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Des systèmes de soutien fragmentés et du manque de capital à l’accès limité aux talents et aux marchés mondiaux, les organisations du Canada sont confrontées à d’importants défis lorsqu’il est question de transformer des idées prometteuses en résultats concrets. À Mitacs, nous aidons les organisations de toutes tailles à surmonter ces obstacles afin de concrétiser leurs objectifs d’innovation. Il existe toutefois une autre entrave moins connue que j’ai remarquée dans mon travail auprès des organisations : l’innovation n’est souvent pas clairement définie.
De quoi parle-t-on lorsqu’on dit « innovation »?
Il ne s’agit pas toujours d’une percée majeure ou d’un produit qui bouleverse le marché. L’innovation, au sens organisationnel, désigne tout acte délibéré qui crée une valeur significative pour cette organisation et ses parties prenantes. Il peut notamment s’agir du développement de produits ou de services. Cependant, l’innovation peut aussi désigner l’amélioration d’un processus qui aide l’organisation à réaliser ses activités de manière plus efficace; une nouvelle approche de marketing ou stratégie commerciale; ou la mise en œuvre d’une technologie émergente qui permet d’offrir une meilleure expérience au personnel ou à la clientèle.
Ces nuances sont importantes, car une définition restrictive de l’innovation peut lui conférer une aura de complexité qui la fait paraître inaccessible. En revanche, envisager l’innovation dans une perspective plus large permet aux organisations de la mettre en œuvre de manière plus ciblée et de mieux reconnaître la valeur des activités innovantes.
Dans une étude de 2026 du Conseil de l’innovation du Québec sur l’état de l’innovation dans la province, environ la moitié des organisations répondantes ont indiqué qu’elles n’innovent pas. Des organisations de ce groupe, la moitié d’entre elles ont expliqué cette réponse en déclarant qu’elles n’avaient pas besoin d’innover, tandis que d’autres ont mentionné que divers obstacles, comme un manque de financement ou des limitations liées à la main-d’œuvre, freinaient leur capacité d’innovation Les organisations qui ont déclaré innover s’attendent à en tirer des avantages, comme une hausse de leur chiffre d’affaires, un taux de productivité amélioré et une plus grande proportion de leurs revenus provenant des exportations.
Ces résultats sont intéressants, mais ils ne reflètent peut-être pas toute la réalité. Il n’est pas nécessairement vrai que la moitié des organisations répondantes n’innovent pas ou n’en voient pas le besoin : ce résultat découle peut-être d’un manque de clarté dans la définition de l’innovation. J’ai moi-même observé ce phénomène en aidant des organisations à définir et à structurer leurs projets de R-D. Par exemple, on me dit que l’innovation ne fait pas partie du mandat de l’organisation, mais lorsque je pose des questions sur leurs activités actuelles, on me décrit des projets qui sont innovants.
Ces organisations innovent déjà, mais elles ne le savent pas.
Un rapport de Statistique Canada de 2024 suggère que le fait de mener des activités d’innovation de manière délibérée, avec le bon type de soutien, peut s’avérer payant. Le rapport comparait le rendement d’organisations qui, entre 2009 et 2018, ont tiré parti du modèle de soutien à l’innovation de Mitacs, basé sur le cofinancement et axé sur les talents, au rendement des organisations qui n’ont pas participé. Les organisations participantes en ont tiré des avantages considérables : une hausse de 16 % des ventes, une augmentation de 9 % du chiffre d’affaires et une croissance du taux de productivité de 11 % sur sept ans comparativement aux organisations similaires n’ayant pas établi de partenariat avec Mitacs. Les organisations participantes ont également investi 37 % de plus en R-D et ont élargi leurs effectifs de 18 % de plus que leurs homologues au cours de la même période.

Reconnaître l’éventail complet de l’innovation en entreprise revient, en quelque sorte, à faire descendre le concept d’innovation de son piédestal pour l’ancrer dans la réalité. L’innovation n’a pas besoin d’être révolutionnaire ou extrêmement complexe et sophistiquée. Le processus d’innovation est souvent lent et ses résultats progressifs. Il faut considérer l’innovation comme un investissement plutôt qu’une dépense, puisqu’elle sera souvent déterminante dans la capacité d’une organisation à demeurer compétitive à long terme. Les organisations qui n’innovent pas prennent du retard sur celles qui le font, par exemple en adoptant des technologies comme l’IA qui permettent d’atteindre de nouveaux niveaux de productivité, d’optimiser les opérations et plus encore.
Dans les cas où un changement de perspective pourrait faciliter le processus d’innovation, il faut qu’il émane de la direction. En effet, la relation d’une organisation avec l’innovation et sa capacité novatrice sont généralement déterminées par sa culture. Si la direction d’une organisation n’adhère pas avec conviction au projet d’innovation, le personnel pourrait avoir plus de difficulté à mener le type d’activités qui créent une valeur significative pour l’organisation et ses parties prenantes. D’autres changements pourraient aussi aider, dont le développement d’une meilleure tolérance à l’égard de l’incertitude, qui est essentielle pour l’innovation puisqu’on ne peut jamais savoir avec certitude quels seront les résultats.
Grâce à une vision plus claire de l’innovation en entreprise, une organisation peut mieux définir son projet d’innovation et obtenir les talents et le financement nécessaires pour transformer les idées en valeur concrète. L’essentiel est de lancer le processus, par exemple en identifiant un petit problème stratégique et en le résolvant, puis de faire croître votre capacité d’innovation.
Ces considérations ne signifient pas pour autant qu’une définition restrictive de l’innovation est le seul obstacle à l’innovation au Canada, ni même le plus important. D’autres entraves, comme l’accès aux talents et au capital, sont spécifiquement mentionnées dans les résultats du sondage du Conseil de l’innovation du Québec et apparaissent aussi dans l’analyse nationale de Mitacs sur les obstacles à l’innovation en entreprise.
Il existe des programmes de soutien conçus pour relever ces défis de plus grande envergure, en commençant par ceux de Mitacs. Nous aidons les entreprises de toute taille et de tous les secteurs à faire avancer leurs projets grâce à l’accès à des talents et du soutien financier, ainsi qu’à des conseils pratiques fondés sur plus de 25 ans d’expérience à titre d’acteur clé de l’écosystème de l’innovation du Canada. Notre approche unique permet aux entreprises d’accéder aux meilleurs talents des établissements postsecondaires partout au Canada, qui peuvent aider à transformer les idées en impact concret grâce à des stages cofinancés. Nous collaborons avec plus de 200 établissements postsecondaires partout au pays : il y a donc une forte chance que l’un d’entre eux possède l’expertise dont votre entreprise a besoin pour lancer son projet.
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À titre de vice-président du développement des affaires, Simon Bousquet supervise la stratégie de prestation et les opérations de Mitacs et gère une équipe de 70 conseillers et conseillères partout au Canada qui aident les entreprises et les chercheurs et chercheuses à mettre sur pied des collaborations percutantes. M. Bousquet est titulaire d'un baccalauréat en biochimie et d'un doctorat en pharmacologie de l'Université de Sherbrooke.