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Les Cris du territoire d’Eeyou Istchee — qui signifie « la terre du peuple » — pêchent dans les lacs et rivières du nord du Québec depuis des milliers d’années. Pour les quelque 18 000 Cris qui y vivent, les poissons sont bien plus qu’une simple source de nourriture : ils font partie intégrante de leur identité culturelle, du savoir traditionnel, des rassemblements communautaires et de la vie économique. Des espèces telles que le doré, la truite mouchetée, l’esturgeon jaune et le grand corégone constituent la base du régime alimentaire traditionnel des Cris et soutiennent le secteur florissant de l’écotourisme et de la pêche sportive, qui assure la viabilité financière de nombreuses communautés à travers le territoire.
Ces populations de poissons d’Eeyou Istchee font cependant face à des pressions croissantes. Les changements climatiques bouleversent les habitats et raccourcissent les saisons de pêche sur glace. Les activités d’exploitation du territoire — exploitation forestière, construction de barrages et exploitation minière — modifient les réseaux hydrographiques et y introduisent des contaminants, dont le méthylmercure. La surpêche représente également une menace pour les espèces à croissance lente, comme le doré et l’esturgeon jaune, et des espèces invasives, comme l’éperlan, entrent en concurrence avec les poissons indigènes pour l’habitat et les ressources.
Depuis plusieurs années, les membres de la communauté et les gardiens et gardiennes du savoir eeyou expriment leurs préoccupations à l’égard du déclin des populations de poissons. Ce qui leur manquait pour intervenir, ce sont les données scientifiques et le cadre permettant de combiner le savoir autochtone et la science occidentale afin de préserver les poissons pour les générations futures.
Dans le cadre du projet FISHES, la collaboration entre l’Université Concordia et les Nations Eeyou a permis d’obtenir de nombreux résultats probants. Un programme de surveillance du doré mené sur 20 ans dans le lac Mistassini a notamment permis de constater une réduction significative de la taille des poissons — pouvant atteindre 68 % de leur poids dans certaines rivières —, confirmant ainsi les inquiétudes soulevées par les membres de la communauté et les gardiens et gardiennes du savoir eeyou. Le plan de gestion du doré, adopté par la communauté en 2016, a été directement fondé sur ces données et le suivi mené depuis a révélé les premiers signes d’une stabilisation de la taille des poissons, ce qui laisse penser que les mesures de gestion atteignent leur but. À Waswanipi, des analyses génomiques ont confirmé la présence d’un seul stock de dorés dans la rivière, fournissant ainsi des données de référence essentielles pour les futures décisions de gestion. Cette collaboration a également permis de créer des occasions d’emploi et de formation en assistanat de recherche pour les jeunes Eeyou, et a renforcé les capacités locales en matière de techniques de surveillance des poissons. Du matériel pédagogique destiné à la communauté a aussi été élaboré afin de souligner l’importance culturelle, nutritionnelle et économique du poisson pour les Eeyou et ainsi faire le pont entre les savoirs écologiques traditionnels et la science occidentale. Ces résultats démontrent que l’intégration du savoir eeyou aux données génomiques et sur le cycle de vie peut permettre d’assurer une gestion durable des ressources, qui répond à la fois aux objectifs de conservation et aux besoins culturels et de sécurité alimentaire des communautés Eeyou.
Pour relever ce défi, un groupe de stagiaires de Mitacs s’est joint au projet FISHES (Fostering Indigenous Small-scale Fisheries for Health, Economy, and Food Security, soit soutenir la pêche autochtone à petite échelle pour la santé, l’économie et la sécurité alimentaire), une initiative menée conjointement par une équipe de recherche de l’Université Concordia et les Nations Eeyou. Ces stagiaires ont apporté leur expertise en génomique à un projet entièrement conçu en fonction des besoins de la communauté et selon le principe de la cogestion autochtone.
Le groupe a mis au point des outils permettant d’étudier l’ADN des poissons, en recourant à des analyses génomiques pour comprendre la diversité et les stratégies d’adaptation des populations de poissons le long de la côte d’Eeyou Istchee. À Waswanipi, par exemple, l’analyse génomique a confirmé que la rivière abrite un seul stock de dorés, des données de référence essentielles pour prendre des décisions de gestion éclairées. Les stagiaires ont contribué à mettre au point des méthodes de surveillance par l’ADN qui pourraient être utilisées pour protéger les poissons du lac Mistassini en tant que ressource alimentaire et soutenir la gestion à long terme des pêches dans les communautés côtières cries.
Ce travail a été délibérément conçu en partenariat avec les gardiens et gardiennes du savoir eeyou, les Aîné·es, les membres de la communauté et les guides de la région, dont les connaissances écologiques — transmises d’une génération à l’autre au moyen de récits, d’observations et de pratiques — ont permis d’articuler les questions de recherche et d’en éclairer les conclusions.
« La chasse, la pêche et le trappage font encore partie du mode de vie de plusieurs d’entre nous, qui vivons toujours de la terre. Même si notre territoire traditionnel continue d’être morcelé par l’exploitation des ressources, notre lien avec la terre, les eaux, les animaux et nos croyances spirituelles reste très fort. Les activités traditionnelles des Cris sont encore dictées par les six saisons cries, et chaque saison amène une manière différente de vivre notre culture. »
– Allan Saganash (raconté par un chasseur/trappeur de longue date et Aîné de Waswanipi)
Cette collaboration entre l’Université Concordia et les Nations Eeyou a généré des résultats importants. Un programme de surveillance du doré mené sur 20 ans dans le lac Mistassini a permis de constater une réduction significative de la taille des poissons — pouvant atteindre 68 % de leur poids dans certaines rivières —, confirmant ainsi les inquiétudes soulevées depuis des années par les gardiens et gardiennes du savoir eeyou. Le plan de gestion du doré, adopté par la communauté en 2016, a été directement fondé sur ces données probantes. Le suivi du plan mené depuis a révélé les premiers signes d’une stabilisation de la taille des poissons, ce qui laisse penser que les mesures de gestion atteignent leur but. À Waswanipi, des analyses génomiques ont également confirmé la présence d’un seul stock de dorés dans la rivière, fournissant ainsi des données de référence essentielles pour les futures décisions de gestion.
Au-delà des contributions de recherche, cette collaboration a également permis de créer des occasions d’emploi et de formation en assistanat de recherche pour les jeunes Eeyou, et a renforcé les capacités locales en matière de techniques de surveillance des poissons. Du matériel pédagogique destiné à la communauté a aussi été élaboré afin de souligner l’importance culturelle, nutritionnelle et économique du poisson pour les Eeyou et ainsi faire le pont entre les savoirs écologiques traditionnels et la science occidentale.
« Les Aînés détiennent un grand savoir, des périodes de frai aux histoires de pêche ou des changements dont ils ont été témoins au fil des ans. Pour trouver une solution, il faut écouter leurs récits et leurs avis sur la conservation des poissons et les plans de gestion », ont indiqué les stagiaires dans leur rapport final intitulé « L’importance des poissons pour la Nation Crie de Mistissini ».
Ces résultats démontrent que l’intégration du savoir eeyou aux données génomiques et sur le cycle de vie peut permettre d’assurer une gestion durable des ressources, qui répond à la fois aux objectifs de conservation et aux besoins culturels et de sécurité alimentaire des communautés Eeyou.

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