Nouvelles connexes
Découvrez d’autres histoires sur Mitacs et les innovations révolutionnaires menées par les étudiantes et étudiants et les chercheuses et chercheurs au postdoctorat.
Alors que le Canada avance dans son ambitieux plan de devenir une puissance de l’innovation, une organisation nationale attire déjà cet été les meilleurs jeunes talents du monde entier. L’une de ces étoiles montantes mondiales est un chercheur en génie biologique originaire de France qui passe trois mois à Montréal pour identifier des problèmes potentiels causant un déclin des populations d’abeilles domestiques, un problème écologique et économique sérieux observé à travers le monde.
Marie Marbaix, étudiante à la maîtrise de 22 ans à l’Université d’Aix-Marseille, fait partie de plus de 1 200 étudiants internationaux qui aident à résoudre des défis d’innovation complexes dans 55 universités canadiennes grâce à un programme unique de stages d’été appelé Mitacs Globalink. Elle travaille sous la direction du professeur de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, Levon Abrahamyan, en collaboration avec la professeure Marie-Odile Benoit-Biancamano, sur un projet qui étudie les facteurs négatifs qui affectent la durée de vie et la performance des abeilles domestiques, en particulier celles co-infectées par des virus et l’acarien Varroa destructor, un parasite commun des abeilles domestiques. Les médias sont invités à voir une démonstration de ce travail de première main.
La recherche est importante parce que les producteurs d’abeilles canadiens font partie de ceux qui connaissent la perte de ruche, surtout après avoir hiverné leurs abeilles. Une théorie est que les colonies d’abeilles mellifères infectées par le parasite acarien sont plus susceptibles d’être infectées par des virus mortels, qui pourraient être transmis par les varroa eux-mêmes. « Il existe plusieurs facteurs de stress pouvant causer la mortalité des populations d’abeilles domestiques dans le monde, cependant, les virus sont probablement l’un des facteurs les plus importants — mais les moins étudiés — de ce phénomène », a déclaré Abrahamyan.
« Nous pensons que les abeilles fortement infectées par l’acarien Varroa destructor portent probablement plus de virus et, par conséquent, ont moins de chances de survivre », a expliqué Benoit-Biancamano, ajoutant que l’objectif est de développer des tests pouvant servir de prédicteurs de la santé de la ruche, permettant aux producteurs d’abeilles d’intervenir en cas d’infection virale.
Pendant son séjour au Canada, Marbaix extraira de l’ARN et de l’ADN des abeilles domestiques infectées par l’acarien Varroa destructor et effectuera des analyses pour identifier les virus infectant les abeilles. Alors que les méthodes de test traditionnelles recherchent la présence de quelques virus déjà connus, Marbaix utilise une méthodologie de séquençage à haut débit (HTS) de pointe pour identifier tous les virus, y compris les virus inconnus.
« L’idée est qu’une fois que nous pourrons identifier les virus affectant les populations d’abeilles, nous serons mieux à même d’élaborer des stratégies pour contrôler ces virus et garder les ruches en santé », a déclaré Abrahamyan.
Par exemple, les chercheurs savent déjà que l’acarien varroa se nourrit de graisses, donc il pourrait y avoir une corrélation entre le taux de glucose des abeilles et leur santé globale. Des travaux sont donc en cours pour développer un test de glucose chez les abeilles, similaire à la façon dont les gens utilisent les glucomètres pour contrôler le diabète. Si les niveaux de glucose s’avérent finalement prédictifs de la santé de l’ruche, un test pourrait être disponible commercialement dès l’an prochain, selon Benoit-Biancamano.
Pour Marbaix, l’expérience Mitacs Globalink est une occasion de développer de nouvelles compétences théoriques et pratiques tout en découvrant à la fois un nouveau pays et une nouvelle culture. « Participer à ce programme me permet d’en apprendre davantage sur la virologie et d’acquérir un apprentissage pratique dans un laboratoire de recherche à la fine pointe de la technologie, en réalisant des expériences originales », a déclaré Marbaix, qui a dit qu’elle pourrait envisager de retourner au Canada pour travailler sur sa thèse. « Je ne sais pas encore exactement ce que j’aimerais faire comme profession, mais ce stage m’offre une nouvelle alternative », a-t-elle dit.
En plus de Marbaix, près de 380 étudiants Mitacs Globalink provenant du Brésil, de la Chine, de la France, de l’Allemagne, de l’Inde, du Mexique, de la Tunisie et de l’Ukraine sont également au Québec cet été, travaillant dans des laboratoires à l’Université Concordia, à l’École de Technologie Supérieure, à la Polytechnique Montréal, à l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS), à l’Université McGill, à l’Université de Montréal, à l’Université du Québec et Trois-Rivières, Université Laval et Université de Sherbrooke.
Leurs recherches de pointe incluent : le développement de nouvelles alternatives aux antibiotiques qui agiront contre les bactéries résistantes aux antibiotiques comme la listériose et le clostridium pour prévenir les maladies d’origine alimentaire et la perte d’animaux d’élevage; travailler à développer un « cerveau » unique en son genre, capable de gérer, contrôler et optimiser les ressources sur une ferme sur le toit; travailler à promouvoir l’utilisation de robots collaboratifs qui opèrent aux côtés de travailleurs hautement qualifiés dans de petites installations de fabrication de haute précision; le développement de nouveaux médicaments, plus efficaces et plus sécuritaires, ciblant le diabète de type 2 (hyperglycémie); travailler à mieux comprendre comment les personnes autistes interagissent avec les autres; et le développement d’un nouvel ingrédient alimentaire fonctionnel qui combine la purée de bleuets et des protéines végétales pour formuler des boissons riches en fibres et en protéines.
Depuis 2009, Mitacs a jumelé 5 000 étudiants de premier cycle avec des professeurs canadiens grâce à son initiative de stages de recherche Globalink. Pour renforcer davantage les collaborations internationales en recherche, Mitacs Globalink offre maintenant des opportunités de mobilité bidirectionnelle entre le Canada et les pays partenaires internationaux tant pour les étudiants de premier cycle que pour les cycles supérieurs. Le programme promeut le Canada comme une destination de premier plan pour les opportunités de recherche et met en valeur l’expertise canadienne à travers le monde.
« Le gouvernement canadien continue d’investir dans l’amélioration de la performance en innovation du Canada et dans la formation de nouveaux talents en recherche, et Mitacs est fier de jouer un rôle clé dans ces efforts », a déclaré Eric Bosco, chef du développement des affaires chez Mitacs, notant que les statistiques montrent que plus d’un demi-million d’étudiants internationaux ont étudié au Canada l’an dernier, dont 60% prévoyaient de demander la résidence permanente. « En offrant aux étudiants une expérience de recherche de qualité, des programmes comme Mitacs Globalink prouvent qu’ils favorisent efficacement l’innovation dans tous les secteurs industriels », a-t-il déclaré.
Mitacs est un organisme à but non lucratif qui favorise la croissance et l’innovation au Canada en résolvant des défis d’affaires grâce à des solutions de recherche provenant des meilleures institutions académiques, tant au pays qu’à travers le monde. Mitacs est financé par le gouvernement du Canada, le gouvernement du Québec, d’autres gouvernements provinciaux, ainsi que par des partenaires universitaires et industriels.