Le réseautage pour créer des occasions : conseils d’une étudiante des cycles supérieurs

04/12/2016
Par Wajihah Mughal

Réaffiché avec l’autorisation de Re-Spect Science

Si vous poursuivez vos études de maîtrise ou de doctorat comme moi, nous avons tendance à considérer nos études supérieures comme un emploi à temps plein. Même si les universités font tout ce qu’elles peuvent, j’estime qu’il revient à nous, étudiants des cycles supérieurs, d’acquérir une expérience qui va au-delà de celle offerte par l’université et les exigences liées à son diplôme afin que nous puissions tirer le maximum de nos études supérieures. Oui, la publication d’articles est hautement prioritaire et peut sembler impressionnante, mais dans les faits, c’est beaucoup plus une question de relations (qui connaît qui). L’article d’aujourd’hui porte sur un aspect qui vous aidera : Le RÉSEAUTAGE.

(Je sais que vous n’êtes pas vraiment surpris puisque c’est le titre de mon blogue!)

Alors, mis à part votre thèse et le petit monde de la science, j’ai dressé une liste des moyens permettant d’en tirer davantage de votre programme d’études supérieures, ou dont vous pouvez vous servir si vous souhaitez simplement accroître votre réseau professionnel. Certains de ces moyens sont tirés de mon expérience personnelle et de celle d’autres collègues dans le cadre d’un atelier Mitacs sur le réseautage animé par Jennifer Gardy (suivez-la sur Twitter à @jennifergardy).

1. Siégez à un conseil exécutif, à un conseil d’étudiant ou à une association d’étudiants pour étoffer votre curriculum vitæ

Cela montre aux employeurs éventuels que vous possédez des qualités de leadership et avez des compétences qui vont au-delà de vos travaux de recherche. Cela favorise les interactions avec d’autres scientifiques qui ne sont pas directement concernés par votre recherche, mais qui pourraient devenir de futurs collaborateurs.

2. Assistez à des activités de réseautage pour les étudiants

Faites la connaissance d’étudiants à l’extérieur de la portée de votre projet de recherche. Soyez affable et sincère dans vos conversations avec d’autres participants. Il est important d’être exposé à différents contextes scientifiques. Ces événements pourraient également favoriser dans le futur des travaux de collaboration, par exemple la rédaction d’un article avec une personne travaillant dans un domaine connexe, ou la réalisation de certaines expériences afin de pouvoir rédiger de futures publications. Le milieu scientifique regorge de personnes ayant des liens et des intérêts similaires; alors, n’hésitez pas à vous en servir.

3. Créez une présence dans les médias sociaux pour faire connaître vos travaux

Oui, les scientifiques adoptent de plus en plus les médias sociaux. Les possibilités sont nombreuses :

  • ResearchGate est un excellent moyen de présenter vos publications de recherche et vos travaux pendant votre formation universitaire; c’est presque un CV numérique. Ce réseau est très utile pour échanger avec d’autres scientifiques et demander leurs publications. Il indique également le nombre de fois que vos documents de recherche sont cités, ainsi que le nombre de lectures/téléchargements.
  • LinkedIn est un réseau qui peut aussi mettre vos publications et qualifications en évidence, mais votre profil est aussi exposé au secteur privé ou aux institutions. Il est essentiel de suivre certaines entreprises pour lesquelles vous aimeriez travailler, et c’est un excellent moyen de vous faire connaître auprès d’elles. Dernièrement, on constate une tendance : les grandes entreprises utilisent des réseaux comme LinkedIn pour recruter des candidats pour de futurs postes au lieu d’afficher les postes en ligne. Une autre façon de se connecter avec d’autres personnes consiste à « recommander » certaines compétences; cela peut renforcer votre profil, selon les personnes qui vous rendront la pareille.
  • Twitter est une plateforme utile pour promouvoir ou faire connaître vos travaux de recherche auprès du grand public et lancer un débat sur certains sujets. J’aime utiliser des gazouillis pour amorcer une discussion scientifique que je peux suivre sur LinkedIn, une plateforme plus professionnelle pour le réseautage. Twitter est également un moyen utile pour envoyer des messages en direct lors de congrès scientifiques en utilisant des mots-clics, comme #respectscience, et pour communiquer avec des scientifiques invités ou avec nous.

Si vous n’êtes pas très friand des médias sociaux, je vous recommande fortement LinkedIn et Research Gate pour présenter vos publications de recherche et vos travaux scientifiques.

4. Cartes professionnelles/de contact

Si vous faites déjà du réseautage, vous avez peut-être fait la connaissance d’une personne qui a des contacts dans une imprimerie. Mais comme la plupart d’entre nous, ce n’est probablement pas le cas. Il existe deux types de cartes professionnelles qui, à mon avis, valent la peine de s’y attarder :

  • Affiliation à un établissement : informez-vous auprès de votre université/département où vous pourriez faire imprimer des cartes professionnelles (si la chance est de votre côté, votre superviseur pourrait en assumer les frais d’impression). Indiquez-y les renseignements habituels : nom, titre, adresse de courriel, téléphone - renseignements concernant votre établissement/laboratoire. Vous pourrez ainsi les distribuer à des scientifiques lors de congrès et d’événements de réseautage. Vous pouvez inscrire votre numéro d’affiche à l’arrière afin d’attirer leur attention sur votre projet de recherche si vous n’avez pas le temps de leur présenter vos travaux.
  • Marque personnelle : consultez des sites Web, comme VistaPrint ou Moo.com, où vous pouvez créer des cartes professionnelles personnelles pour des postes que vous occupez à l’extérieur du laboratoire (p. ex. membre d’un conseil exécutif, association d’étudiants, votre blogue). Même si vous changez d’établissement au cours de votre carrière, vous pourrez toujours continuer d’utiliser ces cartes. Vous pourrez les distribuer lors d’activités de réseautage pour étudiants et pour montrer ce que vous faites à l’extérieur de votre recherche.

Le type de carte professionnelle/de contact que vous utilisez dépend du contexte de l’événement auquel vous assistez et du type de conversation que vous avez avec les personnes à qui vous remettez votre carte.

Il y a un sujet important que j’aimerais aborder : faire la distinction entre votre vie professionnelle et votre vie personnelle dans les médias sociaux. Je vous recommande d’utiliser votre vrai nom sur les plateformes de réseaux sociaux et dans les sites Web professionnels, et d’utiliser un nom d’emprunt pour les sites Web et les médias sociaux utilisés à des fins personnelles. Prenez quelques instants pour chercher votre nom sur Google afin de voir ce à quoi votre nom est associé, comme le feront peut-être d’éventuels employeurs.

En résumé, il ne faut pas limiter votre formation universitaire à la simple collecte et à l’analyse de données cliniques/expérimentales (oui, je sais que c’est très important). Il vous faut aussi créer des occasions pour vous, chose que vous n’apprendrez pas en classe, dans un laboratoire ou dans un contexte clinique.

Inscrivez-vous à des ateliers sur le réseautage ou sur les compétences en communication dans le domaine scientifique, car cela vous permettra d’améliorer votre affiche ou vos présentations orales lors de conférences. En plus de votre CV, le réseau que vous avez créé pourrait vous aider à obtenir un poste dans une université ou une entreprise.

Wajihah Mughal est une doctorante au Département de l’anatomie humaine et des sciences des cellules de l’Université du Manitoba. Elle est également cofondatrice de Re-Spect Science, un blogue consacré aux répercussions de la science dans notre vie de tous les jours. Suivez Wajihah sur Twitter à @Spidey_Cell.

 

 

 


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