Blogue

Des lunettes à la Star Trek offrent de nouvelles possibilités aux malvoyants

Les chercheurs de l’UMontréal développent un programme de formation utilisateur pour des lunettes révolutionnaires

Développées par une entreprise ontarienne, les lunettes eSight ont le potentiel d’aider des centaines de milliers de Canadiens ayant une déficience visuelle sévère à mieux voir dans la vie quotidienne. Les lunettes utilisent un système caméra-écran en temps réel et ressemblent beaucoup aux casques de réalité virtuelle d’aujourd’hui, sauf qu’ils font bien plus.

Pour David Demers, gestionnaire du développement des affaires et de la sensibilisation chez eSight, les lunettes ont amélioré sa vision de 20/1000 — légalement aveugle — à une bonne fourchette de 20/40. Il explique que les lunettes fonctionnent via un ordinateur embarqué sophistiqué qui analyse les images en temps réel recueillies par une caméra située juste au-dessus du nez. L’ordinateur ajuste ensuite l’image pour la luminosité, le contraste, l’amélioration des couleurs, et plus encore. En même temps, le porteur peut ajuster finement le zoom, le contraste et l’intensité de la lumière pour affiner l’image devant ses yeux.

David lui-même est devenu un porteur dévoué des lunettes eSight, pour tout, du travail à l’ordinateur au plaisir du théâtre. Cependant, l’entreprise a appris que tous les porteurs n’utilisent pas ces lunettes pour un usage quotidien à long terme, malgré leurs avantages.

Marie-Céline Lorenzini, doctorante à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal, est déterminée à découvrir pourquoi.  Soutenue par un stage chez Mitacs, Marie-Céline mène une étude de deux ans qui aidera à déterminer quels facteurs influencent si un porteur réussit ou non à utiliser les lunettes pour diverses tâches quotidiennes. À partir de ses découvertes, elle développera un programme de formation que le personnel médical, y compris les thérapeutes en réadaptation, pourra suivre pour aider les nouveaux porteurs à apprendre à utiliser les lunettes eSight dans diverses situations.

David explique l’impact des lunettes futuristes : « En ce moment, on dit que les personnes malvoyantes ont des « îlots d’accessibilité ». Peut-être qu’ils peuvent travailler à leur bureau avec l’aide d’un appareil d’assistance, mais ils ne peuvent pas aller à la bibliothèque pour utiliser un ordinateur parce que ce n’est pas accessible. Avec eSight, nous allons au-delà de l’accessibilité vers un environnement d’inclusion. Ainsi, le porteur peut participer pleinement sans se soucier que la pièce dans laquelle il se trouve dispose de fonctionnalités accessibles.

« Et la recherche de Marie-Céline est une partie importante de ce travail. Il est important de collaborer avec les chercheurs parce que cela nous aide à améliorer continuellement les lunettes et à assurer que les personnes qui utilisent eSight réussissent. Nous espérons aussi que l’étude permettra à plus de compagnies d’assurance de couvrir les lunettes afin qu’elles puissent devenir abordables pour un plus grand nombre de personnes. »

« À mesure qu’eSight s’étend aux marchés mondiaux, un processus clinique bien structuré sera essentiel pour assurer le plus grand bénéfice possible pour le plus grand nombre de personnes.  Jusqu’à présent, une grande partie de la formation des premiers utilisateurs de la technologie a été assurée par le personnel d’eSight », explique Rob Hilkes, vice-président des affaires cliniques et réglementaires chez eSight.

À l’avenir, la contribution d’institutions comme le Laboratoire de déficience visuelle de l’Université de Montréal nous aidera à standardiser un programme de formation robuste pour les nouveaux utilisateurs, que nous pourrons déployer et étendre à l’échelle mondiale.  Ce sera un aspect important de notre vision que 'Tout le monde mérite de voir'. »

Pour Marie-Céline, le stage chez eSight est une expérience vivifiante. « Ce stage a été gratifiant et éclairant jusqu’à présent », dit-elle. « Je n’avais jamais vraiment pensé à faire de la recherche avec l’industrie auparavant, mais cela m’a ouvert l’esprit, et je suis enthousiaste à l’idée des possibilités pour ma carrière. »


Mitacs remercie le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec pour leur soutien à la Accélération Stage de recherche dans cette histoire. À travers le Canada, le Accélération le programme reçoit également le soutien d’Alberta Innovates, du gouvernement de la Colombie-Britannique, du gouvernement du Nouveau-Brunswick, du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, du gouvernement de la Nouvelle-Écosse, du gouvernement de l’Ontario, du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard, du gouvernement de la Saskatchewan et de Research Manitoba.


Avez-vous un défi d’affaires qui pourrait bénéficier d’une solution de recherche? Si tel est le cas, contactez Mitacs aujourd’hui pour discuter d’occasions de partenariat : [email protected].

L’équipe de Mitacs
L’équipe de Mitacs

Le contenu du site Web de Mitacs est créé par des membres de l’ensemble de l’organisme, animé·es par la même passion pour l’innovation et le désir de partager leurs points de vue au sein de l’écosystème de l’innovation.