la pollinisation des abeilles, toutefois, les scientifiques ne savent toujours pas ce qui cause le problème.

L’étudiante française à la maîtrise en génie biologique, Marie Marbaix passe son été à contribuer à l’étude mondiale du syndrome d’effondrement des colonies. Pendant 12 semaines, elle s’est jointe au professeur Levon Abrahamyan de l’Université de Montréal pour étudier la co-infection d’acariens et de virus des abeilles par l’entremise de Stage de recherche Mitacs Globalink. Les chercheurs souhaitent savoir si la co-infection, être affecté par plus d’un parasite ou virus à la fois, pourrait contribuer à la mort des abeilles, et ultimement, à l’effondrement des colonies.

« Il y a plusieurs facteurs de stress qui peuvent causer la mortalité de populations d’abeilles à travers le monde, toutefois, les virus sont probablement l’un des facteurs les plus importants, et le moins étudié, de ce phénomène », dit le superviseur de Marie, le professeur Abrahamyan.

Il est possible, dit le professeur Abrahamyan, qu’une sorte d’acarien parasitaire, le Varroa destructor, s’attaque non seulement aux abeilles par son comportement parasitaire, il pourrait aussi transporter des virus qui infectent les abeilles et leur causent d’autres torts.

Alors que les scientifiques ont identifié plusieurs virus transportés par les acariens, certains demeurent inconnus. Marie aide à les identifier en faisant l’extraction de l’ADN et de l’ARN des abeilles infectées par le Varroa destructor. La prochaine étape serait l’utilisation d’une méthodologie de pointe de séquençage à haut débit pour identifier tous les virus présents dans les abeilles mellifères. La recherche à haut débit fait référence à l’automatisation d’expériences de telle sorte que le séquençage à grande échelle d’information génétique devient réalisable. « Nous connaissons actuellement environ 20 virus des abeilles, mais je suis certain qu’il y a plusieurs autres espèces virales des abeilles à découvrir, et c’est un de mes buts. Par conséquent, nous étudions le virome des abeilles, la collection de virus qui infectent les abeilles et qui pourraient avoir un effet sur le rendement et la santé générale des abeilles », affirme le professeur Abrahamyan.

L’espoir est que les chercheurs puissent identifier non seulement les causes potentielles du syndrome d’effondrement des colonies, mais aussi de créer de nouveaux traitements ou stratégies qui peuvent prévenir le syndrome en premier lieu.

Par exemple, la professeure Benoit-Biancamano qui collabore avec le professeur Abrahamyan explique que les chercheurs savent déjà que l’acarien varroa se nourrit du gras des abeilles, ce qui a un effet sur le taux de glucose de l’abeille. Ceci signifie qu’il peut y avoir une corrélation entre les taux de glucose des abeilles et leur santé globale. Les chercheurs travaillent déjà sur le développement de tests de glucose pour les abeilles afin de vérifier cette théorie. Si les tests démontrent que les taux de glucose sont, en fait, prévisionnels de la santé de la ruche, l’équipe pourrait commercialiser un test pour les agriculteurs et les apiculteurs dès l’an prochain qui les aiderait à prendre des mesures préventives contre l’effondrement des colonies.

Pour sa part, Marie est ravie de l’occasion de contribuer à de la recherche importante cet été.

« Participer à ce programme me permet d’apprendre plus sur la virologie et d’acquérir de l’expérience pratique dans un laboratoire de recherche de pointe, en réalisant des expériences originales », explique Marie.

Elle a aussi profité de l’occasion de vivre la culture canadienne et réfléchit à la possibilité de revenir au Canada pour collaborer à sa thèse avec son superviseur de stage.

La collaboration s’est avérée bénéfique, et le superviseur de Marie espère qu’elle contribuera à de nouvelles connaissances sur le syndrome de l’effondrement des colonies.

« L’idée est que lorsque nous pourrons identifier les virus qui affectent les populations d’abeilles, nous serons mieux en mesure de concevoir des stratégies pour contrôler ces virus et garder les ruches en santé », affirme le professeur Abrahamyan.

Mitacs tient à remercier le gouvernement du Canada ainsi que le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, le gouvernement du Manitoba et le gouvernement du Québec pour leur soutien au programme Stage de recherche Globalink. De plus, Mitacs a le plaisir de travailler avec les partenaires internationaux suivants pour soutenir Globalink : Universities Australia; Universidade de São Paulo du Brésil; China Scholarship Council; Campus France; Deutscher Akademischer Austauschdienst (DAAD); le gouvernement de l’État de Guanajuato, EDUCAFIN et Tecnológico de Monterrey du Mexique; Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique, des Technologies de l’Information et de la Communication de la Tunisie et Mission universitaire de Tunisie en Amérique du Nord; et Fondation ukrainienne canadienne de Taras Shevchenko.