Blogue

Les entreprises exploitent le pouvoir des mathématiques pour stimuler la productivité et créer des emplois

L’idée avait son lot de sceptiques à l’époque, mais aussi quelques défenseurs influents au sein du NCE. En 1998, après avoir examiné une liste d’environ 80 candidats, le comité de sélection du NCE a décidé que quatre deviendraient des Réseaux de Centres d’Excellence, y compris les Mathématiques des technologies de l’information et des systèmes complexes ou Mitacs.

Mitacs a été créé pour surmonter trois principaux obstacles auxquels font face le communauté postsecondaire et les mêmes personnes et secteurs qui pourraient bénéficier le plus de techniques, d’outils et de méthodologies mathématiques et statistiques avancées.

  • Rendre les étudiants diplômés plus employables en leur offrant des occasions de travailler sur des problèmes concrets,
  • Encourager les universitaires, dont plusieurs pour la première fois, à collaborer avec l’industrie, le gouvernement et d’autres disciplines pour résoudre des problèmes où les mathématiques et les statistiques pourraient apporter des solutions, et
  • Démontrer aux entreprises canadiennes comment les sciences mathématiques et statistiques peuvent répondre à des occasions d’affaires cruciales.

En 2011, lorsque la subvention NCE pour les sciences mathématiques a été transférée à une nouvelle entité, Mprime Network, non seulement elle a contribué à augmenter l’inscription des diplômés en mathématiques de 10% (comparativement à une baisse de 7% aux États-Unis), mais son modèle collaboratif a permis à plus de la moitié des diplômés de la maîtrise et du doctorat d’obtenir un emploi dans leurs firmes partenaires.

La connexion avec le secteur privé est une priorité pour le réseau depuis le premier jour. Le Mitacs original comptait 54 scientifiques universitaires et 303 étudiants travaillant avec 93 partenaires. En 2011, Mprime comptait 377 scientifiques universitaires issus de 32 disciplines différentes (52% en dehors des mathématiques et des statistiques) et 739 étudiants travaillant avec plus de 650 partenaires dans des secteurs aussi variés que la santé, la médecine, les technologies de l’information, la fabrication, l’environnement, la finance, la communication et la sécurité. La majorité des associés de Mprime – environ 80% – proviennent de l’industrie, des petites et moyennes entreprises aux grandes entreprises. Collectivement, ils ont contribué 1,5 million de dollars par année au réseau.

La priorité actuelle de Mprime est de trouver des moyens de maintenir ces liens. Le réseau a atteint la fin de son mandat de 14 ans en 2012 et le financement transitoire du NCE l’aide à trouver de nouveaux commanditaires pour poursuivre le réseautage et la sensibilisation industrielle. À la demande du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, un comité de haut niveau comprenant des parties prenantes de Mprime a élaboré un plan à long terme qui recommandait plusieurs options, notamment que Mprime continue de fonctionner comme bras d’innovation d’un nouveau réseau pour les instituts de sciences mathématiques et statistiques existants au Canada.

« Mprime a prouvé que les mathématiques ne sont pas purement théoriques – elles peuvent être utilisées pour relever les défis auxquels toutes les entreprises font face », explique le Dr Nassif Ghoussoub, directeur scientifique de Mprime et l’un des fondateurs de Mitacs. « Ce que nous avons accompli grâce à la collaboration est rien de moins qu’une révolution. »

Rallier les entreprises
Le réseau basé en Colombie-Britannique a remis en question la notion de ce qu’un NCE traditionnel devrait être. Il a développé un nouveau modèle de collaboration en recherche académique-industrie qui a vu des entreprises de tous types et tailles engagées à chaque étape de l’organisation. Un véritable « who’s who » du Canada corporatif s’est joint au conseil d’administration et aux comités consultatifs du réseau, offrant conseils et orientations sur la façon de produire des recherches pertinentes pour les entreprises et les jeunes diplômés possédant les compétences avancées en recherche et en affaires requises pour les employeurs potentiels.

« L’engagement dans l’industrie a été notre plus grande réussite », ajoute le Dr Arvind Gupta, qui a dirigé Mitacs comme directeur scientifique jusqu’en 2011. « Les entreprises n’ont pas toujours vu la pertinence des mathématiques pour leurs opérations. Mais regardez une entreprise comme Maple Leaf et la question des aliments contaminés. Nous avons pu réunir à la fois des biologistes cellulaires et des mathématiciens pour relever ce défi. »

Ghoussoub est d’accord : « Mitacs/Mprime était proactif, pas réactif. Nous avons rapidement commencé à traiter le SRAS et le H1N1, la crise financière de 2008, ainsi que les domaines émergents de la nanotechnologie et de l’informatique quantique. »

Des chercheurs en réseau ont aidé une autre entreprise, Shell Canada, à développer un modèle numérique pour la biodégradation du pétrole. Dans un autre projet, ils ont collaboré avec Lockheed-Martin et VisionSmart pour améliorer les systèmes complexes utilisés dans les missions de recherche et sauvetage, la gestion du trafic aérien et la surveillance. Les mathématiciens ont également travaillé avec Ballard Power Systems pour améliorer l’efficacité énergétique des moteurs hybrides, ainsi qu’avec McCain Foods pour gérer les infestations de coléoptères de la pomme de terre sans recourir à des pesticides.

Mettre les stagiaires au travail

Le ministre d’État (Sciences et Technologie) Gary Goodyear remettant un prix Mitacs en novembre 2012 à Mitacs-Accélération Lisa-Marie Collimore, stagiaire postdoctorale de l’Université de Toronto.

Mitacs a trouvé une nouvelle façon d’impliquer encore plus les entreprises individuelles et les inciter à investir de l’argent dans la recherche et le développement. En 2004, elle a lancé un programme pilote de stages qui permettait aux entreprises de partager les coûts pour que les étudiants diplômés appliquent leur expertise en sciences mathématiques et statistiques à des problèmes pertinents pour l’industrie.

« On a pris un communauté postsecondaire qui avait peu de lien avec l’industrie et favorisait la plus grande portée industrielle de toutes les NCE. L’idée que l’industrie devrait contribuer substantiellement à l’effort de recherche était presque inconnue avant notre apparition. Le fait que nous l’ayons fait en sciences mathématiques a été un signal d’alarme sur la façon dont les choses devraient être faites.  Aujourd’hui, c’est devenu la norme selon laquelle les NCE sont jugés », explique Ghoussoub.

Le succès de ce projet pilote a poussé le NCE à créer un nouveau programme – le stage en recherche et développement industriels – qui, en 2008, a attribué à Mitacs 8,6 millions de dollars pour élargir sa portée à travers le Canada et au-delà des mathématiques.

« De nombreux étudiants diplômés en sciences mathématiques quittaient le pays pour trouver un emploi dans leur domaine », explique Gupta. « C’est une des principales raisons pour lesquelles on a lancé le réseau et le programme de stages. Nous avions besoin de programmes qui aideraient les entreprises à intégrer des outils et méthodologies mathématiques sophistiqués dans leurs efforts d’innovation, tout en offrant aux étudiants l’occasion d’enrichir leur CV pour obtenir un emploi ici au Canada. »

Les succès du réseau tant sur le plan de la recherche que de la formation ont conduit à sa décision, en mai 2011, de se réorganiser en deux organisations séparées : Mitacs Inc. se concentre désormais exclusivement sur la formation et les stages dans toutes les disciplines académiques et secteurs industriels, tandis que le Mprime NCE soutient les partenariats de recherche entre le milieu universitaire et l’industrie en sciences mathématiques et statistiques.

« C’est difficile de dire à votre conseil que nous ne prendrons plus 5,4 millions de dollars par année (puisque les fonds NCE ont été redirigés vers Mprime) », explique Gupta, qui est maintenant PDG et directeur scientifique de Mitacs. « Mais on savait qu’il était temps que le programme de stages s’ouvre de lui-même. Il est en voie de devenir l’un des plus grands héritages de la NCE. »

Aujourd’hui, Mitacs gère le plus grand programme de stages du Canada pour jeunes chercheurs. Il intègre les défis industriels dans les programmes de recherche aux cycles supérieurs, offrant aux jeunes chercheurs des compétences prêtes à l’emploi et fournissant aux entreprises des solutions qui les rendent plus productives et compétitives.

Ce programme soutenu par le NCE – Mitacs –Accélération – fait maintenant partie d’un ensemble de cinq programmes de recherche et de formation créés et gérés par Mitacs, le plus récent étant Globalink, une initiative internationale qui met en relation les talents des institutions académiques canadiennes avec ceux de l’Inde, du Brésil, de la Chine et du Mexique. Les offres bénéficient d’un large soutien financier : le gouvernement fédéral, neuf provinces, 58 universités canadiennes et des centaines d’entreprises.

Mitacs-Accélération a soutenu des milliers d’étudiants diplômés et de chercheurs postdoctoraux au fil des ans, dont 1 300 stagiaires ayant travaillé avec plus de 580 entreprises en 2011-2012. En janvier 2013, le ministre d’État (Science et Technologie) Gary Goodyear a annoncé 35 millions de dollars sur cinq ans de nouveau financement pour Mitacs, ce qui augmentera le nombre de stages d’environ 2 000 par année.  En janvier 2013, Mitacs a conclu un accord avec la société de technologie de l’eau Trojan Technologies pour cofinancer 100 stages de quatre mois au cours des quatre années suivantes – le plus grand à ce jour pour une entreprise.

« La plus grande valeur de Mitacs est de pouvoir accéder rapidement à une expertise qui n’est pas disponible dans l’entreprise », explique le Dr Domenico Santoro, chercheur principal et chef d’équipe de recherche chez Trojan. « Cela nous aide à bâtir des collaborations avec les universités d’une manière extrêmement efficace. Il y a un grand appétit pour ce type d’expertise et un enthousiasme quant à son potentiel à accélérer l’innovation. »

 

Extrait du site web des Réseaux des centres d’excellence du Canada

L’équipe de Mitacs
L’équipe de Mitacs

Le contenu du site Web de Mitacs est créé par des membres de l’ensemble de l’organisme, animé·es par la même passion pour l’innovation et le désir de partager leurs points de vue au sein de l’écosystème de l’innovation.