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Septembre 2022

Modes autochtones d’acquisition du savoir : sur la voie du bien-être psychologique

Coup d'oeil
L'équipe

En partenariat avec Recherche en santé mentale Canada, Nikki Hunter-Porter, étudiante de maîtrise en soins infirmiers, travaille avec Lisa Bourque Bearskin, Ph. D., chaire de recherche en soins infirmiers spécialisée en santé des Autochtones (IRSC) et professeure agrégée à l’Université Thompson Rivers, pour combler les écarts dans les services de santé mentale aux Autochtones

Le défi

Le manque de ressources adaptées fait en sorte que cette population est touchée de façon disproportionnée par les problèmes de santé mentale

La solution

En adoptant une approche autochtone de recherche pour évaluer les services de bien-être psychologique offerts, cette étude vise à déterminer les facteurs systémiques ayant des effets sur l’accès et la fourniture de ces services aux Autochtones

Le résultat

La recherche en cours de Nikki Hunter-Porter a reçu du financement supplémentaire de Mitacs (deux stages et une année entière)

Il existe au Canada des écarts frappants en matière d’accès aux services et aux ressources de santé mentale, surtout dans les communautés autochtones. Pour les combler, il faut examiner ces enjeux dans une perspective résolument autochtone.

Il existe au Canada d’importants écarts en santé mentale entre Autochtones et non-Autochtones, surtout à cause de l’héritage du colonialisme. Selon la loi, la santé des Autochtones est de ressort fédéral; or, les services de santé mentale varient beaucoup entre provinces et territoires. Le gouvernement britanno-colombien s’est récemment engagé à investir 4,2 millions de dollars pour satisfaire les besoins croissants en soins et en services de santé mentale, particulièrement dans les communautés autochtones et en milieu rural et éloigné. Dans ce contexte, une étudiante de maîtrise en soins infirmiers à l’Université Thompson Rivers met à profit son expertise et son vécu pour repérer à l’aide d’une méthode autochtone les défis d’accès aux ressources de santé mentale auxquels ces communautés sont confrontées, à commencer par la Nation Secwépemc. 

Fière membre de la Première Nation St’uxwtéws Secwépemc, en Colombie-Britannique, Nikki Hunter-Porter a déjà travaillé auprès de huit Premières Nations pour combler l’écart en matière de bien-être psychologique qui persiste dans sa province de résidence. Survivante de deuxième génération des pensionnats autochtones et de la rafle des années 60, elle s’est engagée à apporter des améliorations durables qui bénéficieront aux générations futures, et elle sait que la meilleure façon de faire est de baser sa recherche sur les modes autochtones d’acquisition du savoir. 

Une approche autochtone axée sur la communauté 

Grâce à des cercles de discussion et des conversations ciblées ainsi qu’au soutien de la Lisa Bourque Bearskin, Ph. D., chaire de recherche en soins infirmiers spécialisée en santé des Autochtones (IRSC) et professeure agrégée à l’Université Thompson Rivers, Nikki Hunter-Porter se penche sur une méthode autochtone axée sur la communauté et l’aspect culturel pour recueillir des données et sonder les travailleuses et travailleurs en santé mentale et les personnes participant à l’étude dans la Nation Secwépemc. 

« Cette recherche repose sur les forces du peuple St’uxwtéws et des Premières Nations tout en reconnaissant les défis qui existent dans les systèmes et structures de soins de santé mentale », explique l’étudiante. « Les méthodes de recherche autochtones serviront de cadre global pour intégrer les idées, les voix, le savoir, les pratiques culturelles, les protocoles et les préoccupations autochtones à chaque étape du processus de recherche. » 

Elle a à cœur les stseptékwlls – enseignements oraux traditionnels des Sepwépemc transmis au fil des générations –, et elle sait à quel point il importe de centrer son travail sur les valeurs, les traditions et le savoir locaux pour que les Sepwépemc et les autres Premières Nations en bénéficient. 

« Dans le cadre de ce processus de recherche, j’ai pu renouer avec ma communauté, mieux connaître l’histoire de ma famille et les systèmes de transmission du savoir traditionnel, et comprendre à quel point il est important de protéger le savoir des Secwépemc », poursuit-elle. « Voilà comment nous continuons d’accroître et de protéger notre savoir autochtone traditionnel, et d’appuyer notre peuple dans son parcours de santé et de bien-être. » 

Une recherche qui vient du cœur 

Ce type de recherche tellement nécessaire souffre de sous-financement chronique. Or, grâce aux vastes connaissances qu’elle a présentées dans sa demande de financement, Nikki Hunter-Porter s’est démarquée au point qu’on lui a proposé de présenter une deuxième demande. 

« Le projet présenté était exceptionnel, souligne Candice Loring, conseillère principale, Relations et initiatives autochtones à Mitacs. « C’est pourquoi nous avons décidé de l’intégrer à deux cycles de financement, ce qui représente l’offre la plus généreuse dans l’histoire de Mitacs. » 

« Nous avons conscience de la crise dans le domaine de la santé mentale, nous voulions donc souligner le rôle de la recherche menée par une infirmière autochtone et ses effets potentiels », explique Lisa Bourque Bearskin, qui ajoute n’avoir jamais eu auparavant d’étudiants de deuxième cycle capables d’organiser les idées comme Nikki Hunter-Porter, qui plus est, aussi tôt dans le projet. 

La recherche se poursuit, et elle a sans doute bien des possibilités d’entraîner des résultats positifs en matière de santé mentale dans sa communauté et au-delà. 

« Nikki donne une voix aux Autochtones de sa communauté. Elle crée un récit unique et une plateforme pour favoriser la sensibilisation en la matière et pour établir des politiques sur la façon d’aborder la santé mentale des Autochtones », conclut Candice Loring. « Il est essentiel d’avoir des gens comme Nikki, qui font des recherches qui viennent du cœur en se basant non pas sur des sentiments de sympathie et de pitié, mais sur une véritable compréhension de la situation. » 


Les programmes de Mitacs sont financés par plusieurs partenaires estimés à travers le Canada. Nous remercions le gouvernement du Canada, le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement de l’Ontario, Innovation PEI, le gouvernement du Québec via le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies, le gouvernement de la Saskatchewan, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement du Yukon de nous aider à favoriser l’innovation et la croissance économique partout au pays. 

Avez-vous un défi d’affaires qui pourrait bénéficier d’une solution de recherche? Si tel est le cas, contactez Mitacs aujourd’hui pour discuter d’occasions de partenariat : BD@mitacs.ca.