Des résidents d’un foyer de groupe se tournent vers un robot « à votre service »

08/29/2017
Un robot de « service collaboratif », le premier en son genre, soutient la vie saine et autonome pour les personnes souffrant de déficiences développementales et sert d’aide « intelligente » pour les travailleurs de soutien et les proches aidants

Vancouver, C.-B. — Un nouveau résident s’est installé à Camsell House, à Richmond, soit l’un des 19 foyers de groupe gérés par Developmental Disabilities Association (DDA) partout à Vancouver et à Richmond. Bien qu’il ne soit pas présent tous les jours, il suscite déjà beaucoup de réactions.

Il s’agit d’Aether, un robot de « service collaboratif », le premier en son genre, conçu et  fabriqué par JDQ Systems Inc., une entreprise de Vancouver, en partenariat avec DDA et des chercheurs de Mitacs à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et l’Université Simon Fraser (SFU). Portant le nom de la référence grecque pour le Ciel, le robot aide les résidents à mener une vie autonome et sert d’yeux supplémentaires pour le personnel de soutien.

Le rôle d’Aether n’est pas de prendre la place du personnel du foyer de groupe, précise Danielle White, directrice des services résidentiels de DDA, mais d’offrir une aide additionnelle en agissant à titre d’assistant « intelligent ». Parmi certaines responsabilités du robot, on retrouve, par exemple, détecter des chutes et des crises épileptiques, allumer et éteindre les lumières, faire des rappels sur la prise des médicaments ou inciter les résidents à effectuer leurs tâches.

La phase actuelle du projet, appelée le 3Spheres Robotics Project, a comme objectif de perfectionner les capacités de navigation et de reconnaissance d’Aether pour lui permettre de « voir » et d’« entendre ». Le robot est capable de parler, de suivre des commandes et de se déplacer d’une chambre à l’autre. Bientôt, il pourra même reconnaître Carol, une résidente de Camsell House, qui fournit de la rétroaction ayant pour but d’améliorer sa conception.

« Lorsque nous avons annoncé à Carol que nous travaillions sur la construction d’un robot, elle a dit qu’elle aimerait un robot avec qui jouer aux cartes et qui serait son amie », dit Mme White, en précisant que le rôle social du robot est aussi important que son rôle lié à la sécurité.

Sina Radmard, un chercheur postdoctoral Mitacs à UBC est à la tête de l’équipe qui aide Aether à naviguer dans Camsell House de façon sécuritaire et agit en tant que gestionnaire de recherche du projet. Un défi particulier, explique-t-il, est la capacité de programmer Aether de sorte qu’il puisse reconnaître et répondre de manière appropriée lorsque les résidents ont un comportement inattendu. « Leurs réactions sont parfois imprévisibles. La sécurité est donc notre priorité », affirme-t-il.

Pour personnaliser les services du robot, les concepteurs de logiciels de JDQ ont lié l’application de calendrier de Microsoft Office 365 au programme Alchemist de DDA, un logiciel de gestion des objectifs personnels et des plans de service des résidents. Ils travaillent aussi pour qu’Aether puisse agir comme concierge, gérant les horaires des résidents selon un calendrier électronique, et permettre à DDA d’enregistrer des données importantes pouvant être utilisées pour mesurer les résultats ou revoir les objectifs des résidents, explique Jon Morris, président de JDQ Systems.

« Lorsqu’un robot connaît votre calendrier personnel, il interagit mieux avec vous socialement. Au lieu d’attendre pour que vous lui posiez une question, il amorce le dialogue », explique M. Morris, qui loue les mérites de Mitacs d’avoir reconnu et soutenu la façon unique dont le projet a réuni l’entreprise ainsi que les secteurs à but non lucratif et universitaire en faveur de l’innovation sociale.

« Aether sera aussi capable de compiler et d’enregistrer les réponses des résidents, ajoute-t-il. Si Aether détecte qu’un résident démontre de l’intérêt continu pour une activité en particulier comme la natation ou les quilles, le personnel de DDA pourra en être informé et faire en sorte qu’il puisse pratiquer l’activité. »

Avec un prototype fonctionnel et un plan de commercialisation prévus d’ici juin 2018, la présence d’Aether fait déjà une différence, confirme Mme White. « Nous avons un monsieur qui est arrivé ici il y a 35 ans comme jeune homme dynamique atteint du syndrome de Down, mais qui est aujourd’hui très passif et s’endort la plupart du temps, dit-elle. Lorsque le robot est entré dans sa chambre, il s’est redressé et s’est mis à rigoler. C’est à ce moment que nous nous sommes dit “Bingo! Nous avons mis le doigt sur quelque chose.” »

Les plans pour le futur prévoient de donner à Aether une capacité olfactive en identifiant efficacement des particules dans l’air ayant en vue de détecter des situations comme l’incontinence, la fumée ou des fuites de gaz. Les chercheurs étudient aussi la possibilité de capacités tactiles et de caractéristiques sensorielles comme les fibres optiques, la projection de lumière, des sons ainsi que des sonneries depuis que les études ont démontré qu’ils peuvent contribuer à réduire l’anxiété chez les personnes ayant des déficiences développementales.

Pour l’instant, DDA sert de terrain d’essai pour Aether, mais les marchés futurs comprennent le soutien aux proches aidants qui prennent soin d’un membre de la famille à domicile ainsi que les personnes aînées qui vivent de façon autonome. « Aether est une valeur de sécurité ajoutée pour aider à alerter le personnel, précise Mme White. Idéalement, j’aimerais un robot à chaque emplacement. Il diminue la pression sur le personnel et leur permet de se consacrer à d’autres tâches comme, entre autres, enseigner aux résidents à cuisiner ou à utiliser un iPad. »

Faits en bref

  • Mitacs est un organisme national sans but lucratif qui conçoit et met en œuvre depuis 17 ans des programmes de recherche et de formation au Canada.
  • Les stages Mitacs servent d’intermédiaire entre les entreprises et les organismes ainsi que des étudiants des cycles supérieurs et des chercheurs postdoctoraux qui mettent leur expertise spécialisée à profit pour relever des défis de recherche.
  • De concert avec 60 universités, des milliers d’entreprises ainsi que les gouvernements fédéral et provinciaux, Mitacs établit des partenariats qui appuient l’innovation industrielle et sociale au Canada. Ouverts à toutes les disciplines et tous les secteurs de l’industrie, les projets peuvent couvrir un large éventail de domaines tels que la fabrication, les processus opérationnels, les TI, les sciences sociales, la conception et plus.

###

 

 

Remove

 

 

 


Contact pour les médias
 

Heather Young
Directrice, Communications
Mitacs
hyoung@mitacs.ca
604-818-0020