Québec Science : La pharmacopée de Mère Nature

04/11/2020
De la cuisine de sa grand-mère aux labos de l’UQTR, Isabel Desgagné-Penix poursuit sa quête: percer les secrets des plantes médicinales.

Qui aurait cru que des cataplasmes de moutarde allaient pousser une jeune fille brillante et curieuse à entreprendre des études qui la mèneraient un jour à produire des cannabinoïdes à partir de microalgues ? C’est pourtant le fabuleux destin d’Isabel Desgagné-Penix, professeure de biochimie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Aujourd’hui titulaire de la Chaire de recherche sur l’ingénierie métabolique des microalgues et de la Chaire de recherche du Canada sur le métabolisme spécialisé végétal, cette biochimiste d’origine innue cumule les honneurs, notamment un Prix Mitacs – soulignant son leadership exceptionnel – de même que le Prix Lee-Lorch, qui récompense la qualité de son enseignement et de sa recherche. C’est sans oublier son implication au sein de la communauté, tout particulièrement auprès des groupes autochtones.

Sans fard et avec une bonne dose d’humour, elle nous raconte ici son parcours, où s’entremêlent souvenirs d’enfance, récits de chamans, histoires d’amour passionnel et connaissances biochimiques hyper pointues, le tout porté par une détermination hors du commun.

QS Pourquoi avez-vous choisi d’étudier les plantes médicinales ?
Plus jeune, je lisais beaucoup de livres, parfois romancés, qui parlaient de plantes ou de chamans. Je voyais ma grand-mère et nos voisines qui préparaient des cataplasmes de moutarde quand j’avais la grippe, et toutes sortes d’autres décoctions. Des fois, ça marchait, et des fois, ça ne marchait pas. Je me suis toujours demandé comment ces plantes pouvaient nous guérir… ou pas !

QS Et aujourd’hui, comprenez-vous pourquoi ?
Bien sûr ! Prenez le chaga, un champignon médicinal utilisé par les Premières Nations. Il contient des milliers de molécules, toutes avec des propriétés différentes. On y trouve des sucres, des composés phénoliques, des stérols et des vitamines. Les sucres sont très solubles dans l’eau et les stérols sont solubles dans les graisses.

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