Nouvelles connexes
Découvrez d’autres histoires sur Mitacs et les innovations révolutionnaires menées par les étudiantes et étudiants et les chercheuses et chercheurs au postdoctorat.
Les coûts qu’entraîne la corrosion s’élèvent à 3,4 % du PIB mondial, soit près de 2 500 milliards de dollars US par année. Toutes les secondes, cinq tonnes d’acier sont détruites par la rouille! Pour la marine et les opérateurs du secteur de la défense, cet enjeu dépasse les coûts : lorsque des navires essentiels sont immobilisés aux fins de maintenance, l’état de préparation à la mission est affecté.
Farzad Hashemi a pu constater l’omniprésence du problème de la corrosion dans le Canada atlantique lorsqu’il a acheté sa première voiture ici. Ingénieur métallurgiste ayant immigré au Canada en 2014, M. Hashemi s’est alors vu offrir un traitement antirouille; il a refusé l’option, mais l’idée lui est restée en tête.
Quelques années plus tard, il a rencontré quelqu’un qui connaissait mieux que quiconque le potentiel révolutionnaire d’une nouvelle solution antirouille. Architecte naval de métier et inspecteur du Lloyd’s Register, Mike Maguire avait en effet passé de nombreuses années à ramper dans les citernes de ballast de navires ancrés au port de Montréal.
« Je sais à quel point la corrosion est un problème majeur et comment il est difficile de maintenir les navires en état de marche lorsque la rouille entre en jeu », raconte-t-il.
En 2020, M. Hashemi et M. Maguire se sont associés pour cofonder Copsys Technologies et freiner la corrosion marine grâce à une solution innovante, fruit d’une réflexion entamée dans le stationnement du concessionnaire, six ans plus tôt.
Au cœur de la technologie de Copsys se trouve une « membrane numérique intelligente », un type de peinture aux propriétés sans précédent. Il s’agit du premier revêtement non toxique qui réagit avec l’eau de mer pour maintenir l’intégrité des coques de navires, empêchant ainsi la prolifération d’organismes marins avant même qu’elle ne commence. Lorsque le revêtement est endommagé et que le métal est exposé à un environnement corrosif, le système détecte la brèche, repère son emplacement et déploie une barrière électrochimique afin de freiner la corrosion. L’état du navire est également indiqué, en temps réel, sur un jumeau numérique.
« Il s’agit de la première véritable technologie de rupture dans le domaine de la protection cathodique par courant imposé depuis la Révolution industrielle. Et tout ça au moyen d’une peinture! » explique M. Maguire.
En collaboration avec George Jarjura, Ph. D., professeur à l’Advanced Corrosion Laboratory
de l’Université Dalhousie, et Susan Caines, Ph. D., professeure au Marine Institute de
l’Université Memorial, Copsys a pu peaufiner sa technologie, de la validation de principe jusqu’à la démonstration terrain. L’entreprise détient maintenant cinq brevets, trois autres sont en instance, et une sixième demande a été déposée pour le « Copsys Intelligent Pipeline Armor », une technologie conçue pour prolonger de plusieurs décennies la durée de vie des infrastructures en acier sous-marines et enterrées.
La technologie de Copsys suscite un intérêt croissant dans le secteur de la défense. Pour les opérateurs navals et de la garde côtière, la corrosion est autant un enjeu de préparation à la mission que de maintenance. Les frégates de la flotte de la Marine royale canadienne se trouvent dans cette situation complexe : le maintien de l’état de préparation de ces vaisseaux vieillissants requiert d’importants travaux de maintenance, et chaque navire en rade affaiblit les capacités souveraines de défense.
« Pour la marine, c’est une question d’état de préparation à la mission. Nous avons deux possibilités : construire davantage de navires pour toujours disposer d’une flotte opérationnelle, ou renforcer la durabilité des navires existants. Nous travaillons à concrétiser cette seconde solution », souligne M. Maguire.
Mike Maguire, PDG, Copsys Technologies Inc.
L’entreprise a mené avec succès deux démonstrations pilotes dans la mer du Nord : dans un port méthanier norvégien et dans une installation flottante de production au large du Royaume-Uni. Un troisième projet britannique est en cours sur une plateforme de compression et d’exportation de gaz naturel, dans le cadre duquel les contractants mettent eux-mêmes le système en service, sans l’aide directe de Copsys.
« C’est enthousiasmant parce que la technologie passe maintenant aux mains de l’industrie », remarque M. Maguire.
Dans la foulée de ces réussites, Copsys a été l’une des 150 entreprises novatrices sélectionnées parmi 3600 candidates pour se joindre à la cohorte de l’Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord (DIANA) de l’OTAN et participer aux initiatives critiques en matière d’infrastructure et de logistique, sous la gouverne du Defence Hub de CzechInvest à Prague. Copsys a depuis présenté ses travaux à des représentant·es de l’OTAN et des secteurs internationaux de la défense à l’emblématique Planétarium de Prague et au salon Eurosatory à Paris. L’entreprise a également été invitée à se joindre à l’accélérateur PortXL à Rotterdam. Elle présentera cette année une communication sur la gestion de la corrosion en milieu marin à un groupe de travail de l’Organisation pour la science et la technologie de l’OTAN et à International Naval Engineering Conference d’Edingburgh.
Tout au long de son développement, Copsys a travaillé en étroite collaboration avec Mitacs afin d’accéder aux talents en recherche. Grâce au programme Accélération, l’entreprise a pu faire appel à des stagiaires des universités Dalhousie et Memorial et faire progresser le processus de validation et de commercialisation de sa technologie. Les stagiaires ont contribué aux essais mécaniques du revêtement, ainsi qu’à l’élaboration de modèles numériques pour la fonctionnalité de localisation des anomalies en temps réel de Copsys au moyen de jumeaux numériques. .
« Ce qui fait la force de Mitacs, c’est qu’on peut travailler avec les gens et repérer très tôt les talents », explique M. Maguire. Nous avons eu des stagiaires qui se sont vraiment investi·es dans notre projet, qui étaient fasciné·es par la technologie et qui ont fait preuve d’une grande imagination. »
Mike Maguire, PDG, Copsys Technologies Inc.
Pour Copsys, la constitution de cette main-d’œuvre qualifiée ne se limite pas au recrutement. À mesure que l’entreprise se développe, l’accès à des chercheurs et chercheuses hautement qualifié·es permet de s’assurer que la technologie et l’expertise qui la rend possible demeurent au Canada.
Avec une préparation de sa technologie à la mise en marché prévue d’ici la fin de l’année dans le domaine de la corrosion sous l’isolation, un projet de technologie de préservation de l’intégrité des pipelines en cours, ainsi qu’une liste croissante de partenaires du secteur de la défense et du secteur privé, Copsys prend rapidement de l’expansion tout en conservant sa propriété intellectuelle au pays.
Depuis plus de 25 ans, Mitacs contribue à la croissance de l’économie et au développement de la main-d’œuvre de l’avenir en créant des liens entre le secteur privé, le milieu postsecondaire et des partenaires internationaux pour résoudre des problèmes concrets. Nous appuyons la collaboration en recherche entre le milieu postsecondaire et le secteur privé grâce à des stages cofinancés par les entreprises partenaires et destinés aux étudiantes et étudiants du premier cycle et des cycles supérieurs, ainsi qu’aux chercheurs et chercheuses au postdoctorat.
Intermédiaire national de l’innovation au Canada, Mitacs adopte une approche axée sur les talents pour développer les capacités d’innovation et renforcer la compétitivité du pays sur la scène mondiale. Nous servons de passerelle essentielle entre la recherche et la commercialisation, accélérant l’entrée sur le marché et la croissance de nouveaux produits et services.
Le moment est venu pour le Canada de voir grand et de prendre des mesures audacieuses. Mitacs est prêt à contribuer à l’établissement d’une économie canadienne forte et résiliente, propulsée par les idées, le talent et l’innovation.
Mitacs est financé par le gouvernement du Canada, le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement de l’Ontario, Innovation PEI, le gouvernement du Québec, le gouvernement de la Saskatchewan, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement du Yukon.