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Une rencontre d’échanges pour discuter des défis liés à la maladie mortelle

Les scientifiques qui luttent contre les maladies les plus mortelles du monde travaillent fort pour garder l’Ebola et d’autres dangers biologiques à l’écart de l’environnement. Mais en raison du fait que les laboratoires sont coûteux à construire et à exploiter, ils sont répartis dans différentes villes à l’échelle mondiale et il peut être facile pour les experts de devenir isolés les uns des autres.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), l’organisme responsable de veiller à la santé et au bien-être des Canadiens et des animaux et à la protection des végétaux de notre pays, reconnaît que les scientifiques font un bien meilleur travail à déterminer et à composer avec les risques biologiques en joignant leurs forces.

Grâce à l’appui du ministère de la Défense nationale, l’ACIA a lancé un nouveau projet en 2016, le réseau des laboratoires à biosécurité de niveau 4 spécialisés dans les zoonoses, pour faire face à ce défi. Ce réseau rassemble des scientifiques, des administrateurs et d’autres personnes qui travaillent ensemble dans ces centres de recherche internationaux pour partager leurs connaissances au sujet de la prévention en matière de maladies infectieuses. Maintenant, en collaboration avec deux jeunes scientifiques récipiendaires de la Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes de Mitacs, l’ACIA tisse des liens avec la communauté mondiale de la biosécurité pour se préparer contre la menace de l’éclosion mondiale d’une maladie.

Masha Cemma, qui a récemment obtenu son doctorat en génétique moléculaire de l’Université de Toronto, est une des premières boursières à se joindre au réseau de biosécurité.

« Je venais de finir mon doctorat et je songeais à quoi faire après. Le réseau n’était pas ce que j’avais envisagé auparavant, mais lorsque j’ai vu l’information au sujet de la Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes de Mitacs, j’ai réalisé que c’était vraiment moi. J’ai pu tirer profit de mon travail doctoral et de mon expérience à l’Organisation mondiale de la santé et c’était l’occasion de travailler sur la diplomatie scientifique et de contribuer à la création de quelque chose de nouveau et stimulant. »

Durant son stage, Masha a tissé des liens avec des gens des centres de contrôle des maladies des États-Unis, du ministère de l’Agriculture des É.-U. et les laboratoires de biosécurité du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de l’Australie. Bien qu’il y ait eu d’autres réseaux et experts auparavant, c’était la première fois que les gens travaillant aux niveaux les plus élevés de confinement à lutter contre des maladies humaines et animales avaient joint leurs forces. La somme de tous les efforts a culminé en mars 2016 lorsque l’ACIA a invité les membres du réseau à une conférence à Winnipeg.

« Il y avait un enthousiasme incroyable de la part de tous les partenaires, dit Masha. Certains disent que c’est le meilleur partenariat international en ce genre. Nous avons été en mesure d’identifier ce que les gens veulent et ce qu’ils sont prêts à partager. Nous avons déterminé les lacunes de connaissances et avons élaboré des stratégies pour les combler. Et, surtout, nous avons aidé différentes personnes provenant de différentes parties du monde à bâtir des relations les uns avec les autres, et nous avons instauré de la confiance. »

Après l’achèvement de son stage d’un an, Masha a eu l’occasion de former une nouvelle boursière Mitacs avant d’occuper le poste de conseillère en politiques au Bureau de la Conseillère scientifique en chef du Canada. April Killikelly, une titulaire de doctorat en biophysique moléculaire de l’Université de New York et des National Institutes of Health des États-Unis, a été recruté pour bâtir sur la fondation que Masha avait créée au sein du réseau de biosécurité.

« J’ai toujours pensé qu’il est utile de voir la science comme étant une quête humaine, et non seulement une technique, explique April. Le travail de coordination du réseau m’a permis de revenir au Canada et d’œuvrer au sein d’une installation de haut confinement, ce qui met à profit ma formation scientifique et fait usage des compétences en communication que j’ai développées. C’est un rêve devenu réalité. »

April continue de renforcer la communauté du réseau. Une plateforme Web sécurisée pour le partage des documents a été créée. Ses membres ont collaboré à l’élaboration de matériel de formation pour que tout le monde puisse se familiariser avec les procédures et les normes de tous les pays. L’an passé, le réseau a gagné un prix de l’ACIA pour son innovation et ses pratiques exemplaires. Les experts des quatre coins du monde continuent d’établir des liens importants qui leur permettent de résoudre des problèmes en matière de biosécurité internationale.

Alors que l’ACIA travaille à réunir des membres du réseau pour une autre conférence en 2018, April relate que tous ont tiré parti de la Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes.

« Pour moi, ça a été une excellente occasion de développer mes compétences interpersonnelles pour faire la transition vers le domaine de l’élaboration de politiques et il est très important pour les personnes avec des compétences scientifiques de s’engager dans le développement de politiques. »

Masha est d’accord. « En tant que scientifiques, la Bourse de Mitacs nous a fourni des occasions d’être présenté à une communauté de personnes qui s’intéressent aux politiques scientifiques, ce qui se traduit par des contacts, du soutien et de nouvelles possibilités. Pour l’ACIA, la Bourse a été un outil de recrutement dont le réseau de biosécurité avait besoin pour assurer son succès. »

 


La Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes est rendue possible grâce à la professeure Sarah Otto, du Département de zoologie à l’Université de la Colombie-Britannique, au gouvernement du Canada et au gouvernement de la Colombie-Britannique, à l’Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique de l’Université d’Ottawa, à l’Université de Victoria ainsi qu’au comité consultatif canadien de la Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques.