Cherchez dans les histoires d’impact
Video Content: 
0
février 2020

Revitaliser les langues autochtones grâce aux outils numériques

Coup d'oeil
La stagiaire

Annalena Felber, Linguistique, Université de Fribourg, Allemagne

La professeure d’accueil

Marguerite Koole, Technologie et design pédagogiques, Université de la Saskatchewan

La recherche

La revitalisation des langues autochtones à l’ère numérique

« En tant que professeurs, nous nous investissons dans nos cours, nos travaux en comité et de nombreux autres projets, et il faut bien souvent compter plusieurs années avant que notre travail porte ses fruits. Cette expérience prouve qu’en persévérant avec de tels projets, nous pouvons obtenir des résultats incroyables. »

Lorsque Annalena Felber est venue d’Allemagne pour rejoindre l’Université de la Saskatchewan à l’été 2017 afin de travailler avec la professeure adjointe Marguerite Koole, elles avaient en tête un tout autre projet de recherche d’été.

Professeure adjointe en technologie et design pédagogiques à l’Université de la Saskatchewan, Marguerite Koole avait initialement l’intention de travailler avec un étudiant Mitacs Globalink afin d’explorer les relations des peuples autochtones avec leurs langues en s’appuyant sur des entrevues. Grâce au programme de Mitacs, Marguerite Koole a été jumelée avec Annalena Felber, une étudiante en linguistique qui souhaitait découvrir différentes visions du monde et la manière dont elles s’articulaient avec différentes langues.

Annalena a commencé par mener des recherches de fond sur l’histoire des peuples autochtones au Canada et sur les menaces auxquelles ils sont actuellement confrontés concernant la disparition de leurs langues. Elle a rapidement réalisé qu’il existait très peu de ressources numériques dédiées à l’enseignement des langues autochtones, ce qui est essentiel pour garantir leur survie.

Ces ressources numériques ne se limitent pas à des dictionnaires en ligne, car les langues autochtones ne se traduisent pas mot à mot en anglais. Les langues autochtones utilisent des expressions qui illustrent leurs pratiques quotidiennes et il n’existe tout simplement aucun mot en anglais capable de retranscrire fidèlement ces pratiques. Annalena a tout d’abord effectué des recherches détaillées sur tous les outils disponibles en ligne et les a répertoriés dans un fichier Excel. Ces outils incluent des liens vers des sites Web, différentes applications interactives, ainsi que des ressources vidéo et audio.

L’origine du projet wîcêhtowin

À mesure que l’été avançait et que la liste s’enrichissait, l’idée de la transformer en base de données accessible à tous a pris forme. C’est ainsi qu’est né le projet wîcêhtowin, un site Web sur lequel les étudiants, les professeurs et tous ceux qui sont intéressés par la revitalisation des langues autochtones peuvent accéder aux outils et ressources disponibles. Présentement, le site recense 150 ressources dans 74 langues autochtones différentes.

Annalena et la professeure Koole parlent avec passion de l’identité rattachée à une langue et de l’importance de sa préservation. Comme l’explique Annalena : « Une langue est rattachée à une perspective. Ainsi, lorsqu’une langue disparaît, cette perspective unique disparaît également. La langue va bien au-delà des mots. Elle véhicule des connaissances sur le monde et la communication qui dépassent les mots employés, et si une langue meurt, ce savoir disparaît. »

Maguerite Koole partage ce sentiment : « Je ne crois pas qu’il soit possible de distinguer langue et identité. Si votre langue disparaît, une grande partie de votre identité subira le même sort. » Comme Marguerite Koole le fait très justement remarquer, les langues autochtones étaient l’une des cibles de la colonisation. « En se débarrassant de la langue et en voulant homogénéiser une communauté, on détruit des idées et des pratiques culturelles. Déployer des efforts pour préserver et revitaliser les langues autochtones est une manière de préserver la culture. »

L’évolution et l’héritage du projet wîcêhtowin

Plus de deux ans plus tard, même si Annalena a terminé son projet de recherche d’été et est retournée en Allemagne, la base de données wîcêhtowin continue de s’enrichir. À propos de son expérience en Saskatchewan, elle déclare : « C’était tellement passionnant de voir le projet grandir et se concrétiser. Tout a commencé avec une simple liste. Cette expérience a été différente de tout ce que j’avais pu apprendre en Allemagne et m’a vraiment ouvert l’esprit. Elle a énormément influencé ma vie. C’était bien plus qu’un simple projet d’été. »

La professeure Koole, qui développe toujours activement la base de données et crée de nouvelles ressources pour l’apprentissage linguistique, est très heureuse que ce projet ait continué à se développer. « En tant que professeurs, nous nous investissons dans nos cours, nos travaux en comité et de nombreux autres projets, et il faut bien souvent compter plusieurs années avant que notre travail porte ses fruits. Cette expérience prouve qu’en persévérant avec de tels projets, nous pouvons obtenir des résultats incroyables. »

Annalena et la professeure Koole sont toujours en contact. La professeure Koole tient Annalena informée de l’évolution du projet wîcêhtowin et l’a même invitée à une conférence universitaire pour présenter leur recherche. La professeure Koole souligne l’importance de déployer un surcroît d’effort afin d’impliquer les étudiants dans la recherche : « J’encourage tous ceux qui ont la chance d’embaucher un étudiant Mitacs à prendre le temps de les connaître et de les impliquer réellement dans la recherche pour qu’ils prennent part avec enthousiasme au projet sur lequel ils travaillent. »


Mitacs tient à remercier le gouvernement du Canada, ainsi que le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba et le gouvernement du Québec pour leur soutien au programme Stage de recherche Mitacs Globalink. De plus, Mitacs a le plaisir de travailler avec les partenaires internationaux suivants pour soutenir Globalink : Universities Australia; China Scholarship Council, Campus France, le service d’échange universitaire allemand, le secrétariat d’éducation publique du Mexique, Tecnológico de Monterrey et l’Université nationale autonome du Mexique, le ministère de l’Éducation de l’Arabie saou dite et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de la Tunisie et Mission universitaire de Tunisie en Amérique du Nord.


Êtes-vous confronté à un défi d’affaires qui pourrait bénéficier d’une solution de recherche? Si tel est le cas, contactez Mitacs aujourd’hui pour discuter des opportunités de partenariat : BD@mitacs.ca