Un projet financé par Mitacs exhorte les Canadiennes et les Canadiens à transformer leur perception des athlètes d’handisport

08/24/2021
Alors que les Jeux paralympiques commencent, une initiative dirigée par l’Université Queen’s vise à rehausser l’inclusion même au sein de la communauté de l’handisport

Kingston, Ont. — À l’occasion de l’ouverture des Jeux paralympiques d’été 2020 de Tokyo, une équipe de recherche de l’Université Queen’s demande aux Canadiennes et aux Canadiens non seulement de regarder l’événement sportif, mais aussi de remarquer le manque d’inclusion, un problème qui sévit même au sein de la communauté de l’handisport. 

« Nous avons une image de ce à quoi doivent ressembler les athlètes, et souvent, une personne vivant avec un handicap important n’entre pas dans ce cadre. Elle passe donc sous le radar des occasions et des projecteurs », relate Amy Latimer-Cheung, Ph.D., une professeure de la Faculté de kinésiologie et des études sur la santé de l’Université Queen’s. Elle dirige un projet de recherche sur plusieurs années et financé par Mitacs pour créer un milieu sûr, accueillant et inclusif pour les athlètes d’handisport canadiens de tous les niveaux. Le projet compte également sur la supervision de Laura Misener, Ph.D., professeure agréée à l’École de kinésiologie de l’université Western.

Selon Amy Latimer-Cheung, la couverture que font les médias des athlètes d’handisport est non seulement limitée, mais donne également la priorité à certains événements au détriment d’autres activités pratiquées par des athlètes plus mobiles. « Par exemple, aux Jeux paralympiques, on peut voir des athlètes de la course utilisant des prothèses de haute technologie, mais on ne verra peut-être pas les athlètes qui utilisent un fauteuil roulant électrique pour jouer à la boccia. » 

« Un athlète, c’est un athlète. Certaines performances sportives ont peut-être l’air différente de ce à quoi nous sommes habitués, mais nous devons plutôt regarder et apprécier l’adresse et les performances athlétiques incroyables de tous les athlètes, peu importe leur niveau d’aptitude », explique-t-elle. « Le moment est venu pour les Canadiennes et les Canadiens de transformer leur perception des athlètes. » 

L’effort de recherche d’Amy Latimer-Cheung, auquel participeront sept stagiaires de recherche Mitacs de l’Université Queen’s et de l’Université Western sur plusieurs projets au cours des deux prochaines années, comprendra des entrevues avec des personnes qui vivent avec un handicap, y compris des athlètes paralympiques, pour mieux cerner les solutions qui permettront de créer des occasions de participation.  

L’équipe de recherche collabore avec le Comité paralympique canadien, l’Ontario Parasport Collective, PowerHockey Canada et d’autres parties prenantes pour combler les lacunes dans la programmation sportive communautaire pour les athlètes ayant un handicap.  

« Il y a très peu d’opportunités sportives au pays pour des athlètes comme moi, en fauteuil roulant électrique », explique l’ancien joueur Paul Desaulniers, président de PowerHockey Canada et atteint de dystrophie musculaire. « La communauté des personnes handicapées est elle-même peu au courant de ces opportunités, et pourtant, les possibilités pour le sport d’avoir un effet durable sur la vie sont infinies. Nous travaillons ensemble à changer le paysage de l’handisport au Canada. » 

Mettre les sports en fauteuil roulant électrique à l’avant-plan et créer des occasions pour les bénévoles 

Un secteur qui est particulièrement sous-représenté au Canada est le sport pratiqué en fauteuil roulant électrique.  

Jordan Herbison, stagiaire Mitacs et chercheur au postdoctorat à l’Université Queen’s et à l’Université McGill, travaille avec PowerHockey Canada et des partenaires communautaires pour mettre au point un programme de sport en fauteuil roulant électrique de grande qualité et plus inclusif au Canada, en commençant par l’Ontario. Sa recherche, qui comporte des entrevues et des sondages auprès des athlètes et des administratrices et administrateurs de sport, sera à la base d’un cahier de stratégies sur l’inclusion visant à offrir aux prestataires de programmes communautaires sportifs les outils et les connaissances qu’il leur faut pour créer plus d’occasions pour les personnes en fauteuil roulant électrique, et pour assurer une expérience positive. 

« Je suis convaincu que le sport peut avoir un effet positif sur la vie des gens et que toutes les personnes qui le désirent devraient avoir la chance de ressentir les bienfaits du sport », explique Jordan Herbison, en faisant référence au projet comme étant une excellente occasion d’apprentissage. « J’acquiers une meilleure compréhension des besoins et des défis des athlètes ayant besoin d’un haut niveau de soutien, et j’ai hâte de travailler avec nos partenaires communautaires pour avoir un impact positif sur l’handisport partout au Canada. » 

Un autre projet, dirigé par la stagiaire Mitacs et étudiante à la maîtrise de l’Université Queen’s Alyssa Grimmes, vise à élaborer un entraînement normalisé que toutes les organisations sportives puissent utiliser pour attirer et retenir de nouveaux bénévoles, puisque bon nombre de programmes d’handisport reposent sur les bénévoles pour leur fonctionnement. « Nous savons que le manque de bénévoles est un obstacle majeur à l’accessibilité des programmes », explique Amy Latimer-Cheung. « Si nous pouvons aider à créer une expérience bénévole de grande qualité, nous espérons que cela augmentera leur niveau d’engagement et que ce sera le début d’une passion qui les incitera à continuer de soutenir l’handisport à long terme. » 

Même si un véritable changement est nécessaire au Canada pour veiller à ce que les athlètes avec un handicap puissent profiter des mêmes occasions sportives que les personnes sans handicap, Amy Latimer-Cheung croit que les clubs de sport veulent se transformer. Ils ont tout simplement besoin de savoir comment.  

« Alors que l’équité, la diversité et l’inclusion arrivent à l’avant-plan, nous sommes à un tournant dans le monde du sport, et je suis très heureuse d’en faire partie », sourit-elle. « Ce n’est plus suffisant de dire que vous offrez un programme d’handisport. Au final, après une activité sportive, les athlètes ont besoin d’avoir eu du plaisir et d’avoir ressenti qu’ils et elles ont de la valeur et sont importants. C’est exactement ce que notre recherche vise à leur assurer. » 

Faits en bref : 

  • Mitacs est un organisme sans but lucratif qui favorise la croissance et l’innovation au Canada en résolvant des défis d’affaires à l’aide de solutions de recherche des établissements d’enseignement. 
  • Mitacs est financé par le gouvernement du Canada ainsi que le gouvernement de l’Ontario, le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, Innovation PEI, le gouvernement du Québec, le gouvernement de la Saskatchewan, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement du Yukon. 

En savoir plus : 

Pour en savoir plus sur Mitacs et nos programmes, visitez le mitacs.ca/fr/nouvelles

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