Une entreprise du grand Toronto collabore avec une chercheuse de Waterloo afin de développer la première piqûre au doigt pour dépister l’insuffisance cardiaque

03/28/2018

Toronto, ON — La surveillance de l’insuffisance cardiaque tant à l’hôpital qu’à la maison est sur le point d’être plus simple, plus efficace et moins dispendieuse grâce à une nouvelle technologie de piqûre du doigt élaborée par une chercheuse de Mitacs à l’Université de Waterloo avec l’appui de l’entreprise en démarrage LeNano Diagnostics Inc. de Mississauga.

Considérée comme une technologie perturbatrice, la trousse de test fonctionne de façon semblable au glucomètre pour les diabétiques. Les patients piquent simplement leur doigt, essuient le sang sur une bandelette spéciale, l’insèrent dans un lecteur électronique et obtiennent un chiffre en 20 minutes. Un chiffre élevé signifie une plus grande concentration de peptide natriurétique cérébral (PNC) dans le sang, qui indique que le patient est susceptible d’insuffisance cardiaque.

« Le PNC est l’un des biomarqueurs cardiaques les plus importants utilisés par les professionnels de la santé afin de diagnostiquer l’insuffisance cardiaque », affirme le PDG de LeNano Diagnostics, Charles Lu. Il a expliqué que les tests actuels prennent plus de temps, jusqu’à 24 heures pour le test en laboratoire le plus commun, qui requiert de la machinerie complexe utilisée par des professionnels de laboratoire, ou qui sont moins précis, fournissant une réponse « oui » ou « non » afin de reconnaître la présence de PNC plutôt que de fournir le niveau de concentration réel.

De plus, « les patients avec des problèmes cardiaques ont habituellement besoin de retourner à l’hôpital pour consulter leur médecin pour le test, explique-t-il. Notre trousse est facile à utiliser et donne des résultats précis et quantitatifs, permettant aux patients de surveiller leurs niveaux de la maison. »

M. Lu ajoute que le test est aussi compatible avec Bluetooth. Les résultats peuvent donc automatiquement être communiqués à un fournisseur de soin à distance. Si les niveaux sont élevés, un médecin peut intervenir afin de conseiller à un patient d’ajuster sa routine ou d’appeler une ambulance, par exemple.

La technologie est aussi conçue pour être utilisée par les cliniciens d’un service d’urgence ou d’un autre milieu de soins de santé où une évaluation rapide et précise est essentielle.

Selon Yael Zilberman-Simakov, une chercheuse financée par Mitacs, un organisme sans but lucratif national de recherche et de formation, qui mène une équipe multidisciplinaire de recherche et développement à Waterloo, « le principal objectif de notre travail est d’aider les personnes qui souffrent d’insuffisance cardiaque chronique à mieux vivre et à vivre plus longtemps. »

« Ce qui est unique de cette technologie révolutionnaire est qu’elle utilise des capteurs électriques peu dispendieux plutôt que des capteurs optiques à coût élevé », dit Mme Zilberman-Simakov, une experte en nanomatériaux. Elle a passé la dernière année et demie à raffiner le prototype du produit et à optimiser les microcapteurs biomédicaux utilisés pour détecter le PNC dans le sang.

Avec des projets pilotes qui doivent commencer bientôt, elle a expliqué que l’ampleur du marché commercial pour les trousses de test est immense. En commençant au Canada avant de se lancer aux  É.-U., en Europe et en Asie, elle dit que l’équipe est enthousiaste par rapport au potentiel d’offrir un test par piqûre du doigt à faible coût afin d’aider environ 600 000 Canadiens qui vivent actuellement avec l’insuffisance cardiaque chronique, et les 50 000 de plus qui sont diagnostiqués chaque année. Les statistiques du Réseau canadien d’insuffisance cardiaque démontrent que près d’un quart de ces patients seront probablement réadmis à l’hôpital dans l’année qui suit leur diagnostic.

« Avec notre nouveau système de test, nous pouvons alléger une partie du fardeau sur le système de soins de santé tout en fournissant un environnement plus réconfortant pour que les patients puissent gérer leur propre condition de santé, affirme M. Lu. C’est une solution de haute technologie à faible coût et efficace pour des soins de santé abordables. »

Faits en bref :

  • Mitacs est un organisme national sans but lucratif qui conçoit et met en œuvre depuis 18 ans des programmes de recherche et de formation au Canada. Mitacs est financé par les gouvernements fédéral et provinciaux ainsi que des partenaires universitaires et des organismes partenaires.
  • Les stages de Mitacs servent d’intermédiaire entre des entreprises et des organismes ainsi que des étudiants des cycles supérieurs et des chercheurs postdoctoraux qui mettent leur expertise spécialisée à profit pour relever des défis de recherche.
  • De concert avec 60 universités, des milliers d’entreprises ainsi que les gouvernements fédéral et provinciaux, Mitacs établit des partenariats qui appuient l’innovation industrielle et sociale au Canada. Ouverts à toutes les disciplines et tous les secteurs de l’industrie, les projets peuvent couvrir un large éventail de domaines tels que la fabrication, les processus opérationnels, les TI, les sciences sociales, la conception et plus.

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