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Décembre 2022

Une entreprise d’Halifax développe la prochaine génération de prothèses

Coup d'oeil
L'équipe

Sam Awara, PDG d’Awenza et ses collègues, dont des stagiaires Mitacs

Le défi

Comment introduire de nouvelles technologies sur le marché des prothèses pour améliorer le confort et la fonctionnalité

La solution

Des innovations mécaniques, électriques et algorithmiques pour moderniser les prothèses obsolètes

Le résultat

De nouveaux produits prometteurs capables de changer la vie des personnes qui ont un membre différent sont en cours de développement

Une jeune pousse travaille à combler le manque d’innovation en appliquant de nouvelles technologies à des solutions de prothèse pour les personnes qui ont un membre différent

Le manque d’innovation dans le domaine des prothèses au cours des dernières décennies s’est traduit par une occasion pour la jeune pousse d’Halifax Awenza Health inc. Fondée il y a deux ans, l’entreprise entend révolutionner le marché des prothèses en offrant de meilleures solutions aux patientes et aux patients grâce à de nouvelles technologies. 

Le besoin 

Selon le PDG, Sam Awara, nombreux sont les produits sur le marché qui causent d’importants niveaux d’inconfort voire de douleur dans certains cas. Awenza met au point une série de produits pour résoudre ces problèmes rencontrés par les personnes ayant un membre différent. 

« Nous avons l’impression qu’un grand nombre de ces produits sont perdus dans les limbes depuis 20 ou 30 ans », explique Sam Awara. Grâce à des innovations mécaniques, électriques et algorithmiques, « nous pensons pouvoir apporter de nombreuses améliorations sur le marché et développer un avantage compétitif. » 

En définitive, la priorité pour Awenza est de placer au centre de son approche les patientes et les patients, qui ont un besoin urgent d’innovation selon le PDG. 

« Certaines de ces prothèses traditionnelles peuvent coûter plus de 100 000 $ US. Nous voulons éviter que les gens ne les utilisent pas ou les utilisent seulement quelques jours ou semaines, puis les rangent dans leur placard en ayant l’impression d’être mieux sans. Nous voulons créer un produit que les patientes et les patients utilisent vraiment… Nous voulons nous rapprocher autant que possible des membres naturels et offrir aux personnes un très haut niveau de fonctionnalité et de confort pour qu’elles aiment l’utiliser. » 

Priorité au confort et à la fonctionnalité 

Parmi les innovations de l’entreprise, on peut citer un dispositif qui est installé entre le membre résiduel d’une personne amputée et la prothèse pour mesurer le niveau de confort de la personne. Ce dispositif est compatible avec la plupart des prothèses actuellement sur le marché. Il fournit à la personne qui l’utilise des données précieuses et pertinentes comme les points de pression, la durée du port chaque jour et des renseignements sur l’efficacité des mouvements. 

Pour Sam Awara, c’est cet accent mis sur le confort et la fonctionnalité qui différencie Awenza de la concurrence. « La technologie existe, mais n’a pas encore été déployée de cette façon... pour offrir plus de fonctionnalité, de confort et de suivi. » 

L’innovation la plus remarquable de la jeune pousse à ce jour est peut-être son emboîture de prothèse modulaire et ajustable. Toujours au stade de la mise au point et des essais, l’emboîture a été conçue pour que les patientes et les patients puissent l’ajuster de façon autonome. 

« On n’aura plus le problème d’un patient qui se rend à la clinique, fait ajuster sa prothèse et rentre chez lui sans pouvoir ensuite faire des ajustements en fonction de l’évolution de ses besoins. Par exemple, quand vous pratiquez un sport, parfois votre pied peut enfler et vous avez besoin de desserrer votre chaussure et d’autres fois, vous aurez besoin de la resserrer. L’idée est de concevoir une emboîture qui permette à la patiente ou au patient de l’ajuster pour plus de confort. 

« Il existe un réglage volumétrique, c’est-à-dire qu’on ajuste l’épaisseur, et un réglage longitudinal. Nous l’avons conçue de façon à ce qu’il soit possible de modifier la longueur, ce qui cible plutôt les soins pédiatriques : l’idée est que, pour les jeunes enfants, la prothèse puisse grandir avec eux. » 

Awenza souhaite également introduire un autre dispositif sur le marché : un capteur de force myographique, « c’est-à-dire un ensemble de capteurs qui détectent le mouvement des muscles autour du membre résiduel », explique Sam Awara. « Cela permettra d’obtenir une très bonne modélisation des différents mouvements du membre résiduel. Les algorithmes pourront réellement repérer les signaux pour offrir une meilleure réponse aux patientes et aux patients. » 

En janvier, un projet d’envergure sera lancé en partenariat avec l’Université Dalhousie. Il s’agira d’installer plusieurs petits moteurs au lieu du moteur plus imposant habituellement placé dans la prothèse, ce qui offrira plus de liberté de mouvement et de fonctionnalité. Dans le meilleur des scénarios, cette technologie pourrait un jour permettre à la personne qui la porte de jouer d’un instrument avec sa prothèse. 

Des stagiaires au cœur de la croissance 

Les stagiaires Mitacs, principalement recrutés à l’Université Dalhousie — et dont un a été embauché à temps plein — ont joué un rôle essentiel dans le succès d’Awenza en matière de R-D. « C’est un ingénieur hors pair, très talentueux pour tout ce qui touche au matériel électronique et à la conception logicielle », raconte Sam Awara au sujet de l’ancien stagiaire, aujourd’hui employé. « Il nous a vraiment aidés à développer la technologie. » 

« Mitacs nous a donné accès aux ressources, aux talents et à un niveau supplémentaire de R-D. » 

Une fois l’étape de R-D terminée, l’entreprise devra se lancer dans les démarches règlementaires pour obtenir les approbations de Santé Canada et de la FDA pour ses nouveaux produits.