Réflexions sur le marathon d’élaboration de politiques de Mitacs

06/08/2017
Par Steve Higham

Les chercheurs, les analystes de politiques, les professeurs et les fonctionnaires : qu’ont-ils tous en commun?

Non, la réponse n’est pas l’absence d’une vie sociale ou la probabilité accrue d’être un éditeur Wikipédia. C’est l’intérêt commun de communiquer efficacement des idées et des connaissances à l’échelle de divers secteurs et à différents intervenants. Mais qu’est-ce que ça signifie au juste?

Dans un monde où la complexité se fait de plus en plus croissante, la capacité d’avoir accès à des connaissances et à des renseignements crédibles, de les interpréter et de les diffuser est essentielle. Les technologies telles que l’informatique quantique, l’intelligence artificielle et les données massives sont en voie de révolutionner la façon dont nous traitons l’information et prenons des décisions. En même temps, les structures actuelles de partage de renseignements et de communication des connaissances risquent de devenir désuètes.

Les ministères gouvernementaux sont souvent accusés d’être des « silos », c’est-à-dire qu’ils ne partagent pas efficacement l’information et les connaissances à d’autres ministères. Les réseaux entre les décideurs politiques et les chercheurs universitaires sont limités, dans le meilleur des cas. À l’ère de la post-vérité, la recherche fondée sur des données probantes fait concurrence avec d’autres propos (les fausses nouvelles!) pouvant influer sur l’opinion publique et, potentiellement, sur celle des décideurs politiques.

Conscient de ces défis, Mitacs a organisé un marathon d’élaboration de politiques (le marathon) au début du mois. Réunissant un groupe hétérogène d’experts issus de disciplines multiples, en plus des récipiendaires de la Bourse pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes, les participants ont travaillé de concert pour explorer des façons de surmonter les défis de fournir des preuves scientifiques aux décideurs politiques dans un monde débordant d’information.

Travaillant en groupes, les participants se sont penchés sur l’une des trois approches :

  • S’assurer que les décideurs politiques sont motivés à utiliser des données scientifiques
  • Concevoir une infrastructure du savoir pour soutenir les données scientifiques 
  • Élaborer des processus d’évaluation de la qualité pour vérifier les données scientifiques

Mitacs Policy Hackathon / Marathon d'élaboration des politiques

Le format de la rencontre a permis un libre échange d’idées. La grande gamme de compétences et les expériences des participants ont donné la chance à chaque groupe de voir les défis et les possibilités sous différents angles. À la fin d’une journée intense de remue-méninges et de résolution de problèmes, les groupes ont présenté leurs idées à un public composé de hauts fonctionnaires, de représentants du secteur privé et d’un large éventail de personnes du milieu universitaire et sans but lucratif.

« L’idée était de faire les choses un peu différemment », a expliqué Rachael Maxwell, responsable du programme de Bourses pour l’élaboration de politiques scientifiques canadiennes et organisatrice du marathon. « Nous voulions non seulement réunir des individus provenant de différents horizons pour parler de défis, mais nous voulions aussi repartir avec de nouvelles idées qu’ils pourraient potentiellement rapporter au travail. »

Même si chaque groupe a mis de l’avant des idées uniques et a tiré des conclusions distinctes, tous les groupes sont convenus que les progrès actuels liant les décideurs politiques et la connaissance scientifique sont insuffisants pour se pencher sur des questions complexes et épineuses dans un délai convenable et de manière appropriée. De nouvelles façons de collaborer avec des experts de différents horizons et de disciplines variées sont requis pour favoriser des réponses novatrices à des questions urgentes en matière de politiques.

Au début du marathon, les participants ont été demandés s’ils avaient déjà pris part à un événement du même genre et personne n’a levé la main. À la fin de la journée, les participants à qui j’ai parlé étaient excités de l’utilité du format et certains avaient exprimé le désir de faire appel au format du marathon pour relever les défis auxquels font face leurs propres ministères, entreprises ou organisations.

Il est à espérer que les marathons et d’autres approches interactives et multisectorielles pour résoudre des problèmes deviendront de plus en plus courants à mesure que les chercheurs, analystes politiques, professeurs et fonctionnaires reconnaissent la valeur de la collaboration dans un monde complexe.

 

 

 


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