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Mars 2022

Mobiliser la recherche multidisciplinaire pour soutenir l’équité en santé

Coup d'oeil
L'équipe

Un groupe de chercheurs et chercheuses de l’Université de l’Alberta, Collège NorQuest, l’Université Mount Royal, l’Université King’s et la Fondation Ribbon Rouge 

Le défi

En raison du racisme structurel historique et continu, l’iniquité en santé touche de façon disproportionnée les communautés africaines, noires et des caraïbes au Canada, les rendant entre autres défavorisés en matière de l’accès à l’emploi, à l’éducation, et aux soins de santé

La solution

En reconnaissance du fait que le bien-être des communautés est essentiel pour le bien-être des pays, l’initiative Black Equity in Alberta Rainforest (la forêt tropicale de l’équité noire en Alberta, B.E.A.R.) utilise une approche de « forêt tropicale » qui mise sur la collaboration et la recherche multidisciplinaire afin d’atteindre l’équité en santé tant pour les populations albertaines que canadiennes

Le résultat

Avec sept des neuf sous-projets en cours et un lancement de projet à venir, le projet B.E.A.R. crée un environnement collaboratif où les connaissances, les ressources et les connexions peuvent être partagées afin d’aider à combler des lacunes raciales

Un nouveau partenariat entre l’Université de l’Alberta, le Collège NorQuest et la Fondation Ribbon Rouge a pour but de comprendre les causes fondamentales de l’iniquité en santé chez les communautés africaines, noires et des caraïbes et de développer des processus intersectionnels qui profitent à tous les Canadiens et à toutes les Canadiennes

Nombre des questions les plus urgentes en matière de santé publique au Canada sont complexes et touchées de façon importante par des facteurs tels que le genre et le sexisme, le racisme systémique, l’inégalité économique et d’autres déterminants sociaux. Les communautés africaines, noires et des caraïbes sont touchées injustement depuis longtemps par l’iniquité en santé en raison du racisme historique et des disparités encore présentes aujourd’hui intégrées dans les institutions gouvernementales, financières et éducatives. Par conséquent, les membres de ces communautés sont représentés de façon disproportionnelle dans le système de protection de la jeunesse ainsi que dans les prisons, et risquent davantage d’être au chômage et de faire face à d’autres obstacles systémiques au succès. Il peut être difficile de trouver des solutions durables à ces problèmes et c’est dans ce contexte que s’inscrit le projet B.E.A.R. 

Le projet B.E.A.R. a été développé conjointement par une équipe de chercheurs et de stagiaires des cycles supérieurs de l’Université de l’Alberta, du Collège NorQuest et de la Fondation Ribbon Rouge, une organisation communautaire axée sur l’atteinte de l’équité en santé et la justice sociale pour les communautés africaines, noires et des caraïbes par le biais d’interventions, de recherches, et les arts. Avec son désir d’apporter des changements significatifs en matière d’iniquité en santé parmi la communauté noire de l’Alberta, le projet B.E.A.R. a commencé comme réponse au manque de sensibilisation publique aux niveaux accrus d’infection par le VIH parmi les communautés africaines, noires et des caraïbes au Canada.     

« Les gens me disent “montrez-moi les données, montrez-moi les résultats”, explique Funke Olokude, directrice générale de la Fondation Ribbon Rouge. C’est à partir de là que l’idée pour le projet B.E.A.R a commencé, de créer des solutions novatrices et créatrices au problème. » 

Guidée et développée en partie par le Caucus ACB pour l’équité en santé, un groupe de soixante leaders des communautés africaines, noires et des caraïbes, qui s’engagent à combler les lacunes raciales en matière d’équité en santé, l’initiative B.E.A.R. s’appuie sur l’analyse intersectionnelle de l’équité en santé. Une approche globale est essentielle pour développer des solutions à long terme, car les déterminants structurels de l’inéquité en santé peuvent toucher plusieurs contextes sociaux à la fois.  

« C’est pour cette raison que le projet B.E.A.R est un projet si interdisciplinaire », explique Jan Selman, professeure de théâtre à l’Université de l’Alberta et l’une des chercheuses universitaires du projet. « Nous avons rassemblé des personnes travaillant en santé, en sociologie, en études de recherche, en justice ainsi que dans les arts. Tous les aspects doivent s’entremêler pour que nous puissions avoir une image complète et commencer à prendre des mesures informées sur ces questions. »  

Le pouvoir de l’art  

Alors que le projet B.E.A.R et ses neuf sous-projets travaillent dans plusieurs domaines pour aborder le manque apparent de données disponibles sur l’équité en santé chez les communautés africaines, noires et des caraïbes de l’Alberta, en fournissant de la formation en culture numérique et en développant des processus communautaires fondés sur les avoirs pour l’équité liée au VIH, ils exploitent aussi le pouvoir de l’art afin d’aider à mobiliser la participation des communautés africaines, noires et des caraïbes.   

  Avec pour but d’encourager les membres de la communauté africaine, noire et des caraïbes à participer dans divers aspects du projet, le projet B.E.A.R. prévoit animer des ateliers qui serviront également d’interventions communautaires par le biais desquelles la narration et les expériences vécues des participants seront partagées, observées et mesurées afin de renforcer la cohésion sociale, ce qui est un facteur déterminant dans la santé d’une population.      

« Les ateliers offriront une forme artistique particulière pour que les gens puissent explorer, exprimer et partager leurs histoires », dit Jan Selman. « Et par la suite nous pourrons utiliser ces histoires pour examiner comment créer des circonstances plus équitables et justes. »  

L’un de ces ateliers explorera la capacité du théâtre interactif à faire progresser des conversations qui sont significatives pour les adolescents de ces communautés. En créant une pièce de théâtre basée sur la recherche communautaire dans laquelle l’interaction du public est une composante clé, le projet B.E.A.R vise à développer des solutions durables à des questions importantes en reliant la narration et la résolution des problèmes. 

« Nous avons créé une pièce de théâtre autour des questions “qu’est-ce qui bloque ton chemin?” et “qu’est-ce qui es positif d’être noir(e) en Alberta en ce moment?”» dit Jan Selman. « Les histoires sont développées et jouées de façon interactive. Il s’agit toujours d’élargir la conversation et de penser à ce que nous pouvons faire pour la changer. »  

Une métaphore inspirante 

Ce n’est pas par hasard que le projet est nommé Black Equity in Alberta Rainforest (la Forêt tropicale de l’équité noire en Alberta). Une nouveauté dans le monde de la recherche appliquée à des questions sociales complexes, l’initiative B.E.A.R. utilise l’approche « forêt tropicale » pour réaliser son travail et induire le changement. L’approche « forêt tropicale » est basée sur un modèle d’écosystème et elle prend en considération la façon dont tous les membres et aspects d’une communauté doivent interagir et compter les uns sur les autres afin d’atteindre l’équité globale en santé.  

« Il ne s’agit pas de la recherche la plus facile », explique Funke Olokude. « Certains jours, nous trouvons des choses qui ne nous plaisent pas, qui sont accablantes. Mais c’est comme construire une forêt tropicale. C’est vert, tout joue ensemble pour que ça fonctionne bien, c’est sain et c’est abondant.  

Les écosystèmes sont complexes, et chaque élément est nécessaire pour qu’ils s’épanouissent. Pour moi, c’est une métaphore inspirante » dit Jan Selman.  

Une raison de célébrer 

Comme c’est le cas pour de nombreux projets et organisations, la pandémie de la COVID-19 a entraîné des retards importants dans l’horaire prévu du projet B.E.A.R. Cependant, la détermination d’améliorer les vies des membres des communautés africaines, noires et des caraïbes, ainsi que de tous les Canadiens et Canadiennes, demeure ferme. L’équipe travaille fort depuis plusieurs années, et le projet B.E.A.R. et la Fondation Ribbon Rouge lancent leur initiative de façon officielle le 19 mars 2022 lorsqu’ils prévoient initier leur atelier de théâtre interactif entre autres activités.    

« Il y a tant de questions que nous n’aurions jamais considérées, mais Mitacs est là avec nous et apprend avec nous. Maintenant que nous sommes arrivés au moment du lancement, le projet B.E.A.R. est prêt à foncer » dit Funke Olokude.   

« Nous espérons que le lancement aura l’air d’une célébration communautaire, parce que c’est ce qu’il est » explique Jan Selman. « Ce projet est tellement relié à la communauté. Ce n’est pas juste pour la communauté; il n’existerait même pas sans l’engagement de la communauté. »  


Les programmes de Mitacs sont financés par plusieurs partenaires estimés à travers le Canada. Nous remercions le gouvernement du Canada, le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement de l’Ontario, Innovation PEI, le gouvernement du Québec via le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies, le gouvernement de la Saskatchewan, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement du Yukon de nous aider à favoriser l’innovation et la croissance économique partout au pays. 

Avez-vous un défi d’affaires qui pourrait bénéficier d’une solution de recherche? Si tel est le cas, contactez Mitacs aujourd’hui pour discuter d’occasions de partenariat : BD@mitacs.ca