Un titulaire de doctorat...dans le secteur privé

05/23/2018
Un nombre croissant de titulaires de doctorat en Alberta trouvent un emploi gratifiant à l’extérieur du milieu universitaire compte tenu d’emplois décroissants menant à la permanence

Calgary, Alberta – Un an après la parution d’un rapport de l’Université de la Colombie-Britannique indiquant qu’un tiers des titulaires de doctorat canadiens se retrouvent dans des postes universitaires traditonnels, un nombre croissant de ceux-ci en Alberta trouvent des carrières gratifiantes dans le secteur privé, incluant au sein d’entreprises inattendues.

« Les statistiques montrent qu’environ 75 pour cent des titulaires de doctorat ne décrochent pas un emploi dans le milieu universitaire, ce qui mène à un débat national à savoir si les compétences des esprits les plus brillants de notre pays sont pleinement exploitées », dit Alejandro Adem, chef de la direction et directeur scientifique de Mitacs, un organisme national sans but lucratif qui s’associe avec des entreprises partenaires, le gouvernement et le milieu universitaire pour promouvoir la recherche et la formation canadienne.

« En réalité, l’expertise requise pour obtenir un doctorat se transfère facilement à divers parcours professionnels et nous commençons à voir des titulaires de doctorat dans différentes industries; parmi lesquelles certaines sont surprenantes », affirme M. Adem.

Les universités canadiennes produisent environ 6 000 titulaires de doctorat chaque année. Le nombre de titulaires de doctorat et de chercheurs postdoctoraux qui acceptent des postes dans le secteur privé après avoir participé à un stage de Mitacs a augmenté de 13 pour cent à l’échelle nationale entre 2013 et 2016, et approximativement un sur cinq s’est joint à l’équipe de son organisme partenaire. Ali Zareian, qui a obtenu un doctorat en génie mécanique de l’Université de Calgary, est l’un deux.

Après avoir travaillé comme stagiaire à Zephyr Sleep Technologies, un producteur calgarien de dispositifs de pointe dans la gestion et le traitement des troubles du sommeil, M. Zareian s’est fait offrir un poste à temps plein en tant que gestionnaire de projet au sein de l’équipe de recherche et de développement de l’entreprise. 

« Je n’ai aucune formation en génie biologique, mais je sais comment mettre à profit mes compétences pour apprendre de nouvelles technologies et savoir comment elles peuvent contribuer à faire progresser notre gamme de produits », dit M. Zareian, qui explique qu’il a rapidement réalisé que sa spécialisation en dynamique des fluides et appareillage était facilement transférable au système respiratoire d’un patient.

Dans le cadre de son poste à temps plein, M. Zareian continue de s’instruire dans de nouveaux domaines, acquérant dernièrement des compétences en apprentissage automatique et en science des données. Il croit que son éducation supérieure l’a préparé pour sa carrière en lui inculquant une mentalité menant à la résolution de problèmes.

« J’ai une connaissance approfondie des bases en sciences, mais ça ne veut pas dire que je dois utiliser des équations détaillées chaque fois que je réalise une tâche, dit-il. J’ai trouvé un moyen de transférer mes compétences à un environnement commercial. »

L’embauche d’un titulaire de doctorat n’était pas dans les plans de l’entreprise, avoue la cofondatrice et directrice de la technologie, Sabina Bruehlmann. Ils étaient plutôt à la recherche d’un expert chevronné pouvant les aider à résoudre un problème complexe lié au développement continu d’un produit. Un stagiaire était une option moins coûteuse.

« Mitacs nous a mis en lien avec un étudiant qui pouvait puiser dans l’expertise de son professeur pour répondre à notre question de recherche. En retour, il a été exposé à notre entreprise, raconte Mme Bruehlmann. La relation s’est épanouie à partir de là. »

Durabuilt Windows and Doors, établie à Edmonton,est un autre exemple d’entreprise albertaine ayant tiré parti de l’expertise doctorale. Après avoir embauché Yanan Xie, titulaire de doctorat en génie mécanique, à titre de stagiaire postdoctoral pour effectuer des analyses d’écart approfondies alors que l’entreprise faisait la transition d’une plateforme logicielle d’entreprise vers une autre, elle a créé un poste à temps plein pour M. Xie à titre de chef d’équipe du développement de logiciels. M. Xie croit fermement que l’occasion s’est uniquement présentée parce qu’il a eu la chance de faire preuve de sa valeur directement.

« Ils commencent à connaître mon travail et à voir où j’apporte de la valeur ajoutée à l’entreprise, » dit M. Xie, qui cherche continuellement à trouver des moyens d’améliorer l’efficience et les processus actuels.

Avant d’avoir accepté le stage avec Durabuilt, il était frustré par le fait que les entreprises ont tendance à passer par-dessus les titulaires de doctorat. En fait, plusieurs professionnels des ressources humaines lui ont dit de s’attendre à ce que son CV « se retrouve aux poubelles ».

« Je pense qu’on peut en faire plus pour créer des occasions pour les titulaires de doctorat de contribuer au secteur privé », dit-il. 

Mme Bruehlmann de Zephyr Sleep Technologies estime que les compétences doctorales peuvent s’adapter à tout environnement commercial et considère les stages comme un outil essentiel pour rendre cela possible. C’est un outil qu’elle aurait aimé connaître lorsqu’elle poursuivait son doctorat en génie biomédical à l’Université de Calgary.

À l’époque, la recherche de Mme Bruehlmann visait les maux de dos. Elle n’envisageait pas d’aider à lancer une entreprise en démarrage liée à la gestion des troubles du sommeil. En fait, elle se souvient avoir ressenti beaucoup de frustration à essayer de trouver un parcours de carrière avant de rencontrer ses cofondateurs.

« Cela peut être épeurant pour les titulaires de doctorat. On investit six ans et, à la fin, il n’y a pas un rôle précis dans le secteur privé auquel on peut postuler. Il n’y a pas de cases à cocher dans un formulaire pour montrer ce qu’on fait, explique Mme Bruehlmann. L’expérience pratique par l’entremise d’un stage aide l’entreprise et le diplômé à réaliser le vrai potentiel de l’éducation doctorale d’un stagiaire ».

Faits en bref :

  • Mitacs est un organisme national sans but lucratif qui conçoit et met en œuvre depuis 19 ans des programmes de recherche et de formation au Canada. Mitacs est financé par les gouvernements fédéral et provinciaux ainsi que des partenaires universitaires et des organismes partenaires.
  • Les stages de Mitacs servent d’intermédiaire entre des entreprises et des organismes ainsi que des étudiants des cycles supérieurs et des chercheurs postdoctoraux qui mettent leur expertise spécialisée à profit pour relever des défis de recherche.
  • De concert avec plus de 60 universités, des milliers d’entreprises ainsi que les gouvernements fédéral et provinciaux, Mitacs établit des partenariats qui appuient l’innovation industrielle et sociale au Canada. Ouverts à toutes les disciplines et tous les secteurs de l’industrie, les projets peuvent couvrir un large éventail de domaines tels que la fabrication, les processus opérationnels, les TI, les sciences sociales, la conception et plus.

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