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Découvrez d’autres histoires sur Mitacs et les innovations révolutionnaires menées par les étudiantes et étudiants et les chercheuses et chercheurs au postdoctorat.
Marie Marbaix, étudiante en ingénierie française, passe cet été dans un laboratoire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe à extraire l’ADN des abeilles domestiques, dans le but de comprendre le rôle des parasites et des virus dans la perte des ruches d’abeilles domestiques.
« Je m’intéresse beaucoup à la virologie; c’est un domaine que je voulais approfondir, pour peut-être pouvoir y travailler plus tard », a déclaré Marbaix, qui est en deuxième année d’un diplôme en génie biotechnologique à l’Université d’Aix-Marseille en Provence, dans le sud de la France.
« C’est un projet vraiment innovant et important parce que le déclin des abeilles est un phénomène croissant et il est très important de trouver des solutions. Pour ça, il faut faire de la recherche. »
Marbaix fait partie des 1 200 étudiants internationaux qui participent à des stages dans 55 universités canadiennes cet été grâce au programme Mitacs Globalink. Mitacs est un organisme national à but non lucratif qui met en relation des étudiants postsecondaires du monde entier avec des chercheurs universitaires canadiens de toutes disciplines travaillant sur des projets considérés comme « axés sur l’innovation ».
Depuis 2009, Mitacs conçoit et livre des programmes de recherche financés par les gouvernements fédéral et provinciaux, en partenariat avec l’industrie et les universités canadiennes. En 2017, le gouvernement fédéral a annoncé un financement de 221 millions de dollars sur cinq ans, suffisant pour étendre le programme à 10 000 stages par année d’ici 2020.
Les recherches de Marais sur les abeilles font partie d’un projet à long terme du professeur de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, Levon Abrahamyan, en collaboration avec sa collègue Marie-Odile Benoit-Biancamano.
Les scientifiques étudient une théorie suggérant que les abeilles infectées par un parasite commun des abeilles domestiques appelé l’acarien Varroa destructor sont plus vulnérables à une multitude d’autres virus, ce qui affecte négativement leur espérance de vie et leur performance en tant que pollinisateurs.
« Nous savons qu’il existe plusieurs facteurs de stress qui causent le déclin des populations d’abeilles », a déclaré Abrahamyan. « Ici au Canada, nous avons des facteurs de stress supplémentaires liés à la perte extrême de colonies d’abeilles domestiques pendant l’hiver. … Ce phénomène est important sur le plan économique et écologique, car les abeilles sont les principaux pollinisateurs des fleurs et des plantes agricoles. »
Une étude de 2007 sur l’importance des pollinisateurs a révélé qu’une bouchée sur trois d’aliments consommés par les humains est rendue possible par des pollinisateurs comme les abeilles domestiques. Et une étude de 2016 d’Agriculture et Agroalimentaire Canada a estimé la contribution économique des abeilles domestiques en tant que pollinisatrices à la production de fruits et légumes au Canada à 720 millions de dollars.
« Les scientifiques croient que l’acarien Varroa destructor pourrait être un vecteur de transfert de virus, mais Abrahamyan a dit que très peu de virus affectant les abeilles sont bien compris.
« En gros, ce que nous proposons, c’est de caractériser et d’identifier tous les virus qui affectent les abeilles. Nous voulons les étudier temporellement et spatialement, ce qui est un projet à long terme. »
Il a dit que l’objectif ultime de la recherche est de découvrir des mesures pour améliorer les taux de survie des abeilles.
« Il existe plusieurs facteurs de stress qui peuvent causer la mortalité des populations d’abeilles domestiques dans le monde, cependant, les virus sont probablement l’un des facteurs les plus importants — mais les moins étudiés — de ce phénomène », a déclaré Abrahamyan.
Marbaix a dit qu’elle est enthousiaste à l’idée de pouvoir travailler dans un grand laboratoire universitaire avec des chercheurs de renom si tôt dans sa carrière universitaire. Elle apprend une technique appelée séquençage à haut débit, qui lui permet d’extraire et de comparer l’ADN et l’ARN (acide ribonucléique) des abeilles affectées ou non par l’acaren.
« Pour l’instant, j’apprends juste les techniques d’extraction, mais le projet lui-même ne fait que commencer, donc dans d’autres phases, nous identifierons les virus, et après cela, nous examinerons le virome total, ou tous les virus contenus dans une abeille. Et peut-être qu’on découvrira de nouveaux virus. »
C’est la troisième année qu’Abrahamyan participe au programme Mitacs. Il affirme que le programme est une excellente offre pour les chercheurs universitaires. Ils envoient une description de leurs objectifs de recherche et du projet, tandis que Mitacs effectue la présélection des candidats, identifiant les étudiants les mieux qualifiés du monde entier. Le programme couvre ensuite les frais de déplacement et de logement des étudiants et s’occupe de toute la paperasse liée à l’immigration.
« C’est un soulagement parce qu’en tant que scientifique, tu n’as pas le temps de faire ça, mais tu as les étudiants les mieux qualifiés qui viennent à ton labo pour t’aider à développer de nouveaux projets ou à accomplir certaines tâches de projets en cours. »
Le programme Globalinks de Mitacs a jumelé environ 380 étudiants du Brésil, de la Chine, de la France, d’Allemagne, d’Inde, du Mexique, de Tunisie et d’Ukraine avec des chercheurs de 10 universités québécoises cet été.