Un nouveau projet de génomique a pour but de réduire la co-infection du saumon atlantique

10/12/2016

Halifax, N.-E. — Des scientifiques de l’Université Memorial et de l’Unversité de l’Île-du-Prince-Édouard (UIPE) font équipe avec une entreprise partenaire, EWOS/Cargill, pour mettre au point des régimes alimentaires thérapeutiques pour le saumon atlantique d’élevage. Cette initiative pourrait se traduire par des poissons en meilleure santé et par des économies substantielles pour le secteur canadien de l’aquaculture.

Ce projet de 4,5 millions de dollars intitulé Gestion intégrée des agents pathogènes de co-infection dans le saumon atlantique a été annoncé hier par le secrétaire parlementaire pour les Sciences, Terry Beech. Il s’agit de l’une des six collaborations de recherche nationales attribuées dans le cadre du Programme de partenariats pour les applications de la génomique (PPAG) de Génome Canada.

L’équipe scientifique du projet est formée des co-dirigeants Matthew Rise, Ph. D., professeur au Département des sciences océanographiques de la Faculté des sciences de l’Université Memorial, et Richard Taylor, Ph. D., chercheur scientifique principal du Cargill Innovation Center, ainsi que de Mark Fast, Ph. D., professeur agrégé en santé du poisson au Collège vétérinaire de l’Atlantique de l’UIPE.

« Lors d’une éclosion, il arrive souvent que le poisson soit infecté simultanément par de nombreux pathogènes, comme des poux de mer, des bactéries et des virus. Cela peut représenter d’importantes pertes économiques pour les aquaculteurs », explique M. Taylor.

« Notre recherche fonctionnelle en génomique permettra de déterminer les mécanismes moléculaires en cause dans les réactions du saumon aux coinfections. Cette recherche débouchera sur l’élaboration de meilleures nourritures permettant d’améliorer les traitements afin de combattre les coinfections », souligne M. Rise.

Relativement peu de recherches ont été effectuées sur les coinfections du saumon parce que de telles recherches exigent un savoir-faire spécialisé et une infrastructure d’installations d’essai complexe. M. Taylor fait remarquer que la nourriture contre les coinfections est un aspect nouveau dans le secteur du saumon et une priorité élevée pour EWOS/Cargill. « L’expertise de l’équipe de recherche ainsi que la collaboration entre EWOS/Cargill, l’Université Memorial et l’UIPE permettront à cette recherche d’aller de l’avant. »

Selon M. Fast, le projet pourrait avoir une incidence importante sur l’aquaculture dans le Canada atlantique et dans l’ensemble du pays. « Cette recherche pourrait permettre d’élaborer un système intégré de gestion des pathogènes pouvant réduire les pertes de poisson dans une proportion pouvant atteindre 20 % de façon générale, et même 50 % dans le cas de certaines maladies. »

On estime qu’en ayant recours à la nourriture thérapeutique, le secteur canadien de l’aquaculture pourrait réaliser des économies se chiffrant à 57 millions de dollars par année, tout en diminuant l’utilisation de traitements chimiques et en réduisant au minimum le risque de transmission de pathogènes au saumon sauvage.

Le financement du projet Gestion intégrée des agents pathogènes de co-infection dans le saumon atlantique se présente comme suit : 1,5 million de dollars par le gouvernement du Canada par le biais de Génome Canada, 2,2 millions de dollars par EWOS/Cargill, 500 000 $ par la Research & Development Corporation of Newfoundland & Labrador (RDC), 90 000 $ par Mitacs, 101 000 $ par l’UIPE, et 51 000 $ par l’Université Memorial.

Ce projet repose sur la recherche effectuée par l’équipe sur certains pathogènes touchant le saumon atlantique d’élevage. Ce projet antérieur, qui est toujours en cours, a également été financé par le PPAG de Génome Canada. Les deux projets sont gérés par Genome Atlantic.

Citations :

Steve Armstrong, président et chef de la direction, Genome Atlantic

« Les technologies de la génomique forment une série d’outils transformateurs qui peuvent nous aider à trouver des solutions dans de nombreux autres secteurs. Nous sommes heureux de continuer de travailler avec nos partenaires du secteur privé et du milieu universitaire afin de réaliser d’importantes percées qui profiteront au secteur de l’aquaculture ici, dans le Canada atlantique, ainsi qu’à l’échelle nationale. »

Mark Ploughman, chef de la direction par interim, Research & Development Corporation

« Il est essentiel de comprendre et de gérer les facteurs ayant une incidence sur la santé du poisson pour le secteur de l’aquaculture. Grâce à la R.-D. novatrice et à la collaboration entre les chercheurs universitaires et le secteur privé, l’application de la génomique dans ce projet pourrait permettre des percées importantes dans le secteur du saumon, tout en réduisant le taux d’infection et en renforçant la compétitivité dans le marché des fruits de mer. »

Alejandro Adem, chef de la direction et directeur scientifique, Mitacs

« Notre partenariat avec le professeur Rise à l’Université Memorial et EWOS Innovation témoigne de l’engagement mutuel de Mitacs et de Génome Canada pour soutenir la prochaine génération d’innovateurs du Canada. Leur recherche en génomique joue un rôle important pour relever des défis multisectoriels, tout en ayant des retombées positives sur l’économie. »

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Photo: Matthew Rise, professeur au Département des sciences océanographiques de la Faculté des sciences de l’Université Memorial.

 

 


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