Rapport

Mitacs augmente ses investissements dans la formation à l’intelligence artificielle et aide les entreprises canadiennes à l’adopter

Article original de Mark Lowey dans Research Money, traduit par Mitacs

Mitacs a considérablement augmenté ses investissements au cours des cinq dernières années pour aider les entreprises à adopter l’intelligence artificielle (IA) et offrir une formation en matière d’IA à la population étudiante des cycles supérieurs et aux chercheuses et chercheurs au postdoctorat.

En sachant que l’IA a le potentiel de transformer le fonctionnement des entreprises, Mitacs consacre désormais près du quart de son investissement annuel à la formation à l’IA et à son adoption.

«Il s’agit d’une priorité absolue à l’heure actuelle», déclare Sylvain Giguère (photo de droite), vice-président du développement des affaires à Mitacs.

«L’IA a le pouvoir de déterminer la réussite ou l’échec d’un pays.»

Mitacs est un organisme de recherche national sans but lucratif soutenu par le gouvernement fédéral qui s’associe avec les gouvernements, le secteur privé et le milieu postsecondaire canadiens pour mettre en œuvre des programmes de recherche et de formation dans tout le Canada.

Depuis avril 2019 (de l’exercice 2019-2020 à l’exercice 2023-2024), Mitacs a investi 200 millions de dollars dans des projets liés à l’IA, soutenant ainsi 1 500 entreprises et autres partenaires, indique M. Giguère.

Soixante-quatre pour cent des projets d’IA ont été menés par des petites et moyennes entreprises. Les projets couvrent tous les secteurs, y compris les technologies propres, les biotechnologies, les technologies agricoles, la fabrication de pointe et bien d’autres.

Mitacs a mis en relation ces 1 500 entreprises et autres partenaires avec plus de 1 700 membres du corps professoral de 117 universités et instituts de recherche à travers le Canada.

En 2023, Mitacs a investi 75 millions de dollars pour soutenir 500 entreprises dans des projets liés à l’IA, ajoute M. Giguère. «Cela représente environ 24 % de notre investissement total de l’année dernière.»

Le nombre de stages pour étudiantes et étudiants (principalement des cycles supérieurs et au postdoctorat) soutenus par Mitacs et axés précisément sur l’IA a augmenté pour atteindre 5 400 en 2023, comparativement à seulement 500 en 2019.

M. Giguère souligne que Mitacs a établi des partenariats avec les trois instituts nationaux d’IA du Canada : Mila, l’institut québécois d’IA, l’Institut Vecteur de l’Université de Toronto et l’Alberta Machine Intelligence Institute (Amii) d’Edmonton.

Mitacs a également établi un partenariat avec l’Institut canadien des recherches avancées (CIFAR), dont le programme de chaires en IA Canada-CIFAR constitue la pierre angulaire de la Stratégie pancanadienne en matière d’IA.

Le Canada compte 10 % des chercheurs et chercheuses en IA de haut niveau du monde, ce qui le classe au deuxième rang mondial.

«Mitacs met en relation des chercheuses et des chercheurs avec des entreprises et stimule ainsi la recherche et le développement», explique M. Giguère.

Dans le cadre d’un partenariat avec la société britannique Unilever, Mitacs a fourni l’accès à 90 personnes hautement qualifiées, ce qui a permis à la multinationale de biens de consommation d’ouvrir en novembre dernier son premier laboratoire mondial d’IA, le Horizon3 Labs, à Toronto.

Unilever compte actuellement plus de 400 applications d’IA dans diverses disciplines comme la commercialisation, la chaîne d’approvisionnement et la recherche et développement.

Par exemple, Unilever possède à travers le monde 50 000 congélateurs de crème glacée qui sont équipés d’IA pour placer efficacement le bon produit dans le bon congélateur au bon moment. L’entreprise a également élaboré une solution d’IA sur mesure qui met automatiquement à jour les titres et les descriptions des produits sur les sites Web de vente au détail afin de répondre aux tendances de recherche et de mettre des articles pertinents à la disposition des clients.

Au début du mois, Horizon3 Labs d’Unilever et Mitacs ont annoncé une nouvelle initiative visant à créer un vivier de talents en matière d’IA. Les deux organisations investissent un total combiné de 8 millions de dollars pour financer 100 chercheurs et chercheuses à différents stades de leur carrière postsecondaire afin de fournir des solutions fondées sur la technologie de l’IA.

Mitacs a également fourni au géant suédois des équipements de télécommunications Ericsson l’accès à 90 personnes hautement qualifiées pour l’aider à établir le centre d’innovation accélérateur d’intelligence artificielle mondial de l’entreprise à Montréal. Il s’agit du quatrième centre d’innovation mondial en matière d’IA d’Ericsson, après ceux des États-Unis, de la Suède et de l’Inde.

En mai, Mitacs s’est également associé à IVADO, un consortium québécois dédié à la recherche, à la formation et à la mobilisation des connaissances en IA, pour établir un partenariat stratégique entre la société pharmaceutique montréalaise Sorintellis, Polytechnique Montréal et l’Université de Montréal.

Cette collaboration associe l’expertise de l’IA à une connaissance approfondie des besoins pharmaceutiques afin d’accélérer le développement de nouveaux médicaments tout en garantissant l’efficacité et la sécurité et en maximisant la valeur des investissements.

«Une grande partie de l’IA vise en fait à mieux répondre aux besoins des entreprises et à résoudre des problèmes concrets», précise M. Giguère.

Mitacs travaille ou a travaillé avec des entreprises canadiennes telles que Element AI, Layer 6 AI, Borealis AI, Xanadu, Bench AI, Deep Genomics et BlueDot.

Les stages Mitacs permettent aux étudiantes et étudiants postsecondaires, sous la supervision de leurs conseillers ou conseillères, de bénéficier d’une formation pratique au sein d’entreprises qui s’efforcent de résoudre des problèmes concrets, explique M. Giguère.

«Cet apprentissage intégré au travail vient s’ajouter à la recherche et développement», ajoute-t-il. «Cela contribue à en faire [les étudiants et les étudiantes] des personnes innovatrices à leur tour.»

Les entreprises canadiennes utilisent peu l’IA

Le budget fédéral 2024 a engagé 2,4 milliards de dollars pour bâtir des capacités de calcul et une infrastructure technologique et en fournir l’accès à des entreprises en démarrage et en expansion, ainsi qu’à des chercheurs et chercheuses de renommée mondiale dans le domaine de l’IA au Canada.

Le gouvernement fédéral a également investi 100 millions de dollars dans le Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches, afin d’aider les PME à passer à l’échelon supérieur et à accroître leur productivité en créant et en déployant de nouvelles solutions d’IA.

À l’heure actuelle, seulement 6,1 % des entreprises canadiennes ont utilisé l’IA pour produire des biens et fournir des services au cours des 12 derniers mois, selon un rapport de Statistique Canada.

L’adoption de l’IA varie selon les secteurs. Les secteurs dans lesquels les entreprises sont les plus susceptibles d’avoir utilisé l’IA pour produire des biens ou fournir des services sont les industries de l’information et de la culture (20,9 %), les services professionnels, scientifiques et techniques (13,7 %), et la finance et l’assurance (10,9 %).

À l’inverse, les entreprises les moins susceptibles d’utiliser l’IA à cette fin sont celles des secteurs de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche et de la chasse (0,7 %), de l’hébergement et de la restauration (0,9 %) et de l’extraction minière, des carrières et de l’extraction de pétrole et de gaz (1,6 %).

D’après les chiffres de Statistique Canada, l’adoption de l’IA par les entreprises canadiennes semble s’accélérer progressivement.

À la fin de l’année 2021, seulement 3,7 % des entreprises canadiennes comptant cinq employé·es ou plus avaient déployé l’IA dans leurs activités, quelle que soit la capacité, selon une étude réalisée par Dais, un groupe de réflexion basé à l’Université métropolitaine de Toronto qui se penche sur les questions de politiques publiques et de leadership.

Mitacs s’efforce d’améliorer ces chiffres. Présent sur le terrain à travers tout le Canada, son réseau est composé de spécialistes du développement des affaires qui visitent les entreprises et établissent pour elles des liens avec les universités.

Mitacs a commencé à déployer une nouvelle plateforme fondée sur l’IA avec un algorithme qui analyse les universitaires du pays pour repérer les équipes de recherche optimales susceptibles d’aider une entreprise donnée à résoudre un problème précis.

Le nouvel outil intéresse les entreprises qui sont parfois réticentes à participer à un programme gouvernemental, car la solution fondée sur l’IA est beaucoup plus tangible, fait remarquer M. Giguère. «Nous établissons une feuille de route de l’innovation pour les entreprises.»

Le programme de Mitacs intitulé «Stage de stratégie d’entreprise» met à la disposition des entreprises des stagiaires de niveau postsecondaire compétents qui peuvent aider les entreprises (en particulier les petites entreprises aux ressources limitées) à gérer des éléments tels qu’un plan stratégique, un plan de recherche et développement, un volet ressources humaines et une aide à l’adoption de logiciels.

M. Giguère souligne que 90 % des employé·es au Canada travaillent pour des PME, par rapport à seulement 48 % aux États-Unis.

Le pourcentage de gestionnaires d’entreprise titulaires d’un baccalauréat au Canada est de 38 %, contre 56 % aux États-Unis.

«Des stagiaires brillant·es associé·es à l’IA peuvent aider les gestionnaires d’entreprise à comprendre ces outils numériques et à les utiliser plus efficacement», soutient M. Giguère.

Le Canada se heurte à une baisse de la productivité. Parmi les principaux facteurs à l’origine de ce déclin, on peut citer le fait que les entreprises canadiennes investissent moins d’argent dans la recherche et développement que les entreprises d’autres pays (la moitié moins qu’aux États-Unis ou en Allemagne).

Les entreprises canadiennes investissent également moins dans les machines et les équipements que leurs homologues d’autres pays.

«L’IA est un domaine très important si nous voulons aider le Canada à rattraper son retard en matière de productivité et aider les entreprises à investir en vue d’être plus productives», affirme M. Giguère.

L’IA peut contribuer à accroître la productivité en optimisant les processus de production et en augmentant les bénéfices des entreprises du savoir, ajoute-t-il. «L’IA a le potentiel d’aider les PME et certaines entreprises à franchir des étapes qui autrement seraient difficiles à réaliser.»

En plus de son investissement dans l’IA, Mitacs aide le Canada à améliorer ses piètres performances en matière de productivité grâce à d’autres moyens.

Au fil des ans, Mitacs a investi un total de 1,3 milliard de dollars dans la recherche et développement, aidant ainsi près de 11 000 PME à accéder aux meilleurs talents et aux nouvelles technologies. Cela comprend 37 000 projets, à travers un réseau de plus de 14 000 universitaires et de plus de 18 000 entreprises, organisations à but non lucratif, hôpitaux, municipalités et autres partenaires.

Les données recueillies dans le cadre d’une étude indépendante menée par Statistique Canada sur une période de trois ans ont révélé que les entreprises participant aux programmes de Mitacs ont augmenté leurs dépenses en recherche et développement de 60 % et leur productivité de 11 %, mentionne M. Giguère.

Cette étude a également révélé les éléments suivants en ce qui concerne les stagiaires et les entreprises soutenues par Mitacs :

  • augmentation de 11 % de la productivité du travail;
  • augmentation de 9 % de l’emploi;
  • augmentation de 9 % des recettes;
  • augmentation de 16 % des ventes;
  • commercialisation de 51 % des projets financés;
  • embauche de 21 % des stagiaires du programme;
  • 47 % des projets abordent un problème de société;
  • 17 % des entreprises ont adopté une nouvelle technologie grâce à leur partenariat avec Mitacs.

Tout comme l’IA, la technologie quantique est une autre technologie de plateforme qui devrait transformer le fonctionnement des entreprises et la recherche scientifique. Mitacs y porte une grande attention.

«Cette année, nous consacrons 6 millions de dollars à des projets quantiques dans tout le Canada, en mettant en relation des chercheurs et des chercheuses avec des entreprises pour créer davantage d’entreprises en démarrage», déclare M. Giguère.


Les programmes de Mitacs sont financés par plusieurs partenaires à travers le Canada. Nous remercions le gouvernement du Canada, le gouvernement de l’Alberta, le gouvernement de la Colombie-Britannique, Research Manitoba, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement de l’Ontario, Innovation PEI, le gouvernement du Québec, le gouvernement de la Saskatchewan, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement du Yukon de nous aider à favoriser l’innovation canadienne. 

‌Avez-vous un défi d’affaires qui pourrait bénéficier d’une solution de recherche? Si tel est le cas, communiquez avec Mitacs dès aujourd’hui pour discuter des possibilités de partenariat : BD@mitacs.ca.

L’équipe de Mitacs
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