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Juin 2022

Un écosystème technologique plus queer : recherche communautaire sur le vécu

Coup d'oeil
L’équipe

Samuel Villeneuve (Université de Montréal) et Katerine Lehmann (Université Concordia), étudiant·es en psychologie, et leurs superviseur·es Robert Paul-Juster et Ketra Schmitt en partenariat avec QueerTech.

Le défi

Les personnes de la communauté queer dans le secteur de la technologie font partie des individus les plus vulnérables et susceptibles de vivre de la discrimination, ce qui donne lieu à un taux de roulement élevé, et donc, à la sous-représentation des communautés queers dans ce secteur.

La solution

Des données quantitatives et qualitatives sur les expériences des employeurs et des personnes travaillant dans le secteur technologique canadien permettront à l’équipe de mieux saisir les obstacles que doivent surmonter les membres LGBTQIA2S+ dans ce secteur et de comprendre quels outils mettre en place pour les aplanir.

Le résultat

Après la collecte de données, l’équipe rédigera un rapport pour QueerTech qui sera diffusé dans l’industrie afin d’éliminer les obstacles auxquels font face les personnes queers dans ce secteur et pour proposer de possibles voies vers des politiques et des initiatives plus inclusives et tenant compte de l’intersectionnalité.

Groupe de rencontre pour les professionnel·les de la technologie de la communauté LGBTQ à l’origine, QueerTech est maintenant un organisme national qui cherche à comprendre les expériences vécues par les personnes queers dans le secteur de la technologie, grâce à une recherche financée par Mitacs.

La révolution technologique a eu une incidence monumentale sur la vie de la population canadienne et des gens du monde entier. Qu’il s’agisse d’un accès accru à l’information, de meilleurs moyens de communication ou du déploiement de solutions novatrices à certains de nos problèmes les plus pressants, les effets et les avantages de la technologie sont indéniables.
Pourtant, ce n’est un secret pour personne que bon nombre des entreprises qui créent et exploitent ces technologies ont un grave problème de diversité. De nombreuses recherches indiquent qu’une culture dominée par les hommes dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) crée une discrimination à l’embauche ou sur le lieu de travail lui-même. En ce qui concerne la communauté queer, malgré le rôle social positif de la technologie sur les communautés LGBTQIA2S+, des obstacles empêchent ces personnes d’entrer sur le marché du travail. Et même lorsqu’elles embauchent des talents queers, les entreprises technologiques ont souvent du mal à les maintenir en poste.

Combler le fossé

C’est là qu’interviennent Samuel Villeneuve de l’Université de Montréal et Katerine Lehmann de l’Université Concordia. En partenariat avec QueerTech, un organisme sans but lucratif qui vise à éliminer les obstacles à l’entrée sur le marché du travail et à promouvoir l’égalité des chances pour permettre aux gens de participer et de contribuer au secteur de la technologie, le duo recueille des données et tâche de comprendre les expériences vécues par les professionnel·les LGBTQIA2S+ qui travaillent dans le secteur canadien de la technologie. Cela leur a permis d’élaborer un rapport bien documenté sur ce secteur d’activité pour aider à en faire un espace sûr et sécuritaire pour les personnes queers.

« Il ne s’agit pas seulement du processus d’embauche », explique Samuel Villeneuve. « Nous examinons le processus dans son ensemble, depuis le début — des descriptions de poste à l’obtention d’un emploi, en passant par les personnes qui travaillent depuis 20 ans dans le secteur de la technologie. »

L’étape de la collecte de données est en cours. Le binôme de recherche espère obtenir un point de vue aussi diversifié que possible, en veillant à ce que les perspectives des personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC) et celles des communautés transgenres et dont le genre n’est pas valorisé socialement soient également entendues.

Favoriser le changement dans l’industrie

« Ce qui est très intéressant dans ce travail avec QueerTech, c’est qu’il repose vraiment sur des données factuelles », souligne Visou Ady, spécialiste du développement des affaires de Mitacs. « L’expérience vécue comporte un aspect qualitatif, et cette recherche qui allie expérience qualitative et données quantitatives ajoute une base factuelle à cette expérience vécue. Ce type de données est utile à la fois pour la personne qui effectue la recherche et pour la communauté de la technologie, et donne une vision sur la façon d’améliorer la collaboration dans cette communauté. »

L’objectif global de l’équipe est que ce projet ait une incidence notable non seulement sur les professionnel·les LGBTQIA2S+ travaillant dans le secteur de la technologie, mais aussi sur les entreprises technologiques elles-mêmes, en leur faisant constater les avantages d’avoir une main-d’œuvre diversifiée.

« Notre rapport sera un document que les organisations pourront consulter et qui est bâti et communiqué de sorte à en faire ressortir la pertinence pour elles », fait remarquer Katerine Lehmann. « Il est parfois difficile d’extraire l’information la plus pertinente d’une revue de la littérature de 40 pages sur un sujet donné. Notre rapport pourra aider les organisations qui tentent de créer un milieu plus inclusif pour les membres de la communauté LGBTQ2S+. »

Le rapport dressera le portrait des difficultés que les gens de la communauté queer doivent surmonter tout au long de leur progression professionnelle et livrera des observations relativement à de possibles politiques et initiatives qui permettraient de créer un climat de travail enrichissant et inclusif.

L’avantage Mitacs

Mitacs a financé cette équipe de recherche par l’intermédiaire de son programme Accélération — un financement qui lui a permis de se concentrer sur le projet malgré d’autres responsabilités comme, pour Samuel Villeneuve du moins, la fin de ses études de premier cycle.

« Ce que Mitacs nous a permis de faire est tout simplement incroyable. Le financement que nous avons obtenu nous a vraiment aidés à faire avancer le projet et à y consacrer plus d’heures. C’était une grande chance pour nous, surtout que nous poursuivons nos études de premier cycle », affirme le chercheur.

« Le financement de Mitacs nous aide vraiment à nous concentrer sur la recherche tout en étudiant et en travaillant sur d’autres projets », ajoute sa collègue, qui souligne qu’il leur a permis d’assister à des conférences qui leur auraient été inaccessibles autrement.

Un écosystème technologique plus queer

En plus de son travail sur ce rapport, QueerTech a mis en œuvre de nombreuses initiatives d’éducation, de sensibilisation et de réseautage pour les personnes queers dans l’espace technologique. L’organisme compte notamment à son actif une série d’initiatives visant à améliorer la sensibilité et la conscience des entreprises technologiques canadiennes afin de les encourager et de leur donner les moyens d’actualiser leur culture d’entreprise pour mieux tenir compte de l’expérience unique des employé·es LGBTQIA2S+.

Les deux stagiaires ont participé à des événements de réseautage et y ont présenté leur sondage, l’occasion de rencontrer un public motivé et passionné prêt à aider à ouvrir une nouvelle voie pour les personnes queers dans le secteur technologique du Canada et au-delà.

Cliquez ici pour en savoir plus sur QueerTech (en anglais).

Si vous faites partie du secteur de la technologie canadienne et que vous souhaitez répondre au sondage : https://umontrealpst.ca1.qualtrics.com/jfe/form/SV_5B8UjZCoyFcAZFA


Les programmes de Mitacs sont financés par plusieurs partenaires estimés à travers le Canada. Nous remercions le gouvernement du Canada, le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement de l’Ontario, Innovation PEI, le gouvernement du Québec via le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies, le gouvernement de la Saskatchewan, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement du Yukon de nous aider à favoriser l’innovation et la croissance économique partout au pays. 

Avez-vous un défi d’affaires qui pourrait bénéficier d’une solution de recherche? Si tel est le cas, contactez Mitacs aujourd’hui pour discuter d’occasions de partenariat : BD@mitacs.ca.