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Février 2022

Les travaux novateurs d’une équipe de recherche revitalisent des langues autochtones

Coup d'oeil
L’équipe

Caroline Running Wolf, membre de la Nation Apsáalooke du Montana et doctorante dans le programme d’études supérieures interdisciplinaires de l’Université de la Colombie-Britannique, qui, avec quatre autres stagiaires financés par l’initiative Parcours autochtones de Mitacs, travaille avec Sara Child, professeure d’éducation autochtone au Collège North Island.

Le défi

Puisque 75 % des langues autochtones du Canada sont menacées de disparition, la Sanyakola Foundation crée un précédent en matière de revitalisation des langues en élaborant une approche communautaire à l’égard de l’apprentissage qui honore les savoirs et les façons de faire des Autochtones.

La solution

La Sanyakola Foundation renforce les efforts de revitalisation des langues en misant sur une collaboration avec les Aîné·es et les Détenteurs et Détentrices du savoir, ainsi qu’avec des programmes de camps d’été, et en mettant au point une application mobile voix-texte qui permettra d’enseigner le kwak’wala.

Le résultat

Grâce à l’engagement à long terme de Mitacs, les recherches novatrices de la Sanyakola Foundation pourraient révolutionner l’approche à l’égard du fonctionnement des systèmes de reconnaissance vocale et former des systèmes d’IA pour la reconnaissance des langues autochtones du monde entier.

Quatre stagiaires de la Sanyakola Foundation, dirigés par des Autochtones, élaborent un cadre pour favoriser le rétablissement du kwak’wala, l’une des langues autochtones les plus menacées de disparition dans le monde.

Une équipe de recherche dirigée par des Autochtones à la Sanyakola Foundation, à Port Hardy (Colombie-Britannique), a lancé une initiative collaborative pour assurer le rétablissement du kwak’wala. Sous la direction de Sara Child, professeure d’éducation autochtone au Collège North Island, la Sanyakola Foundation entreprend un projet auquel participent des Aîné·es et des Détenteurs et Détentrices du savoir kwakwaka’wakw et qui mobilise une jeune génération. 

Lancé en 2017, ce projet a été l’un des premiers à être approuvés dans le cadre d’une initiative de Mitacs en 2020. 

Selon Sara Child, qui est membre de la communauté Kwagu’ł, la survie du kwak’wala « ne tient qu’à un fil et cette langue doit être revitalisée ». « Pour ce faire, nous pouvons puiser dans les souvenirs des Aîné·es et transcrire dans le système d’écriture adopté pour le kwak’wala des heures d’enregistrements, de vidéos et de livres d’archives traduits », ajoute-t-elle. 

Elle est convaincue que cette initiative peut aider une nouvelle génération à établir un lien avec le passé et les valeurs et croyances traditionnelles des Autochtones. 

« Les langues autochtones sont, pour notre peuple, des médicaments et leur revitalisation est essentielle à notre mieux-être individuel et collectif et au mieux-être de la Terre », explique-t-elle, soulignant qu’elle s’est intéressée très jeune aux langues autochtones, lorsqu’elle a vu combien ses grands-parents étaient fiers d’entendre sa famille les parler. 

Interconnexion et recherche 

L’approche de l’équipe est différente des méthodes d’enseignement occidentales traditionnelles, car elle comprend que la langue est liée à la Terre et au mieux-être. Par exemple, le kwak’wala est mieux compris lorsqu’on accomplit des activités culturelles liées à la langue, comme « respecter l’océan » en exprimant sa gratitude. 

« La revitalisation de la langue, ce n’est pas simplement apprendre des mots oubliés. C’est apprendre à regarder le monde entier dans une optique autochtone », affirme Sara Child. 

Relever les défis pendant la pandémie de COVID-19 

Les stagiaires de Mitacs qui participent à ce projet travaillent avec des Aîné·es afin d’établir un cadre pour déterminer à quoi ressemblera l’enseignement dans une optique kwakwaka’wakw. 

Depuis la pandémie, ils travaillent en ligne, cherchant à améliorer leur maîtrise de la langue et continuant de renforcer les capacités des camps linguistiques d’été immersifs qui devraient se tenir à nouveau sur les terres ancestrales des Kwakwaka’wakw plus tard en 2022. 

La technologie, clé de la revitalisation 

Leur stratégie comprend le développement d’une technologie de conversion voix-texte. Par exemple, une application mobile qui peut reconnaître des objets du quotidien à partir de photos prises sur un téléphone intelligent, avec des mots kwak’wala prononcés par une Aînée ou un Aîné. 

Pour les langues autochtones, Sara Child explique que le principal défi technologique est que de nombreuses applications de conversion sont conçues pour l’anglais, alors que les langues autochtones, basées sur des verbes, fonctionnent de façon différente de l’anglais. Les équipes de recherche doivent donc créer leur propre système de reconnaissance. 

« Si nous parvenons à décoder la technologie de conversion voix-texte pour le kwak’wala — et je suis certaine que nous allons y parvenir —, l’impact sera absolument phénoménal dans le monde entier. » 

Pour Caroline Running Wolf, stagiaire de Mitacs, membre de la Nation Apsáalooke (Nation Crow) du Montana et doctorante dans le programme d’études supérieures interdisciplinaires de l’Université de la Colombie-Britannique, la possibilité de travailler sur le projet Sanyakola fait non seulement avancer sa recherche, mais nourrit aussi sa passion : éliminer les obstacles à l’apprentissage des langues autochtones. 

S’appuyant sur les travaux de l’équipe, elle souhaite désormais utiliser des technologies immersives, comme la réalité virtuelle ou augmentée, pour soutenir la revitalisation des langues autochtones en rendant leur apprentissage plus accessible. 

« Nous élaborons une approche novatrice à l’égard des systèmes de reconnaissance vocale en créant des modèles d’IA qui reconnaîtront des sons qu’ils n’ont jamais entendus auparavant. Je ne sais pas comment nous aurions pu le faire sans Mitacs. » 

Candice Loring, directrice du développement des affaires — Implication des communautés autochtones, de Mitacs estime que le projet Sanyakola constitue une référence pour la collaboration entre le secteur privé, le milieu postsecondaire et les communautés autochtones. « La mobilisation, c’est avant tout établir des relations », explique-t-elle. « La langue est si intimement liée à notre culture qu’en perdant notre langue, nous perdons notre culture. Il est essentiel de sauver ces langues avant qu’elles ne soient perdues. » 

Sara Child a remercié Mitacs en ces mots : « Gilakas’la gaxa’akus a’ekakila gaxano’xw. Merci d’avoir pris soin de nous pendant le parcours qui nous a menés ici. Ma mère m’a appris ces mots. Ils m’aident à exprimer ma gratitude éternelle à l’équipe de Mitacs pour avoir cru en nous dans notre parcours vers le mieux-être et le rétablissement des voix vitales de nos ancêtres. » 

En savoir plus sur le soutien apporté par Mitacs à l’innovation autochtone : 


Les programmes de Mitacs sont financés par plusieurs partenaires à travers le Canada. Nous remercions le gouvernement du Canada, le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement de l’Ontario, Innovation PEI, le gouvernement du Québec, le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies, le gouvernement de la Saskatchewan, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement du Yukon de nous aider à favoriser l’innovation et la croissance économique partout au pays.

Avez-vous un défi d’affaires qui pourrait bénéficier d’une solution de recherche? Si tel est le cas, contactez Mitacs aujourd’hui pour discuter d’occasions de partenariat : BD@mitacs.ca.