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L’innovation dans le domaine des technologies de santé destinées aux animaux domestiques – chiens, chats, lapins et oiseaux – progresse et permet aux propriétaires d’accéder plus facilement aux soins nécessaires pour leurs animaux.
Mais ces avancées font défaut pour les grands animaux, dont les animaux de ferme, en raison des coûts élevés liés à la médecine vétérinaire spécialisée, ainsi qu’à l’hébergement et à l’alimentation de ces animaux. Leur croissance plus lente, qui complique les études sur leur développement, de même que des contraintes infrastructurelles expliquent aussi cet état de fait.
Le secteur équin est plus particulièrement affecté par cette situation parce que les chevaux ne font pas partie du secteur agroalimentaire canadien et aucune subvention gouvernementale n’est destinée à la recherche en matière de santé équine. Le financement provenant de sources privées, comme les clubs hippiques ou les associations d’équitation, existe aux États-Unis mais généralement pas au Canada. La recherche sur la santé équine au Canada ne bénéficie pas des mêmes possibilités de progrès que celles observées dans d’autres domaines des sciences animales.
Un doctorant s’est donné pour mission de repenser les soins pour les chevaux au Canada
En 2019, alors qu'il était doctorant à l'Université Trent, Daniel Palberg a fondé Metaboly Research Group Inc. afin de combler ces lacunes en matière d’innovation. En concentrant ses efforts sur l’analyse de données, Metaboly s’est attelé au développement d’outils et de plateformes spécifiquement conçus pour les soins des chevaux et des grands animaux en général.
L’entreprise expédie aux propriétaires de chevaux une trousse de dépistage parasitaire qui peut être renvoyée par courrier au laboratoire pour analyse. Metaboly effectue alors une cartographie du microbiome qui permet d’évaluer la santé intestinale et vaginale de l’animal, et peut aussi offrir un service de données sur mesure pour évaluer les performances sportives, la santé reproductive, les instabilités physiologiques, ainsi que la présence de contaminants dans l’alimentation. « Nous maintenons le prix de ce service à seulement 15 dollars par échantillon, explique M. Palberg, ce qui est moins cher qu’un traitement antiparasitaire. Nous avons fait ce choix pour contribuer à freiner la résistance aux médicaments antiparasitaires, une préoccupation croissante au sein de la communauté équine. » L’accessibilité des trousses de dépistage dans tout le pays permet aux propriétaires de chevaux de faire des tests avant d’entamer un traitement et ainsi de s’assurer que c'est vraiment nécessaire pour la santé de l’animal.
« Metaboly gère désormais la plus grande biobanque équine du Canada, ainsi que la plus importante base de données du pays sur le microbiome équin et l’exposition à des produits chimiques, des ressources qui renforcent les capacités de recherche de l’ensemble du secteur », déclare M. Palberg.
Ces jalons n’ont pas été atteints sans effort. Au début de ses activités, Metaboly était confrontée à deux problèmes aggravants : des possibilités extrêmement limitées de financement pour la recherche en santé équine au Canada, et un accès difficile aux outils de dépistage, en particulier pour les propriétaires de chevaux en régions éloignées.
Le financement de Mitacs permet la mise au point de la première trousse de dépistage pour les chevaux au Canada
Grâce au financement accordé par le programme Accélération Entrepreneur de Mitacs, l’équipe de Metaboly a été en mesure de mobiliser et de moderniser la technologie et l’infrastructure existantes afin de répondre aux besoins du secteur équin.
« Ces travaux ont mené au déploiement de la première trousse de tests de santé équine au pays », déclare M. Palberg. Grâce aux avancées technologiques de Metaboly, les propriétaires canadiens de chevaux peuvent pour la première fois faire tester leurs animaux afin de détecter la présence de parasites intestinaux sans avoir besoin de se rendre à un laboratoire ou à une clinique, ni même de se déplacer pour remettre des échantillons. « Si cette faille n’avait pas été comblée, la surveillance de la santé équine serait restée inaccessible aux propriétaires canadiens vivant en dehors des grands centres urbains, et le Canada aurait continué à accuser un retard par rapport à d’autres pays dotés d’une meilleure infrastructure de santé équine », ajoute M. Palberg.
Le lancement de leur premier service et la signature de leur premier contrat ont constitué une étape majeure pour toute l’équipe : « C’était la preuve que notre concept n’était pas seulement valable en théorie, mais qu’il était viable sur le marché », explique M. Palberg.
La subvention de Mitacs a également donné à l’entreprise les moyens de bonifier son équipe et de poursuivre le développement de son innovation biotechnologique.
« La subvention Accélération Entrepreneur de Mitacs nous a permis de renforcer notre maturité technologique et d’embaucher deux nouveaux biologistes pour faire progresser encore davantage la plateforme. »
Daniel Palberg, cofondateur, Metaboly Research Group Inc.
L’entreprise a ainsi pu développer ATLAS, « une nouvelle plateforme de test qui analyse le microbiome de l’intestin postérieur des chevaux : ATLAS est un résultat direct des acquis de ce projet », ajoute-t-il.
Les avancées technologiques et en matière de données de Metaboly lui ont permis de mettre en place sa biobanque, qui a non seulement changé la donne pour les propriétaires de chevaux, mais aussi pour toutes les personnes qui s’occupent de chevaux à travers le pays, y compris les vétérinaires et les chercheurs.
Prochaines étapes : maladies chroniques et santé reproductive
Les travaux de recherche actuels de Metaboly sur le microbiome sont élargis afin d’inclure les maladies chroniques, dont les coliques et la fourbure, une douloureuse inflammation des tissus mous du sabot du cheval. « Nous nous lançons aussi dans notre projet le plus ambitieux à ce jour : cartographier le microbiome de l’appareil reproducteur de la jument afin de comprendre comment les microbes bénéfiques et nuisibles influencent le développement du poulain, la gestation et la santé reproductive globale » explique M. Palberg.
L’impact de l’entreprise sur le secteur équin ne fait que commencer.