Le coin des stagiaires de la Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes : Quels sont les signes de la diversité dans la formation en STIM?

11/28/2016
par Jacquelyne Poon, Stagiaire, Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes

Cette année, la Conférence sur les politiques scientifiques canadiennes (CPSC) a tenu le premier colloque ayant pour thème « Concrétiser la diversité en STIM; promouvoir l’innovation », ainsi que d’autres séances portant sur un thème sous-jacent similaire. Les panélistes du colloque ont tenu une discussion, animée par Dorothy Byers et Imogen Coe, sur la nécessité d’obtenir la diversité dans la formation en STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Ils ont abordé le rôle que jouent l’encadrement, le travail en équipe lorsqu’on est jeune, l’enseignement et l’apprentissage de compétences techniques et non techniques, et le renforcement de la confiance des enseignants qui donnent des cours en STIM. Les panélistes n’ont que brièvement parlé de l’importance des arts dans la formation en STIM, un sujet qui pourrait peut-être faire l’objet d’un autre article de blogue.

C’était exceptionnel d’entendre parler de l’exemple de FIRST Robotics Canada comme un moyen d’amener différents jeunes étudiants à reconnaître leur propre expertise et le rôle clé qu’ils jouent au sein d’une équipe dans le cadre de concours de robotique stimulants. Quel que soit leur talent à découvrir, ces occasions ont pour effet de catalyser l’apprentissage par l’expérience des étudiants et de leur faire prendre conscience de la contribution particulière qu’ils peuvent apporter à une équipe. Au cours des dernières années, on constate des améliorations au Canada dans la sensibilisation à la diversité dans la formation en STIM, et les panélistes de la CPSC ont discuté des efforts déployés dans ce domaine, notamment par Actua et Parlons sciences. Toutefois, compte tenu de la nature axée sur les données probantes du colloque, peu de données factuelles ont été présentées sur la répartition hommes/femmes, la représentation des groupes visés par le respect de la diversité et leur emplacement géographique.

Il existe également de nombreuses autres initiatives, au-delà de celles, peu nombreuses, mentionnées au cours de la CPSC, qui reflètent davantage le caractère régional de ces efforts pour accroître la sensibilisation à la diversité dans la formation en STIM. Par exemple, des étudiants à la Faculté de génie de l’Université de l’Alberta présentent un programme appelé DiscoverE afin de proposer chaque année des événements pratiques et interactifs à plus de 27 000 jeunes dans des communautés scolaires du nord de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest.

Bien que ces initiatives soient louables, nous devons aller au-delà de ce point de départ et parler de stratégies nationales qui entraîneront d’autres changements, et nous assurer que ces efforts font l’objet d’une évaluation critique permanente reposant sur des données probantes robustes. Par exemple, lorsqu’on compare les différentes approches en matière d’intervention précoce, quel est le nombre d’étudiants et quelle est la proportion hommes/femmes qui choisit de suivre des cours en STIM plus tard dans leurs études? À quelles étapes, si tel est le cas, y a-t-il des goulots d’étranglement? De plus, au lieu de chercher à réinventer la roue, peut-on facilement trouver ces initiatives dans une base de données centralisée à accès libre?

Combien d’étudiants les approches actuelles en matière d’intervention rejoignent-elles parmi les cinq millions et plus d’élèves, recensés par Statistique Canada en 2013, qui fréquentent des écoles élémentaires et secondaires à travers le pays? Dans quelle mesure sont-ils représentatifs des groupes visés par le respect de la diversité?

Compte tenu du fait que 19 % (près d’un cinquième) de la population du Canada demeure dans des régions rurales, selon le Recensement de 2011, dans quelle mesure l’accessibilité et la qualité des occasions de formation en STIM sont-elles différentes comparativement à celles offertes à l’intérieur ou à proximité des grands centres urbains? Même si le panel a abordé en partie ces aspects, nous pouvons certainement faire plus en effectuant une surveillance à long terme et en analysant de manière critique les résultats mesurables, particulièrement lorsque ces résultats ne sont pas immédiats.

Dans l’intérêt des Canadiens, les responsables chargés de mener à terme de si grandes initiatives doivent être tenus responsables d’apporter des changements productifs, et non pas se contenter de vœux pieux. Les panélistes de la CPSC ont souligné les efforts déployés pour accroître la sensibilisation à la diversité dans la formation en STIM et ont également proposé, par exemple, d’offrir des récompenses à ceux et celles qui ont pris l’engagement et reconnaissent l’importance d’accroître la représentation des femmes en sciences.

Au lieu de donner des récompenses pour féliciter les gens qui reconnaissent la nécessité de la diversité et de l’équilibre hommes/femmes, nous devrions peut-être évaluer la façon dont nous voyons fondamentalement cette situation et nous demander pourquoi la diversité n’est pas encore une seconde nature pour nous.


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La Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes est rendue possible grâce à la professeure Sarah Otto, du Département de zoologie à l’Université de la Colombie-Britannique, aux agences et ministères fédéraux participants, à l’Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique de l’Université d’Ottawa ainsi qu’au comité consultatif de la Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques de Mitacs.

 

 

 


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