Technologie canadienne : La dette de la diversité commence graduellement et arrive tout à coup

08/24/2017
Par Dr. Sarah Saska

« Comment fait-on pour faire faillite? » demanda Bill.

« De deux façons, » répondit Mike. « Graduellement et puis tout à coup. »


 

Le roman de 1926 d’Ernest Hemingway Le soleil se lève aussi décrit avec justesse la réalité à laquelle font face la plupart des compagnies technologiques : Bien qu’elles puissent être financièrement solides, la plupart accumulent à leur insu et rapidement une dette de la diversité.

Toronto, à titre de la quatrième plus grande ville en Amérique du Nord, abrite un secteur technologique florissant (en anglais) et est considérée parmi les villes les plus innovatrices (en anglais) et diverses (en anglais) au monde. Les communautés technologiques comme celles de Toronto ont donc toutes les raisons de prendre la dette de la diversité au sérieux.

Qu’est-ce que la #DiversityDebt (dette de la diversité)?

Il semble qu’alors que certaines entreprises technologiques travaillent afin d’opter pour la diversité, la plupart ont encore de la difficulté. Des aspects de la dette de la diversité sont saisis dans la récente vague de rapports (tous en anglais) sur la diversité publiés par Facebook, Apple, Twitter, Google, Square, Lyft et Uber, qui détaillent la démographie des entreprises. Toutefois, la représentation n’est que le début.

La dette de la diversité est la culture entrepreneuriale, remplie de harcèlement qui échoue à retenir du talent diversifié et qui coûte à l’industrie technologique 16 milliards de dollars annuellement (en anglais). C’est Snapchat qui met en vedette des filtres qui changent les autoportraits en caricatures asiatiques et qui fait la promotion du « maquillage en noir (blackface) numérique » (en anglais). C’est l’oubli flagrant d’Apple de tenir compte de la santé reproductive des femmes (en anglais). Et c’est les systèmes d’IA qui classifient mal les personnes de minorités raciales (en anglais) et qui ne reconnaissent pas les accents particuliers (en anglais).

#DiversityDebt est le coût d’une mentalité « faire ce qu’il y a à faire »

Bien que les dettes financières sont prises au sérieux par la communauté technologique, la dette de la diversité n’a pas été tenue compte de la même manière. La dette de la diversité commence avec quelques cofondateurs, lors du lancement avec une mentalité de « faire ce qu’il y a à faire ». Une telle mentalité n’inclut habituellement pas d’intérêt pour la diversité; et lorsqu’elle le fait, c’est perçu comme étant bien à avoir plutôt qu’essentiel.

Sans un intérêt intentionnel par rapport à la diversité dès le départ, le biais inconscient des cofondateurs mêmes les plus compétents se retrouvera dans les milliers de décisions prises chaque jour, de la conception du produit ou service, à la stratégie de marketing et de communications, aux processus, à la culture organisationnelle et à l’embauche.

Ajoutez un cycle de financement et commencez à croître et du nouveau talent est embauché rapidement. La conséquence est que sans un effort délibéré afin d’embaucher du talent diversifié dès le départ, il est vraisemblable que les cofondateurs embaucheront des personnes qui ont le même aspect et les mêmes comportements qu’eux (et qui proviendront souvent de leurs réseaux existants). Bien qu’il n’y ait rien de fondamentalement mal avec ceci, de s’inspirer du concept d’explosion combinatoire nous aide à comprendre pourquoi les cofondateurs peuvent soudainement se retrouver avec une équipe qui manque de diversité : en apparence, en comportements et en mentalité.

Si vous avez quatre personnes dans votre équipe, combien de relations un à un existent au sein du groupe? La réponse est six. Lorsque vous embauchez quatre nouveaux membres de l’équipe et que vous doublez votre équipe pour arriver à huit, il y a maintenant vingt-huit relations un à un au sein du groupe. Selon le concept de l’explosion combinatoire, lorsque vous doublez votre équipe de quatre à huit, le nombre de relations au sein du groupe quintuple presque.

Le problème est que le nombre de relations entre les personnes augmente beaucoup plus rapidement que le nombre réel de personnes. Ainsi, la dette de la diversité change d’une accumulation graduelle à une accumulation soudaine, surtout lorsqu’une entreprise commence à croître.
Pourquoi ce raisonnement est-il pertinent? Éventuellement, cette croissance en complexité de relations rend difficile d’encourager des personnes qui ont un aspect, des comportements et qui pensent différemment de se joindre à votre équipe, ce qui place votre entreprise dans une position d’énorme désavantage socioéconomique. La dette de la diversité peut atténuer le cœur et l’âme de n’importe quelle entreprise puisque la sagesse et le biais des employés influencent inévitablement la trajectoire future d’une entreprise.

Technologie canadienne : Il est temps de mener

Nous avons besoin d’une solution limpide à la crise de la dette de la diversité. Tout comme la dette financière des entreprises peut être restructurée et refinancée, comment les entreprises de technologie peuvent-elles apprendre à créer des actifs de diversité? S’il y a un secteur qui est positionné pour trouver des solutions radicales et innovatrices à un problème social, c’est celui de la technologie. Et s’il y a un pays qui peut trouver comment travailler ensemble pour créer un avenir qui bénéficie à tous et toutes, c’est le Canada. Donc Canada, si tu souhaites devenir le prochain épicentre de la technologie, c’est le temps!


Sarah Saska se consacre à aider les entreprises à naviguer à travers le territoire inexploré de la diversité et de l’inclusion. Nommée parmi les 100 Canadiennes les plus influentes par le Réseau des femmes exécutives, Sarah exploite Feminuity, une firme de consultation mondiale. Sarah siège au comité consultatif du fonds de MATCH International et elle est une fervente investisseuse avec une perspective d’analyse de genre. @sarahsaska

 

 

 


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