Il pourrait manquer un élément clé aux universités lorsqu’elles encouragent l’entrepreneuriat

10/17/2018

Les Canadiens lancent environ 80 000 nouvelles entreprises chaque année,[1] et dans les mesures internationales d’entrepreneuriat, le Canada se classe troisième.[2] Nous sommes une nation où 98 pour cent des entreprises sont petites et moyennes (et surtout petites),[3] avec parmi les taux les plus élevés d’entrepreneuriat au stade initial de l’OCDE.[4] L’entrepreneuriat joue un rôle essentiel dans l’économie canadienne, aidant à stimuler l’innovation et la productivité.

Alors que la précarité d’emploi, les technologies perturbatrices et une économie en changement affectent les façons dont nous vivons et travaillons, de l’expérience à travailler dans une entreprise ou à lancer une entreprise peut aider les Canadiens à développer les compétences et à acquérir l’expérience et la résilience qui peuvent s’avérer importantes. Il n’est pas surprenant que les universités encouragent des étudiants à compléter leurs compétences universitaires avec de l’expérience entrepreneuriale.

Dans une certaine mesure, cet intérêt pour l’entrepreneuriat n’est rien de nouveau. Les écoles d’administration ont enseigné l’entrepreneuriat comme sujet depuis des décennies. Mais, de plus en plus, les universités mettent l’accent sur de nouvelles initiatives qui engagent directement les étudiants dans l’ensemble du processus entrepreneurial, de l’identification d’une idée d’entreprise à la croissance de leurs entreprises.

Réconcilier la culture des universités et celle de l’entrepreneuriat est un défi et peut inciter à la dissonance cognitive. Après tout, les universités sont de grands établissements avec des systèmes de gouvernance complexes qui peuvent être lents à réagir avec des silos profondément ancrés entre les facultés et les départements. L’entrepreneuriat, d’autre part, requiert une approche rapide, de prendre des risques et de profiter de diverses disciplines.

Lorsque nous avons convoqué des parties prenantes afin de discuter du rôle des universités au sein des écosystèmes de l’entrepreneuriat, on nous a dit que l’étendue à laquelle les universités développent avec succès une culture d’entrepreneuriat, pivotant vers des approches plus vigoureuses et interdisciplinaires, peut dépendre de l’établissement. Certains croyaient que des universités plus vieilles et plus traditionnelles peuvent avoir plus de difficultés que celles avec un historique plus long d’engagement communautaire et d’approches expérimentales à l’éducation.

Même au sein des universités, l’étendue à laquelle des facultés adoptent l’entrepreneuriat peut varier de l’une à l’autre. Par exemple, les étudiants en ingénierie et en informatique ont tendance à adopter facilement les programmes d’incubateur. Mais les facultés telles que la médecine ou la dentisterie, malgré l’innovation technologique constante dans leurs domaines, semblent être plus lentes à adopter l’entrepreneuriat dans le cadre de leur expérience éducative.

Bien sûr, développer une culture entrepreneuriale sur un campus universitaire est un processus continu et il n’y a aucune entente au Canada sur la façon de mesurer l’étendue avec laquelle une université peut être considérée comme étant « entrepreneuriale ». Il n’y a aussi aucune entente sur ce qu’est une « culture entrepreneuriale » (considérez donc ce blogue avec un grain de sel). Et comme nous l’ont dit les parties prenantes, c’est plus une façon de penser ou une atmosphère qu’un ensemble de mesures.

Et, d’établir une culture entrepreneuriale n’est pas simple. Construire un édifice attrayant et lui donner un nom tape à l’œil ne le remplit pas automatiquement d’étudiants et de professeurs engagés et ayant l’esprit d’entrepreneur. Par nos discussions avec les parties prenantes, nous avons trouvé qu’il semble y avoir un large consensus que les initiatives d’entrepreneuriat qui réussissent ont l’appui de tous les niveaux au sein de l’université, des étudiants à la haute gestion. Et selon l’envergure et les objectifs de l’initiative, la collaboration avec des partenaires dans la communauté élargie peut aussi avoir un impact alors que l’université alimente et profite de l’appui à l’entrepreneuriat dans la ville ou la région.

Ce qui est clair est que l’entrepreneuriat sur les campus canadiens est plus qu’une mode. Alors que les universités cherchent des façons créatives et réactives pour outiller les étudiants avec les compétences et l’expérience dont ils auront besoin au sein d’une main-d’œuvre en mutation, il sera intéressant de voir si les cultures apparemment juxtaposées des universités et de l’entrepreneuriat peuvent mieux s’harmoniser.

Pour en apprendre plus sur ce domaine d’intérêt grandissant pour les universités, lisez notre plus récent rapport, Entrepreneurs sur le campus : soutien universitaire pour les entreprises en démarrage.

 

 


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