David Naylor a raison. Les scientifiques doivent parler d’une voix unifiée

04/21/2017
Par Steve Higham

La semaine dernière, le professeur David Naylor et un Comité consultatif composé d’experts ont lancé leur rapport « L’examen du soutien fédéral aux sciences ». Le rapport, qui avait été commandé par la ministre Duncan l’an dernier, reconnaît que le soutien fédéral pour la recherche de base a été stable au cours des dernières années avec un déclin correspondant dans la compétitivité globale en matière de recherche du Canada.

Parmi les recommandations, il y avait des demandes d’accroître le financement aux conseils fédéraux subventionnaires et à la Fondation canadienne pour l’innovation; d’améliorer la coordination des agences et programmes de recherche financés au palier fédéral tout en établissant des méthodes d’évaluation robustes et un meilleur soutien pour les chercheurs en début de carrière. De plus, le rapport recommande une révision de la façon dont les fonds sont octroyés aux autres conseils subventionnaires et demande une plus grande collaboration afin de fournir du soutien à long terme aux chercheurs autochtones.

La réponse de la communauté de la recherche a été considérablement positive. Le rapport reflète largement les inquiétudes et les demandes que les scientifiques expriment depuis nombre d’années et il servira probablement de référence pour mesurer les décisions de politiques fédérales touchant la recherche au cours des prochaines années.

Mais là réside l’incertitude. Les recommandations ont été faites, mais non encore mises en œuvre. Il y a toujours des considérations d’ordre politiques et financières qui peuvent servir à limiter la capacité ou la volonté du gouvernement à mettre en œuvre des recommandations. Il y a aussi une tendance de ceux d’entre nous impliqués dans le travail des politiques de scruter avec joie et de débattre les moindres détails de tels rapports et de donner nos opinions à n’importe qui qui s’intéresse à pourquoi des recommandations spécifiques réussiront probablement ou pas. Et bien que le scepticisme ne soit pas une mauvaise chose en soi, il peut miner des idées valables s’il n’ajoute pas de valeur à la conversation.

À l’heure actuelle, il semble y avoir un élan pour la recherche au Canada et un gouvernement qui semble réceptif. Le Canada a déjà un système postsecondaire respecté et une réputation internationale d’ouverture et de diversité. En se fondant sur ceci, le gouvernement a, au cours des derniers mois, annoncé la création d’un rôle de conseiller scientifique en chef, une Stratégie en matière de compétences mondiales, un centre d’investissement, la création de supergrappes et un appui important pour la recherche et le développement par rapport à l’intelligence artificielle. Ce sont tous des signes positifs que le gouvernement est sérieux par rapport à son souhait de positionner le Canada comme meneur dans une économie concurrentielle du savoir.

Si les scientifiques (et les conseillers politiques) veulent que la recherche fondamentale menée par des chercheurs soit un élément significatif de la stratégie du gouvernement du Canada pour renforcer la compétitivité globale en matière de recherche, ils devront parler d’une voix unifiée pour encourager la mise en œuvre des recommandations du rapport Naylor. Ce fut exprimé énergiquement par M. Naylor : « La première chose que je vais suggérer est que nous essayions d’éviter une dissection sans fin du rapport. Je crois que la compréhension qu’en soutenant ces recommandations dans leur ensemble, sans trop nous chicaner sur les détails, nous avons de bien meilleures chances de voir ce rapport pris en compte. »

Le statu quo n’est pas mauvais. Nous publions plusieurs papiers, produisons des chercheurs de haute qualité et nos scientifiques contribuent régulièrement à des projets internationaux importants. Mais il y a un paragraphe (p. 15) du rapport Naylor qui décrit le statu quo assez éloquemment :

Puisque des milliards d’individus vivent dans des conditions beaucoup moins favorables que nous, le Canada ne peut se contenter de contributions médiocres en se félicitant d’être particulièrement brillant compte tenu de sa population peu élevée. D’ailleurs, bien des pays moins riches sont en train d’augmenter leur capacité en recherche et plusieurs de nos partenaires de l’OCDE investissent massivement en recherche et en innovation. Dans un tel contexte de changement accéléré et de compétition de plus en plus vive, le Comité est convaincu que le Canada doit disposer d’un système de recherche extra-muros de calibre mondial s’il tient à rester une société harmonieuse et une nation souveraine prospère.

Le rapport Naylor nous fournit une voie afin de s’assurer que la recherche fondamentale soit reconnue comme étant une composante essentielle de la compétitivité canadienne en matière de recherche. Avec un soutien cohésif de la communauté de recherche, les espoirs de sa mise en œuvre sont bons.

 

 

 

 


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