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L’explosion démographique mondiale du siècle dernier, sans précédent dans l’histoire humaine, pose un enchevêtrement épineux de défis interconnectés. Avec une population estimée à 9,3 milliards d’ici 2050, répondre aux besoins humains nécessitera des réponses fondées sur la science à des questions urgentes concernant l’alimentation, l’énergie, l’eau, la prévention des maladies et bien d’autres enjeux.
De plus en plus, l’innovation dépendra des collaborations internationales en recherche, alors que la science moderne devient une entreprise de plus en plus mondiale qui transcende les frontières nationales. En même temps, un soutien fort et constant à la recherche fondamentale et appliquée sera crucial pour trouver les voies d’amélioration du bien-être humain.
En choisissant Vancouver comme cadre de la plus grande conférence scientifique générale au monde, l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) a cherché à célébrer la collaboration multinationale comme ingrédient essentiel à l’innovation. Le thème de la rencontre, « Aplanir le monde : construire une société mondiale du savoir », présenté par la présidente de l’AAAS, Nina Fedoroff, souligne encore davantage l’importance de la recherche internationale.
Le savoir circule au-delà des frontières. Des avancées majeures — de la télégraphie sans fil et la découverte du plan génétique de la vie, au développement de la pénicilline et des vaccins — ont lieu partout dans le monde, souvent grâce à la puissance collective du cerveau de nombreux scientifiques travaillant en collaboration. Le regretté Michael Smith, un chercheur renommé à l’Université de la Colombie-Britannique, est né en Angleterre, a déménagé à Vancouver dans les années 1950, a collaboré avec des collègues américains pour cofonder une entreprise de biotechnologie, et a reçu le prix Nobel de chimie en 1993. Son développement d’une technique cruciale d’ingénierie génétique appelée mutagenèse orientée sur le site a permis de modifier la séquence d’ADN de n’importe quel gène.
Des exemples canadiens plus récents de recherche internationale abondent : Michael Vetterli, physicien de l’Université Simon Fraser et scientifique du TRIUMF, se rendra bientôt à Genève pour présider un comité influent lié au détecteur de particules ATLAS, qui explore les forces ayant façonné l’univers. De même, le travail du Perimeter Institute for Theoretical Physics, basé en Ontario, est intrinsèquement mondial, impliquant des chercheurs du monde entier dans la quête d’une compréhension plus profonde du monde naturel. La formation spéciale des étudiants et les programmes de chercheurs internationaux à l’Institut Perimeter favorisent la collaboration entre disciplines et régions.
Karen Bakker, membre du corps professoral de l’UBC, dont la présentation de l’AAAS aura lieu le 17 février, incarne la génération actuelle de scientifiques. Experte sur un large éventail de questions liées à l’eau, elle parle couramment le français et l’espagnol et a mené des recherches en Asie du Sud-Est, en Afrique australe, en Amérique latine et en Europe.
Une grande partie de la responsabilité de bâtir et de maintenir des liens internationaux en recherche revient aux institutions de recherche et aux scientifiques. Nous devons élargir notre perspective internationale autant que possible, participer à des projets multinationaux et servir de mentors lorsque des collègues dans les pays en développement nous demandent de l’aide.
Une réponse remarquable à ce défi vient de Mitacs, le consortium de recherche canadien à but non lucratif, dont le programme Globalink permet à des étudiants d’Inde, de Chine, du Brésil et du Mexique de mener des recherches dans une université canadienne et de rencontrer des leaders de l’industrie canadienne.
Grâce à nos universités, une variété de programmes de mobilité facilite le transfert de chercheurs et d’étudiants canadiens talentueux vers les marchés internationaux, ramenant ainsi des citoyens-scientifiques mondiaux avisés. Les programmes de mobilité renforcent également le statut du pays comme terrain d’essai recherché pour les diplômés de pays tels que la Chine et l’Inde.
Le gouvernement aussi joue un rôle crucial, et en particulier, en fournissant un soutien adéquat et constant à la science fondamentale. Favoriser l’innovation et développer des solutions aux grands problèmes mondiaux exige des investissements à long terme, mais les bénéfices sont importants. Et l’histoire a enseigné que les investissements soutenus dans les sciences fondamentales sont parmi les voies les plus productives vers l’innovation et la recherche de solutions durables aux besoins mondiaux.
Les recherches de Michael Smith étaient un exemple parfait de la valeur de la science fondamentale : sa technique pour modifier des molécules d’ADN individuelles a mené à la recherche appliquée de Kary Mullis, qui a découvert comment générer des milliers voire des millions de copies d’une séquence d’ADN spécifique. Mullis et Smith ont partagé le prix Nobel de chimie, et aujourd’hui leurs découvertes sont utilisées à l’échelle mondiale pour diagnostiquer des maladies héréditaires, analyser des preuves médico-légales, établir la paternité et étudier des gènes et protéines spécifiques.
À l’échelle mondiale, notre soutien à la science fondamentale et aux collaborations internationales ne doit pas faiblir. Si nous voulons combattre les maladies émergentes et le changement climatique, et fournir nourriture et eau potable à une population mondiale croissante, nous devons exploiter efficacement les talents puissants et combinés des scientifiques et ingénieurs du monde entier. Trouver des solutions aux problèmes mondiaux nécessite de coordonner les efforts scientifiques mondiaux.
Stephen J. Toope est le 12e président et vice-chancelier de l’Université de la Colombie-Britannique. Alan I. Leshner est chef de la direction de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) et éditeur exécutif de la revue Science.