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L’industrie du piercing corporel humain est estimée à environ 722 millions de dollars, mais de nombreuses personnes rencontrent des complications allant d’infections localisées et de réactions cutanées, à des infections bactériennes plus graves, des déchirures traumatiques, voire une hépatite virale.
BioPierce Canada Ltd., une startup lancée en 2016 par Norman Silber, professeur de droit de l’Université Hofstra (New York) et du cardiologue Mark Nathan, cherche à révolutionner l’industrie du piercing et à la rendre plus sécuritaire pour ses clients.
En collaboration avec l’organisme canadien de recherche à but non lucratif Mitacs et des chercheurs de l’École de génie du design durable de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI), l’entreprise basée à Souris, Î.-P.-É., utilise des imprimantes 3D pour créer de petits échafaudages tissulaires ou « manchons médicamenteux » à partir de biomatériaux pouvant être appliqués à un instrument de piercing. Ces manches restent dans le tissu humain une fois percées, puis se dégradent lentement avec le temps, libérant des substances actives pour favoriser la guérison, réduire la douleur et prévenir les infections en cours de route.
« Le concept initial était de réduire significativement le taux d’infection, mais il a ensuite évolué pour inclure de nouvelles possibilités ornementales chez l’humain », explique Silber dans un communiqué de presse du 6 septembre.
Il a eu cette idée après que sa fille de 12 ans ait développé une infection après s’être percé les oreilles en 2002 et s’est demandé pourquoi les pistolets à percer n’étaient pas conçus pour distribuer des médicaments anti-infectieux de l’intérieur. Une décennie et demie plus tard, l’idée de la fille de Silber est devenue réalité dans BioPierce Canada. Dr Ali Ahmadi, chercheur principal chez Mitacs et professeur adjoint à l’École de génie du design durable de l’UPEI.
Les premiers prototypes devraient être prêts pour les essais sur le terrain cet hiver et utiliseront l’acide polylactique-co-glycolique (PLGA) comme biomatériau, une substance « déjà approuvée par Santé Canada pour d’autres applications ».
Ali Ahmadi, professeur adjoint à l’École de génie du design durable de l’UPEI, supervise les chercheurs de Mitacs lors de leur travail sur la technologie BioPierce Canada, et affirme que son objectif est de s’assurer que l’appareil soit polyvalent dans divers instruments et industries de piercing.
« L’idée générale, c’est qu’il y a une goupille ou un goulot qui entre dans le corps et qu’on recouvre essentiellement cette goupille avec un biomatériau émetteur de médicaments », explique-t-il. « L’idée est d’imprimer sur demande selon les spécifications exactes de l’instrument de perçage. »
Silber prévoit d’autres applications potentielles dans des domaines comme le marquage du bétail et la micropuce pour animaux, et par conséquent, l’entreprise cherche encore à déterminer quelles applications cibler en premier. Il ajoute que BioPierce Canada vise à avoir son premier produit commercialement disponible dans trois à quatre ans.
Ahmadi conclut en disant que l’opportunité de travailler à la commercialisation d’une « technologie de piercing révolutionnaire » est extrêmement enthousiasmante tant pour lui que pour ses étudiants.
« Nous collaborons avec l’industrie pour résoudre de vrais problèmes », dit-il. « Nos étudiants diplômés acquièrent une formation précieuse et concrète, avec l’avantage supplémentaire de savoir qu’ils contribuent à faire une différence dans le monde. »
Par : Mandy Kovacs